Le commandement de la gendarmerie à Saint-Pierre et Miquelon (1803-1905)

  • Michel GERMAIN
  • Histoire
Doléance pour les dépenses des gendarmes - 1860.

Doléance pour les dépenses des gendarmes - 1860.

Le naufrage du navire Mazurka - 1896.

Le naufrage du navire Mazurka - 1896.

Le 20 mars 1803 L'Angleterre s'empare à nouveau des îles Saint-Pierre et Miquelon inhabitées par les français.

Le 14 mai 1814, c’est le Traité de Paris qui restitue à la France Saint-Pierre et Miquelon aux mains des anglais depuis 1793. Le commandant Bourrilhon est envoyé pour reconnaître les lieux. Il n'y trouve plus le moindre vestige des anciens établissements.
Le 30 mai 1814, la signature du traité de Paris rend les îles à la France.

26 août 1815, Le capitaine anglais David Buckman prend possession des îles Saint-Pierre et Miquelon d'ailleurs inhabitées. C'était après la période des cent jours. Le commandant britannique ignorait sans doute que le traité de Paris du 2 août avait mis fin aux hostilités entre la France et l'Angleterre.
Le 20 octobre 1815 , sur un rapport du ministre des colonies, le gouvernement se décide à organiser une nouvelle expédition pour la récupération de Saint-Pierre et Miquelon.
Le 20 novembre 1815, Traité de Paris restituant les îles Saint-Pierre et Miquelon à la France. Pendant les pourparlers, l'Angleterre offrit à la France de lui rendre l'île Maurice en échange de Saint-Pierre et Miquelon et du French Shore à Terre-Neuve. Les plénipotentiaires français refusèrent, partageant l'avis de Fontenac qui estimait " la conquête des pêcheries plus importante que celle des Indes dont les mines s'épuisent, tandis que celles-ci sont inépuisables. "

Le 22 février 1816, rétrocession des îles Saint-Pierre et Miquelon à la France à la suite du traité de Paris du 30 mars 1814.
Le gendarme Yreux est le premier gendarme à fouler le sol de la colonie. Il arrive à Saint-Pierre le 25 mai 1816. Il y reste seul durant un peu plus de trois ans.

Suite au Traité de Paris en 1815, le 21 juin 1816, les Iles Saint-Pierre et Miquelon furent rétrocédées officiellement et définitivement à la France. A partir de ce moment, les autorités commencèrent à enregistrer les naufrages dans la colonie. Le vaisseau du Roi, « Amitié » fut le premier bateau enregistré à ce titre le 14 novembre 1816. Ce navire, en provenance de France, s’échoua sur la Dune de Langlade. Trois marins français périrent au cours de ce naufrage. Le reste de l’équipage fut sauvé ainsi qu’une grande partie de la cargaison, parmi laquelle se trouvait le buste du Roi de France Louis XVIII, destiné à orner la résidence du Commandant de la Colonie.

Le 30 août 1819, Saint-Pierre accueille le brigadier Auguste TAVERNIER et les gendarmes Alexandre MORLEC, Pierre CODEC et Louis RICHARD. L'effectif de cette arme est ainsi porté à cinq. Le gendarme YREUX quitte la Colonie le 2 septembre 1824 après huit années de présence sur le "caillou".

Le 10 juin 1824, le brigadier Novel est nommé vérificateur des poids et mesures par suite de la promulgation, dans la colonie, de la loi sur le système décimal. Le 27 septembre 1826, le brigadier Pierre Noël est autorisé à exercer les fonctions d'huissier de justice, fonctions assumées encore longtemps par un gendarme ou un maréchal des logis chef officier de police judiciaire.

En 1831, il est créé deux brigades de gendarmerie pour la colonie : une à Saint-Pierre, l'autre à Miquelon.
Par l'ordonnance du 17 août 1835, le détachement employé aux Îles Saint-Pierre et Miquelon comprennent dix hommes, soit un maréchal des logis, un brigadier et huit gendarmes à pied.

Le 11 avril 1843, un avis ministériel stipule que la gendarmerie de Saint-Pierre comprendra un maréchal des logis (ROUL), un brigadier (QUÉMART) et douze gendarmes. L'effectif a été augmenté de deux hommes depuis 1835.

L'ordonnance du roi du 13 avril 1846, modifie celle du 6 septembre 1840, en réorganisant le détachement de gendarmerie à pied des Îles de Saint-Pierre et Miquelon, celui-ci est organisé en trois brigades et compte 15 unités.

Le premier bâtiment abritant la gendarmerie est construit le 11 juin 1851, date de la pose de la première pierre. Le bâtiment toujours existant et abritant les bureaux de la compagnie, fait face au square Joffre, en bordure du littoral.

27 avril 1860
Etablissement d'un poste de gendarmerie à l'île aux chiens pendant la saison de pêche du 1er avril au 15 octobre de chaque année. Les gendarmes, au nombre de deux, étaient relevés tous les mois et logeaient dans le magasin de la batterie d'artillerie.

En 1862, l'effectif du détachement est le suivant : Un maréchal des logis, un brigadier et quatorze gendarmes.
Le 22 juin 1862, un maréchal des logis et de cinq gendarmes débarquent du transport "orion ».

Le 16 septembre 1865, un incendie prend naissance à quatre heures du matin dans une auberge. L'incendie activé par une forte brise du sud-est puis du sud-ouest se propage. 147 établissements sont détruits dont 87 maisons d'habitation, soit la moitié de la ville de Saint-Pierre. Les familles sans asiles sont logées dans les casernes des marins, à la gendarmerie et à l'hôpital.
Deux plus tard, un nouvel incendie réduit en cendre les deux tiers de la ville de Saint-Pierre. Le feu a pris naissance à 19 heures 30 dans le grenier de la maison du sieur Provos, aubergiste, située au centre de la ville. Le feu se propage avec une rapidité effrayante qui déjoue toute tentative d'isolement. Toute la ville commerçante a brûlé, 250 propriétés sont détruites dont 180 maisons d'habitation.
En 1869, le maréchal des logis François Xavier BAUMANN, succéde au maréchal des logis GOUJON. Il commande le détachement jusqu'en 1872. Le brigadier Bertrand CANTALOUP, né à Bagnère de Luchon le remplace. Ce dernier arrivé dans la colonie le 1er septembre 1860 prend le poste et le grade de maréchal des logis.

Le 10 mars 1877, l'effectif est porté à vingt et un hommes et un enfant de troupe par décret paru à cette date. L'effectif du détachement comprend alors un maréchal des logis, trois brigadiers et dix-sept gendarmes et un enfant de troupe.

Le commandement du détachement de gendarmerie de Saint-Pierre est sous les ordres du maréchal des logis Pittolat à compter du 6 février 1882.

Le 13 mars 1889, l'effectif du détachement est fixé comme suit :
− Brigade de Saint-Pierre : un maréchal des logis chef, un maréchal des logis, un brigadier et douze gendarmes.
− Brigade de Miquelon : un brigadier et un gendarme.
− Brigade de Langlade : deux gendarmes.
− Poste de l'île aux chiens : deux gendarmes.

Le 19 septembre 1891, c'est le départ sur le transport de guerre "Drac" de la compagnie de disciplinaires coloniaux en garnison à Saint-Pierre depuis 1883 par suite du refus du conseil général de faire supporter au budget de la colonie la solde des cadres. Elle avait remplacé la compagnie de discipline de la marine arrivée en 1867, qui elle-même à cette date avait pris la place d'un détachement de disciplinaires des colonies. Les premières troupes en garnison à Saint-Pierre après la réoccupation fut le détachement d'ouvriers de marine de 50 hommes venus en 1816 et qui quitta la colonie quelques temps après. Un autre détachement de la même arme avec des éléments du deuxième régiment d'infanterie de marine tint garnison à Saint-Pierre de 1854 à 1858. La somme des travaux importants auxquels a contribué la main d'oeuvre disciplinaire pendant 36 ans a été considérable. Il est regrettable que ces militaires n'aient pas été maintenus dans la colonie.

Considérant que, par suite de la suppression de la garnison qui existait aux îles Saint-Pierre et Miquelon, le sous-officier commandant le détachement de gendarmerie de la colonie est devenu la seule autorité militaire; il y a lieu, par suite, et en raison de ses rapports avec les autorités civiles, de relever la situation de chef de service et de lui donner le grade d'officier. Les ressources du budget colonial permettent cette dépense.

Le maréchal des logis chef Anselme RICHARD est le dernier maréchal des logis-chef commandant le détachement, car le décret du 17 mai 1894 fixe l'effectif de la gendarmerie comme suit :
− Saint-Pierre : un lieutenant, un maréchal des logis, deux brigadiers et douze gendarmes.
− Brigade de Miquelon : un brigadier et un gendarme.
− Langlade : deux gendarmes
− L'île aux chiens, deux gendarmes.

L'emploi de maréchal des logis-chef est donc supprimé pour confier le commandement à un lieutenant de gendarmerie, Ferdinand PELLEGRY, arrivé en août 1894. Il est le premier officier commandant la gendarmerie de Saint-Pierre et Miquelon.

13 avril 1897
Le brick, goélette pêcheur "Vaillant" en route pour Saint-Pierre aborde un iceberg à 23 heures dans les parages du Bonnet Flamand et sombre avec son équipage et une quarantaine de passagers. Quatre survivants seulement sont recueillis par le voilier "Victor Hugues" et amenés à Saint-Pierre le 27 avril, les jambes et les pieds gelés. Les malheureux, privés de nourriture et de liquide depuis plusieurs jours avaient dépecé l'un des leurs, mort de froid et s'étaient nourris de sa chair.

Le décret du 17 juin 1899 supprime le poste de lieutenant et rétablit celui de maréchal des logis chef comme commandant. Ce même décret réduit l'effectif à quatorze gendarmes, soit : sept gendarmes à Saint-Pierre, un à Miquelon et un à l'île aux chiens. Les deux gendarmes de Langlade sont maintenus. (Décision du gouverneur du 29 septembre 1899 - mémorial 1898 - 1899 volume 19 page 436).

Le 15 août 1900, Le brigadier de gendarmerie ROCHET, ancien instituteur, titulaire du BEPC est chargé de l'école publique laïque. Il percevra 100 francs par mois du directeur.
Les dépressions équatoriales qui naissent dans la Mer des Caraïbes remontent le long de la côte américaine, passent le Cap Hatteras et souvent changent de direction en suivant les contours de la côte. Ces tempêtes très violentes dont certaines atteignent une vitesse de 100 milles, sont assez souvent chassées vers le Sud, c’est à dire en direction du Banquereau, Banc de Misaine et Banc de Saint-Pierre.
Le 13 septembre 1900, deux goélettes étaient à Saint-Pierre. L’une « l’Alerte » était mouillée au milieu du Barachois, l’autre, le « Francis-Eugène » était mouillée en rade. La première chassant sur ses ancres s’échoua au fond du port. La seconde se brisa sur les rochers de l’île au Massacre à l’intérieur de la rade. Les deux équipages sortirent indemnes de ces naufrages.
Sur les « Bancs » il n’en fut pas de même, et le bilan fut très lourd. Neuf goélettes disparurent entraînant à la mort 120 marins. A Saint-Pierre cette tragédie maritime fit une centaine d’orphelins.
Le 21 août 1904, des secousses sismiques d'une durée de quelques secondes direction Nord-Ouest / Sud-Est se font sentir à Saint-Pierre à huit heures du soir.

« Le 4 juillet 1905, le maréchal des logis ROCHET, commandant provisoirement le détachement de Saint-Pierre et Miquelon demande au gouverneur de la colonie, l'attribution d'une coiffure spéciale d'hiver pour les militaires du détachement.
« (..) Les hivers à Saint-Pierre sont longs et très rigoureux. Ils commencent en novembre pour finir en mai et la température varie pendant ce laps de temps entre 14 et 25 degrés au dessous de zéro. Les habitants qui sortent n'en souffrent pas outre mesure mais il n'en est pas de même des gendarmes qui sont forcés, de jour comme de nuit d'être constamment dehors pour leur service.
« Quoique acclimatés, il n'en résulte pas moins pour eux des souffrances très vives lorsqu'ils sont obligés de rester quelque fois deux ou trois heures la nuit en patrouille, pour veiller à la sécurité des habitants et à la garde des propriétés, certains sont même rentrés à la caserne avec une oreille gelée.
Mais c'est surtout parmi les militaires détachés dans le poste de Langlade et Miquelon que les effets du froid se font le plus cruellement sentir.
« En effet, dès le mois de novembre, le vapeur postal « Saint-Pierre » n'effectue plus ses voyages que tous les quinze jours dans les deux îles. Ce sont ces militaires qui sont chargés de transporter le courrier de Langlade à Miquelon tous les huit jours (le vapeur ne touchant qu'à un port à chaque voyage). Ceux du poste de Langlade effectuent un parcours de trente kilomètres aller et retour et celui de Miquelon 25 kilomètres. Les vents sont si capricieux à cette époque que sortir le matin par un temps moyen ils rentrent le soir avec un poudrin effroyable qui leur cingle la figure, les aveugle et pénétre partout. Ils rentent – lorsqu'ils ne sont pas obligés de chercher un refuge dans une ferme – transis, heureux lorsqu'ils n'ont pas quelque parties du corps gelées.
« Pour se garantir la tête contre le froid, les gendarmes ne portent en hivers comme été que le képi. Il est bien toléré un cache-nez pendant les grands froids mais ce vêtement est si disgracieux que les gendarmes préfèrent souffrir que de la porter.
« De toutes ces considérations il me semble résulter le besoin urgent pour les militaires du détachement, d'une coiffure spéciale pour l'hivers.
« Cette coiffure, d'après moi pourrait être une casquette de fourrure avec une visière sur le devant, semblable à celle du képi, avec bords pouvant s'abaisser ou se relever à volonté pour garantir, les tempes, les oreilles et la nuque. Comme attribut distinctif de l'arme on pourrait y adapter sur le devant une grenade grande dimensions et une fausse jugu
laire sur la visière.

Demande pour une coiffure spéciale d'hiver pour les militaires du détachement 1905
Demande pour une coiffure spéciale d'hiver pour les militaires du détachement 1905

Demande pour une coiffure spéciale d'hiver pour les militaires du détachement 1905

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