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LA GENDARMERIE D'ALSACE (11)

A l'issue de la bataille de Koufra, le 2 mars 1941, le colonel Philippe Leclerc prête avec ses hommes le « serment de Koufra » : « Jurez de ne déposer les armes que lorsque nos couleurs, nos belles couleurs, flotteront sur la cathédrale de Strasbourg. »

L’entrée du général Leclerc et de ses chars dans Strasbourg le 23 novembre 1944 marque une étape particulièrement importante dans la reconquête du territoire national. Pour certains la libération de la France semble alors achevée. l’optimisme ambiant est toutefois mis à mal par la contre offensive allemande dans les Ardennes. la perte de Strasbourg serait moralement catastrophique pour la France.

(l'article qui va suivre a été rédigé par le lieutenant colonel (er) LALLEMANT Claude "Kilstett, 5 janvier 1945, La gendarmerie gardienne du serment de Koufra", Magazine SNAAG (Société Nationale des Anciens et Amis de la Gendarmerie) - N° 274 - avril 2006).

La bataille de Kilstett.

En janvier 1945, pendant la seconde Guerre Mondiale une contre-offensive lancée par l'armée allemande pour tenter de reprendre Strasbourg fut stoppée lors de la bataille de Kilstett.

« Le 3 janvier au matin, alors que la 1re armée française est tout entière au contact dans la poche de Colmar, De Lattre, ayant reçu l'ordre d'inclure Strasbourg dans la zone de son armée, décide aussitôt d'y envoyer le général Guillaume avec sa 3°DIA. Mais cette grande unité, alors sur la ligne des crêtes vosgiennes, ne pourra rejoindre que le 5 janvier en fin de journée.

La menace sur Strasbourg se précise. Dans la nuit du 4 au 5 -selon un renseignement FFI-, l'ennemi a entrepris la construction d'un pont devant Gambsheim afin de permettre à ses blindés de traverser le Rhin. Le Général Schwartz, gouverneur militaire de Strasbourg, affirme qu'il se battra jusqu'au bout.

Il ne dispose cependant que de très faibles forces : - 4 Escadrons de la garde républicaine médiocrement armés, à effectif très réduit (moins de 350 hommes) sous les ordres du Chef d'Escadron Daucourt, Chaque escadron avait créé un groupe franc qui patrouillait la nuit ou tenait des observatoires avancés vers le Rhin. - des FFI strasbourgeois. Pour cette mission très dangereuse, le chef d'escadron Daucourt désigne les 4e et 8e escadrons, renforcés par un peloton du 5e escadron, soit à peine 200 hommes. Liaison est aussitôt prise avec les FFI locaux et avec un élément américain qui se trouve encore là en arrière garde du repli amorcé.

La progression aidée par les FFI de Kilstett démarre à 15h15, sur un terrain découvert et absolument plat. À 600 mètres du premier objectif - Bettenhoffen- les premiers éléments sont pris sous le feu d'armes automatiques. Plusieurs gardes républicains sont blessés. Malgré l'absence totale de feux de soutien ami, la progression continue sous un violent tir d'artillerie et de mortiers. Le lieutenant Cambours, commandant le 4e escadron, tombe mortellement frappé. Son adjoint le lieutenant Perré, est grièvement blessé. Les escadrons manoeuvrent pour déborder la résistance allemande. Vers 16h30, les tirs d'artillerie ennemis s'intensifient, tuant 3 gardes républicains et en blessant encore plusieurs autres. Malgré tout, la progression se poursuit. 2 blessés refusent de se faire évacuer. Il s'agit du garde Barjolet, le visage ravagé par un éclat d'obus et du garde Martin, qui, un œil crevé et un bras fracassé, doit faire l'objet