Les grognards de la Gendarmerie

  • M. Germain
  • Histoire

 

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En 1799, Napoléon Bonaparte dénonçait un esprit vaurien1 dans les rangs de la gendarmerie, quelques temps après le coup d'Etat du 18 Brumaire.

 

En 1897, le capitaine Paoli créateur de la caisse nationale du gendarme déclarait avec virulence que la mission essentielle du gendarme, à savoir la protection et la surveillance des campagnes et des routes , est violée. Les gendarmes ne sont plus que des messagers en cas de mobilisation, il faut distribuer les ordres d’appels, de mobilisations de convocations pour les réservistes, les territoriaux, les conscrits. Paoli affirmait “ à chacun son métier... les facteurs ruraux à la distribution des plis – les gendarmes à la gendarmerie”. Paoli dénonce en tout premier lieu le “service des vedettes” effectué. Le planton devant l’opéra et pendant les fêtes organisées par des personnalités parisiennes. Ce service donne certes de l’éclat aux fêtes organisées par les marchands de vins, mais ce service est mortel parce qu’il provoque des bronchites et d’autres maladies.

 

Les revendications sur la tenue, la solde, le logement et les pensions sont régulières. Si le gendarme se blesse en service, la solde est divisée par deux pendant le temps des soins et de sa convalescence.

 

Etat d'esprit du personnel d'une brigade.

L'état d'esprit du personnel composant la brigade est bon et le moral ne subit aucune influence fâcheuse. Le contraire ne peut d'ailleurs exister ni être toléré car les avantages inattendus, accordés par le décret du 30 mai 1924 (règlement du service sous l'armée “Discipline Générale”, sont bien de nature à dissiper tout mauvais état d'esprit même chez les sujets les plus irraisonnables. Tout le monde est unanime à reconnaître que ces avantages sont très appréciables, en particulier en ce qui concerne les quarante-cinq jours de permissions par an (sans compter les permissions de 24heures). Chacun y attache pour son compte une grande importance. Cependant, si ces avantages sont bien appréciés par le personnel, le chef de brigade y voit des inconvénients sérieux pour le bien du service. L'application de ce règlement, pour ce qui est relatif au régime des permissions et ne la note de la légion, relative au repos périodique, va pour ainsi dire réduire la brigade à quatre unités du 1er janvier au 31 décembre, sans compter les vacances et les indisponibilités toujours possible. Tout cela parait excessif au point de vue faveur. Il y a même bien lieu de souhaiter que la note sur le repos périodique soit annulée. A quoi bon, en effet, imposer du repos à un homme qui a besoin de travailler? Si cette mesure bienveillance se conçoit pour les hommes à pied; elle est nuisible dans les brigades à cheval car le cavalier insouciant est ainsi autorisé à se désintéressé trop souvent de sa monture et des corvées et à échapper à l'action de son chef de brigade. L'amélioration de la situation des C.B. Due à la circulaire ministérielle du 31 mars 1924 est bien insuffisante. Il faut rendre cette situation enviable en élevant la solde du chef de brigade au dessus de celle du gendarme d'une façon équitable et proportionnée à la responsabilité du premier.

 

 

1945 - État d'esprit du personnel de la Compagnie de gendarmerie de l'Indre. État d'esprit des officiers.

En majeure partie le moral des officiers de gendarmerie est bon. La solde est nettement insuffisante; elle oblige l'officier à vivre trop modestement; la préoccupation constante de l'entretien de son foyer ne peut-être que nuisible à la bonne exécution du service de l'officier. Le soi-disant réajustement opéré n'a pas apporté l'augmentation désirable pour mettre la solde en rapport avec le coût de la vie, coût d'ailleurs très difficile à déterminer, car l'augmentation accélérée des prix est effrayante pour quiconque veut essayer de percer l'avenir. Qu'à donné en définie ce réajustement du 15 avril 1945, la suppression de la solde de guerre, une augmentation sans doute de la solde proprement dite, mais la suppression de certaines indemnités, en résumé des résultats peu appréciables, favorables peut-être aux chefs de familles nombreuses, mais bénins pour les autres quand ils ne traduisent pas par un moins perçu. L'officier de gendarmerie est dans l'obligation d'entretenir des relations, donc de tenir un certain rang, or si l'on compare son traitement avec celui de certains fonctionnaires de même rang ou de certaines professions libérales, l'on constate que l'officier de gendarmerie fait figure d'enfant pauvre. Les ordonnances ont été supprimés, ce qui est regrettable, sinon pour le gendarme fait avant tout pour le service, mais pour le prestige de l'officier. Celui-ci fait lui-même ses chaussures, brosse ses vêtements et bêche son jardin, comme ses hommes. Si ce genre de travail n'est pas déshonorant, il dévalue l'officier vis-à-vis du public. Il matériellement impossible pour celui qui n'a aucun revenu personnel de prendre domestique ou femme de ménage. Cette dernière qui prenait 8 à 10 francs par heure il y a 6 mois, trouve du travail à 15, 18 francs et même 20 francs. Au Blanc, une laveuse à la maison demande 20 francs, un jardinier 30 francs. L'officier qui vit séparé de sa famille doit, en somme entretenir deux foyers. Il perçoit une indemnité dite de mutation, mais celle-ci ne permet pas de couvrir ces frais (repassages, lavage, etc…). Elle mériterait d'être augmentée. La perception d'un paquetage américain à titre gratuit a été fort apprécié.

 

État d'esprit des sous-officiers.

L'État d'esprit est en général bon. La solde des sous-officiers, comme celle des officiers est nettement insuffisante. Pour certains gendarmes, particulièrement ceux qui n'ont pas d'enfants, la solde est même diminuée. D'autre part, il n'y a aucune différence entre la solde d'un marié sans enfant et celle d'un célibataire. Le célibataire 2ème échelon gagne plus que son camarade marié. Ce n'est guère le moyen d'encourager, le célibataire au mariage ou le marié à avoir des enfants. La question est sérieuse et mérite d'être révisée, pour mettre les soldes en rapport avec le coût de la vie et donner certains avantages pécuniaires aux jeunes mariés. Les indemnités de déménagement, il y a disproportions entre les frais réels occasionnés par un déménagement et le montant des indemnités allouées. Il manque de pneumatiques, tous les véhicules, y compris les moto des brigades dont l'état laisse à désirer. Bref, le matériel roulant est périmé, usé et inapte au service de police route. Le linge de corps fait défaut ainsi que les chaussures, beaucoup de gendarmes ne possèdent pas de manteau de pluie. Les képis sont défraîchis, beaucoup sont à réformer. La prime d'entretien pour la bicyclette demeure insuffisante. Le personnel demande la modernisation de l'armement avec la suppression du fusil Lebel, de doter chaque brigade d'une machine à écrire.

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