Le commandement de la Gendarmerie de la Martinique (1940-1949)

  • Michel GERMAIN
  • Histoire
Le commandement de la Gendarmerie de la Martinique (1940-1949)
Le commandement de la Gendarmerie de la Martinique (1940-1949)

1940 - Par ordre particulier en date du 14 mai 1940, le colonel commandant supérieur des troupes félicite les officiers et le personnel du Détachement de gendarmerie de la Martinique, pour le zèle, le dévouement et l’activité dont ils ont fait preuve dans l’accomplissement de la mission de couverture qui leur était confiée au début de la mobilisation.
Dans la nuit du 7 au 8 décembre 1940, un grave incendie détruit 44 maisons au Lamentin.
Le maréchal des logis-Chef JOLY et les gendarmes POULAIN et STECKER reçoivent un témoignage de satisfaction du gouverneur pour leur attitude.

Le 24 juillet 1943 - Ordre n° 20.
« En faisant tenir à votre commandant de Détachement l’ordre portant promotion pour certains d’entre vous, je suis heureux de profiter de cette occasion pour vous exprimer toute la satisfaction.
« Dans les jours difficiles, vous avez su comprendre une population essentiellement patriote. Votre activité et votre tact n’ont jamais été en défaut.
« Fidèles aux traditions de votre Arme, vous avez toujours su vous montrer bon Français.
« Déjà vous m’avez adressé des demandes sollicitant des affectations dans les troupes combattantes ou dans des formations prévôtales.
« J’apprécie toute la valeur de cette attitude.
« J’ai eu l’honneur d’avoir sous mes ordres, au combat, des officiers et des sous-officiers provenant de la gendarmerie nationale ou de la Garde Républicaine, sur les Fronts de France, d’Egypte, du Liban ou de l’Abyssinie. J’ai pu constater qu’ils étaient des chefs et des combattants d’élite.
« Je suis donc tout à fait décidé à utiliser la gendarmerie comme réservoir de Chefs, mais je suis dans l’obligation de vous rappeler que vous serez astreints à rester à votre poste jusqu’à ce qu’une relève soit possible nombre pour nombre.
« Vous devrez aussi servir les intérêts de votre Détachement et ceux du Gouvernement de cette Colonie.
« Pour le principe, j’accepte dès à présent, le départ de trois gendarmes ; ils vont rejoindre des unités montant au feu.
« Militaires du Détachement de gendarmerie de la Martinique, je prends acte de votre désir de vouloir vous battre ».
FORT DE FRANCE, le 24 juillet 1943.
Le colonel P. de Chevigne, commandant supérieur des Troupes et des Forces de Gendarmerie e
t de Police des Antilles et Guyane française.


Le 22 novembre 1943, le gendarme QUENEX’HDU reçoit les félicitations écrites du commandant de Détachement pour le motif suivant :
« Au cours d’incidents graves, ayant été blessé d’un coup de rasoir dans le dos et d’un coup de roche à la tête, a fait preuve de courage t de belles qualités professionnelles en ne faisant pas usage de ses armes ».

le maréchal des logis-Chef MARTEL et le gendarme BAUJARD reçoivent le 7 février 1944, un témoignage de satisfaction du gouverneur, pour l’arrestation d’une bande organisée de 14 malfaiteurs.
Par décision du 14 février 1944, le capitaine EPRON, commandant le Détachement, est provisoirement désigné comme directeur de la Sureté.

Par arrêté du 22 juin 1944, le chef d’Escadron commandant le Détachement, est nommé Directeur de la Sureté.

Le décret du 16 mars 1946 porte l’effectif du Détachement de la Martinique à 170 unités (3 officiers, 142 gradés et gendarmes à cheval et 25 gradés et gendarmes à pied).
Le 21 mai, un tremblement de terre détériore gravement la caserne de Basse-Pointe et la rend inhabitable.
Le 25 juillet, suppression provisoire de Grand’Rivière, pour compter du 27 juillet 1946.

Le 12 août, le gendarme NOGRE reçoit un témoignage officiel de satisfaction du gouverneur, pour avoir arrêté un individu qui venait de la blesser avec un coutelas.

Le 12 décembre 1947, les gendarmes MERLIN et THOMAS sauvent plusieurs enfants victimes d’un éboulement grave au Morne-Rouge.

La gendarmerie comprend 3 officiers et 167 hommes répartis en deux sections dans les postes suivants :
Une brigade spéciale (Diffusion et Fichier, indentification judiciaire) ;
Une brigade Immigration - Emigration.

Les brigades dans chacune des villes ou bourgs suivants :
Fort-de-France - Saint-Joseph - Lamentin - Saint-Esprit - Rivière-Salée - Diamant - Rivière-Pilote - Saint-Pierre - Trinité - Gros-Morne - Robert - François - Vauclin - Sainte-Marie - Lorrain - Basse-Pointe - Anses d’Arlets - Morne-Rouge - Carbet - Case-Pilote - Trois-Ilets - Saint-Anne - Schoelcher - Ducos - Marin.

Le 4 mars 1948, les militaires de la gendarmerie en service au Carbet pour y assurer le maintien de l’ordre et la liberté du travail, au cours d’une grève des coupeurs de cannes, sont pris à partie par un groupe de 150 manifestants hostiles et armés.
Les gendarmes assaillis doivent faire usage de leurs armes. Il y a quatre blessés parmi les gendarmes et trois morts et deux blessés du côté des manifestants. Le calme revient aussitôt.

Le 6 septembre 1948, une grève est déclenchée par ordre du syndicat agricole sur le centre de Basse-Pointe.
Une cinquantaine d’ouvriers grévistes, armés de coutelas, se rassemblent dans la matinée et parcourent les habitations pour débaucher les travailleurs.
Vers 14 heures 10 la même bande attaque un ouvrier agricole sur l’habitation « Leyritz ». Le bruit se répand qu’il s’agit d’un géreur, « un blanc », monsieur Gaston de FABRIQUE. Aussitôt, l’Administrateur de l’usine de basse-Pointe ? Monsieur Guy de FABRIQUE, frère du précédent, transporte sur les lieux avec sa jeep, les trois gendarmes présents de la brigade de Basse-Pointe.
Les grévistes (une soixantaine), armés, très excités, assaillent les gendarmes aussitôt. Des coups violents sont échangés. Monsieur Guy de FABRIQUE réussit à se dégager. Il s’enfuit poursuivi par quelques individus. Il est retrouvé assassiné de 36 coups de coutelas dans un champ de cannes de la plantation du Leyritz.
A 15 heures 15, dès l’arrivée des renforts, l’ordre est rétabli. Les agresseurs, au nombre de seize, avaient pris le « maquis ». Ils furent arrêtés quelques temps plus tard.

Du 3 juillet 1942 au 30 septembre 1949 (date à laquelle il a été abattu), le nommé BEAUREGARD René Louis Gaëtan, surnommé « Ti Jules CESAR », né au Marin le 25 octobre 1912, a commis dix-neuf crimes (2 meurtres, 8 tentatives de meurtres, 3 incendies volontaires et 6 viols) et de nombreux vols et cambriolages, pour lesquels il a été condamné :
par la cour d’Assises de la Martinique, 4 fois à la peine de mort par contumace et 2 fois aux travaux forcés à perpétuité, également par contumace ;
par le Tribunal Correctionnel de Fort-de-France, 2 fois à 5ans de prison par défaut.

Le théâtre des exploits criminels de BEAUREGARD se situe dans le Sud de la Martinique et principalement dans les communes du Marin et de Rivière-Pilote.

Les recherches s’avèrent très difficiles, il est connu, populaire, possède des donc de sorcier et connaît parfaitement la région. Au début, il bénéficie de la complicité bénévole de la population. Par la suite, il s’impose cette complicité par la menace de représailles que l’on sait qu’il tiendra.
Recherché sans répit par toutes les brigades de la Compagnie, il est découvert dans la nuit du 30 septembre au 1er octobre 1949 et abattu par les militaires de la brigade de gendarmerie de Rivière-pilote.

à suivre...............

APTG © 2017 - Association médaillée par l'UNPRG le 26/12/2011 -  Hébergé par Overblog