Sergent d'Armes

  • J.C. Beauchêne
  • Histoire

Ce mot vient du mot latin serviens ; les écuyers étaient appelés servientes parce qu'ils servaient les chevaliers, portaient leur écu, et, comme anciennement il fallait être chevalier pour rendre la justice, il ne faut pas s'étonner si ceux qui exécutaient les mandements de justice furent appelés servientes de même que les écuyers, d'autant mieux qu'il y avait des Sergents de l'épée, ou du plaid de l'épée, qui étaient établis singulièrement pour exécuter, par les armes, les mandements de justice. Ces sortes de Sergents faisaient alors ce que font maintenant les archers, ils étaient quelquefois préposés à la garde des châteaux qui n'étaient pas sur les frontières, et allaient en guerre sous les chapelains, comme on le voit dans l'ancienne chronique de Flandre.

Le service des écuyers étaient néanmoins différent de celui des Sergents de justice, et quoique les Sergents, tant à pied qu'à cheval, étaient armés et aient une solde pour le service militaire, leur service et leur rang était moins que celui des écuyers : c'est pourquoi les Sergents ou Massiers du roi, furent appelés Sergents d'armes, pour les distinguer des Sergents ordinaires, et parce qu'ils étaient pour la garde du roi ; ils pouvaient pourtant aussi faire sergenterie partout le royaume ; c'est-à-dire exploiter : mais Charles V, en 1376, leur défendit de mettre à exécution les mandements de justice qui étaient adressés à tous Sergents en général : le service des armes et celui de la justice étant deux choses distinctes.

 

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Les Sergents d'armes étaient les massiers que le roi avait pour la garde de son corps. Philippe-Auguste les institua pour la garde de sa personne : ils étaient gentilshommes, et en 1214, ils combattirent vaillamment à la bataille de Bouvines ; ils firent vœu, en cas de victoire, de faire bâtir une église en l'honneur de Sainte-Catherine ; et saint Louis, à leur prière, fonda l'église de Sainte-Catherine-du-Val-des-Écoliers, qui fut possédée par les chanoines réguliers de Sainte-Geneviève.

Plusieurs historiens prétendent que la compagnie des Sergents d'armes fut instituée pour prévenir les criminelles et audacieuses entreprises du Vieux de la Montagne.

Quoiqu'ils fussent gens de guerre, ils étaient aussi officiers de justice ; ils avaient le droit d'exercer leur office de sergenterie dans tout le royaume. Ils étaient armés d'une masse d'airain et pouvaient, dans certains cas, se rendre à la chambre des comptes en armes ; leurs offices étaient inamovibles ; tellement que la mort du roi ne le leur faisait pas perdre, ainsi que cela arrivait pour les autres officiers du royaume. Ils n'avaient d'autres juges que le roi et le connétable.

 

En 1342, Philippe VI en fixa le nombre à cent. Charles V, étant régent, les réduisit à six en 1359. Charles VI, par son ordonnance du mois de septembre 1410, confirme les privilèges de Sergents d'armes, et dit que ceux qui ne sont pas nobles sont anoblis, lorsqu'ils sont créés, sans être tenus de prendre des lettres d'anoblissement. Beaucoup de familles tirent leur noblesse de cette origine. Voyez Archer, Homme d'armes.

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