Le commandement de la gendarmerie en Nouvelle-Calédonie 1900-1946.

  • Michel GERMAIN
  • Histoire
Tombe du Maréchal des logis SACAU.

Tombe du Maréchal des logis SACAU.

Le décret du 24 septembre 1911, augmente l'effectif du détachement de gendarmerie, celui-ci passe à 81 hommes.
Dans la réalité, l'effectif est de 47 (plus un officier) quand le gouverneur demande à Paris d'aligner le détachement à 44 (plus un). On envisage la prolongation voire le doublement des séjours, d'une durée de 5ans, ainsi que la suppression du long congé administratif intermédiaire en métropole que certains estiment coûteux. Cela ne pourra se faire à cause des règlements militaires en vigueur. (La nouvelle politique en Nouvelle-Calédonie – le capitaine Meunier et ses gendarmes -1918-1954 – éditions L'Harmattan – 2001).

Le 5 avril 1917, une quarantaine de Mélanésiens en armes et arborant une tenue de guerre se rendent à Koné, affolant la population et les gendarmes.

Maréchal-des-Logis SACAU Jean Blaise à Bourail .
Homicide volontaire
« Le 23 novembre 1917, à Bourail, à la suite d'une rixe survenue entre Arabes libérés des travaux forcés, le maréchal-des-logis Sacau se rendait sur les lieux pour enquête, accompagné d'un gendarme. Apprenant en cours de route que l'un de ces Arabes recélait depuis quelques temps un évadé du bagne réputé dangereux, ces deux militaires s'embusquent tout d'abord près de sa maison isolée en pleine brousse pour tenter la capture de l'évadé. Après quelques instants d'attente, le maréchal-des-logis, n'écoutant que son courage et au mépris du danger, dit à son subordonné : "Il faut y aller franchement", et tous deux s'avancent, le maréchal-des-logis près de la porte d'entrée. Au même moment, un individu sort de la maison et tire presque à bout portant un coup de fusil sur le maréchal-des-logis qui, atteint à la cuisse gauche et au bas-ventre, tombe en poussant un cri et expire victime du devoir. » (Livre d'Or de la Gendarmerie - 1913
-1916)

 

Le relèvement des soldes du personnel de la gendarmerie impose au budget de la Nouvelle-Calédonie, pour l'entretien du détachement de cette arme, des dépenses supplémentaires qui sont devenues hors de proportion avec ses ressources, et il importe de remédier à une telle situation par des moyens permettant à la colonie de satisfaire à ses charges financières, sans que la sécurité et le maintien de l'ordre dans l'intérieur du pays soient compromis par des mesures d'économies qui ne tiendraient pas compte des nécessités du service.
La solution qui s'impose consiste à réorganiser le détachement de gendarmerie sur les bases d'un effectif sensiblement réduit, mais elle ne saurait retenir l’attention si elle ne se fondait, d'autre part, sur un judicieux renforcement de la police, admis, en principe, par le gouverneur de la colonie après consultation des diverses autorités locales. Ce haut fonctionnaire estime, en effet, qu'en substituant aux gendarmes, dans tous les emplois où leur remplacement peut-être effectué sans inconvénient pour le service, des agents de police recrutés sur place, la colonie réaliserait des économies suffisantes pour équilibrer le budget.
Le décret du 10 mai 1922, fixe l'effectif du détachement de la Nouvelle-Calédonie à:
1 capitaine, commandant le détachement;
1 chef de brigade de 1ère, 2ème, 3ème classe comptable de l'arme à pied;
1 chef de brigade de 1ère ou de 2ème de l'arme à cheval;
4 chefs de brigade de 3ème classe de l'arme à cheval;
8 chefs de brigade de 4ème classe de l'arme à cheval;
30 gendarmes à cheval.
Un conseiller suggère la suppression effective de 6 postes dans les bourgs de Canala, Moindou, La Foa, Yaté car, dit-il « ce sont des régions calmes ».


1924 - Une brigade de gendarmerie est crée à Plum.

Pour parer à la diminution d'effectif du décret de 1922, il avait été créé dans le détachement, par mesure d'économies, le service de la police locale a été renforcé par des agents engagés sur place. Mais l'application de ce mode de recrutement a rencontré de sérieuses difficultés, soulevées par le choix restreint de candidats qualifiés pour assurer ce service délicat.
C'est ainsi que des postes confiés à certains de ces agents ont dû être réoccupés par la gendarmerie.
L'effectif du détachement déjà réduit par le jeu des congés et des indisponibilités, s'est trouvé, de ce fait, encore diminué, il est même arrivé à une limite d'affaiblissement qui ne saurait être dépassée sans danger pour la sécurité de l'intérieur des îles.
Cette situation exige donc une augmentation de son personnel qui permette au détachement d'exercer une action de police préventive réelle sur tous les points de l'île et, en particulier, sur les groupements de race jaune, en accroissement constant et dont la surveillance demande un vigilant contrôle.
Le détachement de la Nouvelle-Calédonie est donc porté à 1 officier et 49 gradés et gendarmes. Cette réorganisation est effective à compter du 11 janvier 1927.


Au vu du rapport du ministre des Colonies en date du 14 juin 1928, dans l'intérêt du service, et dans le but de réduire les déplacements fréquents et prolongés que nécessite la visite des vingt-quatre postes répartis sur le territoire de l'île, le gouverneur de la Nouvelle-Calédonie estime qu'il y a lieu de créer dans les postes les plus importants de la côte ouest et de la côte est deux emplois d'adjudant à cheval. Cette augmentation doit être compensée par la suppression de deux maréchaux des logis-chefs.
Pour récompenser les services que rendent le maréchal-des-logi-chef secrétaire et l'adjudant adjoint au chef de détachement, emplois qui demandent une certaine compétence. Il est demandé que ces derniers puissent accéder au grade d'adjudant et d'adjudant-chef.
L’effectif comprend un officier, deux sous-officiers de l'arme à pied et 47 gradés et gendarmes de l'autre arme.
Le 30 janvier 1929, l'effectif passe à soixante unités.


Le ralentissement des affaires provoqués par la crise économique mondiale ayant amené l'exode d'un grand nombre de javanais et d'Indochinois employés au service de la main d'oeuvre immigrée, le gouverneur de la colonie réduit l'effectif du détachement de huit unités, le 18 octobre 1933 et crée un poste de lieutenant adjoint au au capitaine commandant le détachement.
Des vingt-neuf postes à cheval répartis sur l'ensemble du territoire (Grande-Terre, les îles Loyautés et l'île des Pins), Nouméa – Tomo – Bouloupari – La Foa – Moindou – Bourail – Muéo – Pouenbout – Koné – Voh – Ouaco – Koumac – Poum – Ouégoa – Pouébo – Hienghène – Touho – Poindimié – Ponérihouen – Houailou – Canala – Thio – Yaté – Plum – Pont-des-Français – La Dumbéa – Payta – Nouville – Lifou, une dizaine seront fermés par manque d'effectifs.

Avec le développement de la colonisation industrielle et culturale, l'accroissement des effectifs de main-d'oeuvre immigrée javanaise et indochinoise, le rôle des brigades de gendarmerie est devenu très important. En 1933, un poste de lieutenant adjoint avait été créé, ce poste en cette année 1937 est supprimé et remplacé par deux gendarmes supplémentaires, ce qui porte à 53 unités l'effectif de la Nouvelle-Calédonie.

 

L'appel du 18 juin 1940 de De Gaulle dans lequel il indique vouloir continuer la lutte contre l'occupant à partir de l'Empire français parvient jusqu'en Nouvelle-Calédonie. L'idée du ralliement au mouvement fait des émules dans le territoire, particulièrement parmi les « Broussards », les colons français de l'intérieur rural de la Grande-Terre. L'exemple de l'archipel voisin des Nouvelles-Hébrides rallié le 20 juillet 1940 sous la direction de son commissaire résident, Henri Sautot, pousse les Gaullistes calédoniens à réclamer une rupture avec Vichy. Ils contactent le Général qui les presse à organiser un mouvement de résistance afin d'organiser le ralliement. Le 18 août, de la dynamite explose dans les jardins de la résidence du gouverneur. Un conseiller général le prévient que sa sécurité ainsi que celle de sa famille ne peuvent plus être assurées sur l'île. Le gouverneur, fortement éprouvé par les évènements demande de l'aide de Vichy, soulignant qu'il n'est plus en mesure d'assurer le maintien de l'ordre. Vichy décide alors l'envoi du navire de guerre Dumont d'Urville commandé par Toussaint de Quiévrecourt, un ardent pétainiste, qui arrive en rade de Nouméa le 23 août.

Les postes de gendarmerie de Yaté, Kua et de Dumbéa sont supprimés.

Les Néo-Calédoniens, les Tahitiens, les Néo- Néohébridais constituent le Bataillon du Pacifique. Ils s’illustrent dans les sables du désert (Bir-Hakeim) et en Italie (Monte-Cassino) puis ils participent à la libération de la France après le débarquement de Provence. De nombreux Néo-Calédoniens servent également dans les Forces Navales Françaises Libres tandis que d’autres s’engagent dans des commandos comme les SAS britanniques

L'île devient une base pour les Américains engagés dans la campagne du Pacifique. Le 12 mars 1942, plusieurs dizaines de milliers d'hommes arrivent en Nouvelle-Calédonie : c'est un bouleversement pour un si petit territoire. Des aérodromes sont aménagés (Tontouta, plaine des Gaïacs, etc.), des centres hospitaliers sont installés à l’Anse-Vata, à la Conception, à la Dumbéa, au nord de Bourail, sur la côte est et dans l’extrême nord.

 

Le 7 novembre 1942, nouvelle répartition du détachement de la gendarmerie.
Brigade de Nouméa: - Postes de La Dumbéa – Païta – Pont-des-Français – Plum – Goro – Ile des Pins;
Brigade de La Foa: - Postes de La Foa – Moindou – Bouloupari;
Brigade de Bourial: - Postes de Bourial – Poya;
Brigade de Voh: - Postes de VOH – POUEMBOUT – KONÉ;
Brigade de Koumac: - Postes de Koumac – Gomen – Poum – Ouégoa;
Brigade de Hienghène: - Postes de Hienghène – Pouébo – Touho;
Brigade de Ponérihouen: - Postes de Houailou – Poindimié – Ponérihouen;
Brigade de Thio: Postes de Thio – Canala;
Brigade de Lifou: - Postes de Lifou – Ouvéa – Maré.
 

Au mois de mai, 1945, le poste de gendarmerie de Yaté est rétablit en remplacement de celui de Goro.

Gendarme NASICA Jean
Noyade accidentelle en rivière au cours d'une mission
Circonstances de la mort :
NASICA, (Jean), gendarme, du poste de Gendarmerie de Yaté.
Affecté au poste de gendarmerie de Yaté, le gendarme NASICA se rendait à cheval dans une tribu des environs lorsqu'il périt noyé en traversant une rivière le 21 ju
illet 1945.

Un fichier de recherches est créé à Nouméa.

 

Le capitaine QUENSONT, qui a prit son commandement a effectué un état des lieux. Le constat est sévère. Une partie des logements est misérable, les surfaces sont exiguës, le mobilier vétuste. Le conseil général estime qu'il n' a pas à fournir du mobilier, ce qui est pourtant réglementaire, laissant cet achat à la charge des intéressé. En ce début d'année 1946, cinquante-trois gendarmes sont répartis Nouméa et la brousse. Les élus locaux se préoccupent de leur relève. Le conseiller paladini, dénonce un péché mortel:
« Vous avez des gendarmes pétainistes(...) il faut mettre fin à tous ces états de choses. Je demande le déplacement des gendarmes dans la brousse. Nous en avons assez de voir certains gendarmes verbaliser, « asticoter », ennuyer continuellement de pauvres colons gaullistes ».
Il réclame une « mutation générale » et ne veut pas de gendarmes provenant d'Algérie qui seraient des « disciples de Darlan ».(La nouvelle politique en Nouvelle-Calédonie – le capitaine Meunier et ses gendarmes -1918-1954 – éditions L'Harmattan – 2001).
 

En 1946, le code de l'indigénat est supprimé et la Nouvelle-Calédonie devient un territoire d’outre-mer. Les Mélanésiens acquièrent ainsi la nationalité française et le droit de vote.

Nouméa et sa Baie des citrons en 1944.

Nouméa et sa Baie des citrons en 1944.

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