Le commandement de la Gendarmerie de la Guyane (1942-1959)

  • Michel GERMAIN
  • Histoire
LA BRIGADE DE CAYENNE

LA BRIGADE DE CAYENNE

LA BRIGADE D'APATOU

LA BRIGADE D'APATOU

En 1942, le capitaine THEULIÈRE, commandant le détachement, assure les fonctions de directeur de la Police et de la Sûreté Générale. La même année, l'adjudant-chef BAUER, chargé des fonctions de commissaire central pour les communes situées dans l'île de Cayenne, ville de Cayenne comprise, devient son adjoint.

Un fichier de recherches est créé à Cayenne, le 13 août 1945.

Dés 1940, les militaires du détachement de gendarmerie sont autoriser à porter la tenue de travail, en toile kaki, du modèle de celle des sous-officiers de l'Infanterie Coloniale, soit:

  • chemisette à manches courtes, décolletées jusqu'au 2ème boutons, sans cravate;

  • pantalon ou culotte, retenu par le ceinturon en cuir noirci;

Les militaires portant la culotte seront tenus, de porter des bas kaki et des chaussures noires ou jaunes;

Cette tenue sera portée jusqu'en 1993.

Pendant le carnaval de 1946, des troubles graves éclatent dans la ville, mettant aux prises les Tirailleurs sénégalais de la compagnie mixte d'Infanterie coloniale de la Guyane et la population civile. Les Tirailleurs sénégalais révoltés, au nombre d'une centaine, font usage de leurs armes. Sept morts et trente blessés graves sont dénombrés. Les militaires de la Gendarmerie et les cadres européens de la compagnie mixte interviennent et rétablissent l'ordre. Deux gradés sont blessés et de nombreux gendarmes contusionnés.

 

L'année suivante, à l'annonce de la mort accidentelle du député Jadfart décédé la veille à bord d'un appareil amphibie, de nouveaux troubles éclatent à Cayenne. Le détachement est mis une nouvelle fois à contribution et rétablit l'ordre sans effusion de sang.

La loi n° 46-451, du 16 mars 1946 érige en département d'Outre-Mer la Guadeloupe, la Martinique, la Réunion et la Guyane française.

La fermeture définitive du bagne a été obtenue, à la suite de la publication de 27 articles d'Albert Londres et sous l'impulsion de Gaston Monnerville. Dès le 17 août, cent quarante-cinq détenus débarqués à Marseille, en provenance de Guyane.

 

Par le décret n° 50-694 du 17 juin 1950, il est créé un Détachement de gendarmerie dénommé « Détachement de gendarmerie des Antilles-Guyane », comprenant les unités de gendarmerie stationnées dans les départements de la Martinique, de la Guadeloupe et de la Guyane française.

 

La section de la Guyane est composée:

  • 1 capitaine, commandant la section;

  • 1 lieutenant adjoint;

  • 1 adjudant comptable;

  • 1 maréchal des logis-chef comptable;

  • 1 adjudant;

  • 2 maréchaux des logis-chefs (tous les 3 responsables des services autos, radio et casernement).

  • 2 adjudants-chefs;

  • 3 adjudants;

  • 19 maréchaux des logis-chefs;

  • 61 gendarmes.

 

Total des sous-officiers de la section de gendarmerie de la Guyane française: 90.

 

La section de la Guyane, comme les compagnies de la Martinique et de la Guadeloupe s'administrent isolément sous l'autorité du commandant du détachement de gendarmerie, dont les attributions particulières sont fixées par une instruction ministérielle.

La loi n° 51-1098 du 14 septembre 1951 restaure le « Territoire de l'Inini » sous le nom d' « arrondissement de l'Inini ».

Article 1er : Le département de la Guyane française se compose de :

1° L'arrondissement de Cayenne que comprend les communes existant actuellement en Guyane ;

2° L'arrondissement de l'Inini » ; mais il précisait que : « Cet arrondissement, qui a la personnalité morale, est doté provisoirement et pendant une période qui ne pourra excéder dix ans, d'un statut particulier ».

Indépendamment des missions à l'intérieur de la Guyane accomplies par les officiers, gradés et gendarmes de la Section de gendarmerie à l'occasion du service, le Préfet de la Guyane effectue une ou deux missions annuelles auxquelles participe la gendarmerie.

Ces missions ont pour but l'étude d'un itinéraire, l'établissement de tracés et de relevés géodésiques, géographiques ou hydrographiques et parfois la recherche d'explorateurs égarés, comme cela fut le cas pour la mission de décembre 1951 et janvier 1952, pour la recherche de l'explorateur Raymond MAUFRAIS, recherches déjà effectuées à l'époque de sa disparition, en juillet 1950, par une mission de gendarmerie conduite par le maréchal des logis-chef JAILLET, commandant le poste de gendarmerie de Camopi.

 

La mission effectuée en juin, juillet et août 1952 avait pour but une liaison Tampoc-Oyapock, pour retrouver le tracé de la mission Oyapock-Tampoc de 1951 et devait être effectuée sous la direction du Préfet de la Guyane. Ce dernier, empêché, avait demandé au commandnat de section qu'un gendarme qualifié en prenne la direction à sa place. Le commandant de section désigna alors le gednarme CHAVEAU, qui avait déjà participé à la mission de 1951.

Le 27 juin 1952, le gendarme CHAUVEAU Roger quitte par avion Cayenne à destination de Saint-Laurent du Maroni. Le départ était prévu pour le 1er juillet, mais les préparatifs n'étant pas terminés, la mission quitte Saint-Laurent le 5 juillet.

Accompagné de cinq porteurs créoles, dont BRUNEAU et GAREAU, de l'Oyapock et cinq canotiers bonis, CHAUVEAU quitte Maripasoula le 12 juillet sur deux canots, perdant ainsi contact avec le monde civilisé.

Après huit journées de canotage et après avoir passé de nombreux sauts, elle est arrivée au point côté « 183 », terminus de la navigation. A cet endroit, elle a abandonné les canots pour prendre, à pied, un ancien tracé fait par l'ingénieur géographe HURAULT, il y a quelques années et qui conduit en deux jours au point « 214 ».

La colonne se dirigeant à la boussole, s'est ensuite enfoncée dans la forêt en direction du Sud, se frayant un chemin au sabre d'abatis à la vitesse d'à peine trois kilomètres par jour.

 

Après dix jours de marche, après avoir passé criques et rivières, dont le Kouc, la jonction avec le tracé de 1951 a été réalisée en un point situé à égale distance environ du village indien d'Ourouareu, près des sources de l'Oyapock, et le point astrogéodésique « 214 ».

Le 13 août, le gendarme CHAUVEAU était de retour à Maripasoula et faisait savoir au préfet et au capitaine ROBERT, commandant la section de gendarmerie: »Mission terminée – Objectif atteint ».

Le colonel VALANTIN, commandant supérieur des Troupes du Groupe des Antilles-Guyane, cite à l'Ordre des Troupes du Groupe des Antilles-Guyane, le gendarme CHAUVEAU Roger, de la Section de Gendarmerie de la Guyane, pour le motif suivant:

« A été chargé par le préfet de la Guyane d'effectuer, dans la région des monts « Tumuc-Humac » et en partant du Tampoc (affluent du Haut-Maroni), une reconnaissance d'itinéraire pour recouper, d'ouest en est, les traces d'une piste ouverte en pleine forêt vierge en décembre 1951 par une mission de liaison « Oyapock-Tampoc » tentée d'est en ouest, à laquelle il avait déjà participé et qui, vaincue par les considérables difficultés de l'entreprise, avait dù faire demi-tour sans pouvoir atteindre son but.

A réussi parfaitement cette mission de reconnaissance grâce à une vigueur et une résistance exceptionnelles, sa volonté inébranlable de vaincre, coûte que coûte, les nombreux obstacles que lui opposait une nature sauvage, hostile et où il ne pouvait compter sur aucun secours.

Sa parfaite connaissance des hommes et des difficultés à surmonter, la minutieuse préparation qu'il a effectuée ainsi que l'excellence organisation qu'il a réalisée avec des moyens modestes lui ont permis de respecter son horaire, de conserver son orientation, de remplir complètement sa mission et d'en rapporter de très précieux enseignements."

 

 

Ordre particulier n° 4 du 29 septembre 1952.

A compter du 1er septembre 1957, la décision interministérielle du 6 juin fixe le terminologie des détachements stationnés dans la France d'outer-mer. Le détachement de gendarmerie des Antilles-Guyane prend l'appellation de Groupement de gendarmerie des Antilles-Guyane. Les Compagnies deviennent des « Groupes » et les Sections des « Escadrons ». La section de la Guyane, prend la dénomination de Escadron de la Guyane.

La mise en place de nouvelles insitutions outre-mer et les modifications apportées aux appellations d'unités de gendarmerie départementale rendent indispensable une révision le l'actuelle terminologie employée pour désigner les organes de commandement et les unités de gendarmerie outre-mer.

A compter du 1er octobre 1959, le Groupement des Antilles-Guyane, devient la Légion de gendarmerie des Antilles-Guyane, et l'Escadron de la Guyane devient le Groupement de Guyane.

à suivre........

Le commandement de la Gendarmerie de la Guyane (1942-1959)
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