Les chiens dans la Gendarmerie

Cet historique est fait à partir du livre « 1945-2005 – Centre National d'Instruction Cynophile de la Gendarmerie Nationale – 60° anniversaire »

HISTOIRE DES CHIENS DE LA GENDARMERIE

La première référence écrite concernant des chiens dans la gendarmerie est une circulaire du 10 décembre 1921. Il y est question de chiens de sécurité de la 15ème Légion ter, qui trouvait en Corse, ils y avaient un emploi tout spécial répondant à un but particulier.

Circulaire concernant l'utilisation des chiens de police par la gendarmerie. N° 20118 T/13. Paris, le 10 décembre 1921.

L'affectation des chiens de police aux brigades de gendarmerie a été fréquemment envisagée. Il importait donc, avant de répondre à des voeux qui n'ont d'ailleurs pas été formulés sous forme d'étude documentée, de rechercher les résultats obtenus par leurs services relevant du Département de l'Intérieur. Ces services ont reconnu que très rarement les chiens de police jouaient un rôle utile et qu'au surplus leur entretien était trop onéreux en regard des services qu'ils pouvaient rendre, aussi ont-ils renoncé à leur emploi depuis plusieurs années. Il n'y a donc pas lieu de renouveler cette expérience. Toutefois, il ne sera rien modifié au régime des chiens de sécurité de la 15e Légion Ter qui trouvent en Corse un emploi tout spécial répondant à un but particulier.

La gendarmerie s'aligne sur cet avis: expérience non concluante.

Les chiens de la Gendarmerie ont commencé à faire une timide apparition au cours de l'année 1943, la France était alors coupée en deux par l'armistice. A cette époque, une expérimentation est décidée dans deux domaines « chien policier » et « chien de montagne ».

Il est décider d'implanter des équipes cynophiles: - Dans le département du Nord (dans la zone occupée), pour 14 brigades frontalières; - Dans cinq départements de la zone sud (dans la zone libre) : Haute-Vienne, Loire, Tarn, Lot et Var, à raison de 3 chiens par département; - Dans le département des Hautes-Pyrénées, pour 6 de ses brigades de haute montagne.

Les animaux étaient alors dressés par les services vétérinaires militaires, la Gendarmerie ne possédant pas encore de centre de dressage. La Direction des Services vétérinaires disposait d'un chenil installé dans une annexe de l'Etablissement hippique de transition de Ségala-Gramat (Lot).

En 1944, cette expérimentation est étendue à toutes les régions de Gendarmerie des deux zones.

En 1945, l'état-major de l'armée ayant décidé la suppression des centres hippiques militaires, la Gendarmerie demande et obtient la cession de l'établissement du Ségala-Gramat, pour l'installation de son propre chenil.

Lors de la prise de possession de l'établissement celui-ci héberge 69 chiens de 13 races différentes: 9 Bergers allemands; 17 Bergers de Beauce; 9 Bergers de Brie; 3 Bouviers des Flandres; 3 Dobermans; 2 Bergers Belges (1 Malinois et 1 Groenendael); 2 Saint-Bernard; 10 Montagnards des Pyrénées; 7 Esquimaux; 4 Bergers des Pyrénées; 1 Samoyède.

Sur cette remonte, 48 animaux furent déclarés inaptes, sur les 21 classés aptes seuls 10 deviennent des « chiens policiers ».


En octobre 1946 le Chenil de l'armée à Rastadt (Allemagne) fournit à la gendarmerie 80 bergers allemands. Le chenil central de la Gendarmerie démarre réellement en 1947 avec 83 chiens en service. Deux ans plus tard, ils sont 103, en 1951: 200, et 250 en 1959. En 1949, un second chenil central est installé à Beni-Messous, en Algérie.

LE CHENIL CENTRAL DE BENI-MESSOUS Les premiers chiens gendarmerie en Algérie sont un couple de beaucerons: GAMIN et sa femelle TAN née en 1946. Ils auront trois chiots, qui deviendront à leur tour chiens policiers: YALOU, YETTE, YAMBO. Mais le premier berger allemand de Beni-Messous sera HECTOR. Son extension n'avait cessé de s'accélérer, surtout à partir des troubles en Algérie. En effet, l'emploi des chiens policiers dans les brigades de Gendarmerie d'Algérie s'était largement intensifié en 1954. Ce qui a nécessité une adaptation dans l'instruction des maîtres et le dressage de leurs chiens.

Durant l'année 1956, 87 équipes (maître et animal) sont sorties du chenil, fabriquées de toutes pièces, ou rénovées. Aux portes d'Alger, à Beni-Messous, le chenil central était placé à l'origine dans un site essentiellement campagnard. Le chenil lui-même comprenait des installations dont la capacité etait insuffisante. Il fallait toutefois souligner le caractère coquet et soigné de ce qui existait : de nombreux arbres (eucalyptus notamment) faisait de l'ensemble une tache verte, agréable à la vue. A l'ombre fraîche des arbres, à plus de trois cents mètres au-dessus du niveau de la mer proche, ont ne pouvait trouver un établissement de cette nature en métropole. Les méthodes d'instruction et de dressage y était pratiquées dans le plus pur classicisme. La race des animaux était pour l'époque celle qui donnait le plus de garanties : le berger allemand. Et pourtant, des différences de fond ne peuvaient échapper, même au profane. Les hommes et les animaux étaient à façonner là, pour l'accomplissement des missions qui les attendaient ; missions toujours délicates, très souvent dangereuses. En Algérie, un pistage, même pour une affaire de droit commun, se situait dans le cadre d'une opération de rétablissement de l'ordre voisin de celui d'un acte de guerre. Le rebelle etait peut-être là, posté, qui attendait, au bout de la ligne de mire de son arme, le chien et son maître reliés par ce fil conducteur de tant de pensées et d'affection : la bricole de pistage. Aussi, dans cette présentation du chenil de Beni-Messous, mettrons-nous l'accent sur la manière dont il était tenu compte de ces circonstances.

Le chien policier, type A.F.N., devait présenter les mêmes qualités qu'en métropole. Certes, dans le sud algérien le climat éprouvait la bête. Certes, les conditions de son emploi étaient très différentes de ce qu'elles pouvaient être dans une brigade de la Beauce où des Alpes. Mais, sur les Hauts-Plateaux et surtout sur les côtes où pratiquement se concentre la vie, l'utilisation et l'entraînement du chien n'offraient aucun caractère bien particulier. Il avait été envisagé de créer une race spéciale de pisteurs, à partir du sloughi ou du chien kabyle. En fait, seul le berger allemand semblait être le vrai chien fait pour le service de la Gendarmerie en Algérie. Mais, en raison du milieu humain dans lequel il était appelé à évoluer, le berger allemand devait ici plus qu'ailleurs être hardi, sans peur et même agressif. Le rôle de maître de chien, dans les enquêtes où il intervenait à ce titre, était primordial. S'il était bien instruit sur le plan technique, on pouvait tout attendre de l'équipe : homme-animal. Il avait donc été indispensable, lors des stages de formation des équipes, d'adapter l'instruction des maîtres et le dressage des animaux aux caractéristiques de leur emploi local. Pour les hommes, durant trois mois, chaque série de stagiaires était instruite et entraînée : - Dans la technique des recherches en flagrant délit, du secourisme, etc.... lors de conférences faites par (les officiers et (les instructeurs spécialisés et lors de visites et démonstrations dans certains services: identité judiciaire, laboratoire de police scientifique, etc...

La ville d'Alger offrait en cette matière des ressources intéressantes. Dans un domaine plus général, l'institut Pasteur, la S.P.A., certaines sociétés canines, etc... voulaient bien montrer aux stagiaires tout ce qui de prés ou de loin touchait au chien. Dans la pratique du pistage, nécessitant dans le bled et les djebels de véritables qualités athlétiques. C'est ainsi que les stagiaires étaient soumis à un entraînement physique poussé que leur jeunesse leur permettait de supporter : leçons d'éducation physique basées sur la méthode naturelle, pratique des sports collectifs et notamment du volley-ball, excellent pour le développement des réflexes instantanés. Pour les animaux, les exercices d'attaque et de défense étaient multipliés avec l'homme d'attaque et surtout les chiens étaient habitués progressivement aux détonations des coups de feu. Les maîtres, tenant leurs animaux en laisse, tiraient et ne toléraient aucune dérobade de la part de leur compagnon. Cette éducation virile était complétée par lui travail intensif au parc d'entraînement. Une voûte avait été construite par le personnel du chenil. A plusieurs mètres du sol, les chiens s'élevaient seuls le long de la paroi, d'abord verticale. Ils prenaient conscience de la notion du vide. Ainsi entraînés à la résistance à la sensation de vertige, ils devenaient aptes à la marche en montagne.

Le 6 mai 1956, la gendarmerie utilise pour la première fois, l'hélicoptère comme moyen de transport pour une équipe cynophile sur les lieux d'un pistage au sud de Turenne (Oran). On comptera 170 brigades cynophiles en Algérie, 13 au Maroc et 2 en Tunisie.

Le 1er Janvier 1951, la première instruction sur l'emploi des chiens de Gendarmerie est mise en application. Elle réglemente l'utilisation, le dressage et l'entretien du chien de la Gendarmerie.

Le 1er janvier 1972, le chenil central de GRAMAT quitte le Commandement Régional Gendarmerie de Midi-Pyrénées, pour être rattaché au commandement des écoles de la gendarmerie à MAISONS-ALFORT. Il prend l'appellation de « École de Sous-Officier de la Gendarmerie - Centre de Formation des Maîtres de Chien de la Gendarmerie ». Le 1er Janvier 1997, l'école devient « Centre National d'Instruction Cynophile de la Gendarmerie ».


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