Le commandement de la Gendarmerie de la Nouvelle Calédonie (1880-1900)

  • Michel GERMAIN
  • Histoire
Tombe du Brigadier CHAUDOUET.

Tombe du Brigadier CHAUDOUET.

Sauf le détachement des îles Saint-pierre et Miquelon, l'uniformes des gendarmes de la compagnie de Nouvelle-Calédonie est identique aux autres compagnies de la gendarmerie coloniale.
L'habillement, dans les deux armes se compose de pour les officiers, sous-officiers, brigadiers et gendarmes:
une tunique en drap bleu foncé;
un pantalon bleu clair en cuir de laine (tissus croisé) avec bande de drap bleu foncé;
un pantalon de coutil gris;
un manteau à manches, en étoffe de laine légère et imperméable.
Pour les sous-officiers, brigadiers et gendarmes:
une tunique courte en molleton;
Pour les sous-officiers, brigadiers et gendarmes à cheval:
un pantalon d'écurie en treillis.

 

Les boutons portent, au milieu: une grenade avec cette légende, au-dessus: « GENDARMERIE »; au-dessous, « ORDRE PUBLIC »; ils sont en argent pour les officiers, en étain pour la troupe.
Les officiers de tout grade peuvent porter en tenue de société le pantalon de casimir blanc sur la petite botte.

En 1882, est créé une brigade à cheval à Païta. Elle compte dans ses rangs un effectif de cinq gendarmes et seize chevaux. Sa mission contrôler les colons qui, venant de Nouméa, allaient travailler chez James Paddon.

Le décret du 19 avril 1883, porte l'effectif de la compagnie de 111 à 123 hommes avec un renfort de 12 cavaliers.

 

En 1885, un violent cyclone détruit la brigade de Païta, elle sera reconstruite avec les matériaux servant à la construction de l'église.
Le poste militaire et transformé en casernement de gendarmerie par un arrêté local du 25 avril 1887. celui-ci est remit au service local pour être transformé en brigade de gendarmerie, arrêté du 5 mai 1887. la gendarmerie prendra possession du local à compter du 18 juin 1888.
L'effectif de la compagnie est porté à 145 unités, par le décret n°512 du 11 octobre 1886, sans les enfants de troupe, après l'avoir passé à 128.

Vu le décret du 26 mars 1887, qui a créé en France et en Afrique un emploi d'adjudant par compagnie et un emploi de maréchal des logis-chef par arrondissement. Considérant qu'il est équitable de faire bénéficier la gendarmerie coloniale, dans la mesure que comporte son organisation, des dispositions du décret du 26 mars et d'attribuer autant que possible, à chaque compagnie ou détachement, dans l'une et l'autre arme, la proportion de maréchaux des logis fixée par l'article 16 du décret du 1er mars 1854.

 

L'effectif de la compagnie de la Nouvelle-Calédonie reste à 145 hommes, mais se voit modifier:
1 chef d'escadron, commandant;
1 capitaine;
3 lieutenants ou sous-lieutenants, dont un trésorier;
1 adjudant à cheval;
2 maréchaux-des-logis-chefs à cheval;
4 maréchaux-des-logis à cheval;
10 brigadiers à cheval;
75 gendarmes à cheval;
4 maréchaux-des-logis à pied, dont un adjoint au trésorier;
7 brigadiers à pied;
37 gendarmes à pied;

 

Le décret du 6 juin 1891, modifie les cadres et les effectifs de la gendarmerie coloniale. Dans la compagnie, le poste de chef d'escadron est supprimé, ainsi que deux brigadiers à cheval et quinze gendarmes à cheval. Désormais les compagnies de la Nouvelle-Calédonie, de la Martinique, de la Guadeloupe et de la Réunion seront commandées par un capitaine au lieu d'un chef d'escadron.

Le 30 mai 1893, l'effectif est de nouveau à la hausse, les postes supprimés deux ans auparavant sont recréés.
Pour faire face aux réductions de crédits, les effectifs vont être modifiés régulièrement un coup à la hausse, un coup à la baisse, et cela jusqu'en 1933.

 

En 1904, nouvelle réduction, l'effectif est ramené à 83 personnels, et l'arrondissement de La Foa est supprimé.
Le décret du 23 avril 1906, transforme la compagnie de la Nouvelle-Calédonie en détachement de gendarmerie. Considérant que la présence de quatre officiers à la tête de cette force publique n'est plus jugée nécessaire; L'emploi de chef d'escadron commandant la compagnie, celui de lieutenant ou sous-lieutenant-trésorier et celui d'adjudant sont supprimés. L'effectif passe à 87 unités sous le commandement d'un capitaine commandant le détachement et un lieutenant commandant d'arrondissement. Deux ans plus tard, un emploi d'adjudant est créé au sein du détachement et quelques mois après le poste de lieutenant commandant l'arrondissement de Nouméa est supprimé. L'effectif est réduit à 76 hommes.

CHAUDOUET, brigadier, de l'unité de Gendarmerie de Ouégoa
Ordre n° 12 de l'année 1902 du commandement de la Gendarmerie de Nouvelle-Calédonie, mois d'août :
"""Le commandant a la douleur de porter à la connaissance des militaires de la compagnie la mort du brigadier Chaudouet tombé le 14 courant sous le couteau d'un élément pénal.
Il était 8 heures du soir quand se présentait à la caserne de Ouégoa le libéré Ferhat Ben Sadi.
Il venait soi-disant pour dénoncer un meurtre commis par un de ses coreligionnaires. Le brigadier s'avançait pour lui demander des explications mais à peine avait-il fait quelques pas qu'il s'affaissait frappé d'un violent coup de couteau au bas-ventre.
Chaudouet expirait 48 heures après des suites d'une péritonite foudroyante provoquée par la perforation des intestins.
Honneur à ce vaillant tombé victime de ses devoirs.
Tous ceux qui l'ont connu ont apprécié ce serviteur modèle. Par son caractère énergique et loyal, par sa franchise toute militaire, par son dévouement infatigable, il avait su conquérir l'estime de ses chefs et l'affection de ses camarades et de ses subordonnés.
C'était le type du véritable soldat qui ne connaissait qu'une devise : Honneur et Patrie".

 

Lieutenant MATHEY Lucien
Assassinat par un subordonné pris d'un accès de folie
Circonstances de la mort :
Ordres de l'année 1903 du commandement de la Gendarmerie en Nouvelle-Calédonie, ordre n° 20 du mois d'août :
MATHEY, (Lucien), lieutenant, commandant l'arrondissement de Koné.

"""Un drame épouvantable vient de plonger la compagnie dans le deuil et la consternation.
Le 10 courant, à deux heures de l'après-midi, le gendarme Jeandheur de la brigade de Koné pénétrait dans le bureau de l'arrondissement où travaillait M. le lieutenant Mathey et tirait sur lui cinq coups de révolver qui l'atteignaient au cou, au bas-ventre, à la cuisse droite, à la poitrine et à la hanche droite.
Le lendemain à une heure du matin après de terribles souffrances, M. Mathey rendait le dernier soupir.
Quant au meurtrier, son crime accompli, il se faisait justice lui-même en se tirant une balle de révolver dans la tête.
Jusqu'ici on n'avait pas encore dans la Gendarmerie d'exemple d'un officier tué par son subordonné. Il a fallu par une fatalité inexplicable que la compagnie fut la 1ère à enregistrer dans nos annales ce forfait monstrueux, si monstrueux qu'on ne peut songer à l'attribuer qu'à la folie. Oui, Jeandheur a agi dans un accès d'aliénation mentale, l'enquête l'a établi.
Au mois de janvier dernier ce militaire s'était séparé sur les instances de son commandant d’art. M. Le lieutenant Mathey , d'une maîtresse qu'il avait fait venir de Paris son ancienne résidence.
Il lui avait remis à son départ une somme de 800 francs pour lui permettre de rentrer en France. Mais cette femme au lieu de prendre le courrier d'Europe faisait la connaissance d'un libéré avec lequel elle alla vivre à Thio.
Jeandheur fut bien vite au courant de cette situation ; il en conçut un terrible dépit : la jalousie, le regret de voir son argent dissipé de la sorte, ne tardèrent pas à agir sur son cerveau. Il en arriva à bientôt considérer M. le lieutenant Mathey comme l'auteur de tous ses maux, puisque c'était sur les observations de cet officier qu'il avait fait partir sa maîtresse. Il devint sombre, inquiet, prononçant parfois des paroles incohérentes et se plaignant de ressentir de violentes douleurs dans la tête. Comme à Koné on connaissait Jandheur pour être peu communicatif, on ne fit pas attention à son état, pensant que son malaise n'était que passager. C'était cependant les premiers symptômes de la folie qui le guettait, elle éclata le 10 août jetant tout le monde dans la plus profonde stupeur.
Je ne retracerai pas ici les brillantes qualités qui distinguaient M. Mathey, monsieur le colonel commandant supérieur des troupes en parle longuement dans son ordre qui figurera au registre d'ordres des brigades. Vous tous qui le connaissiez, vous devez ressentir comme moi, la perte cruelle que nous avons faite, aussi pour perpétuer son souvenir, je décide que son nom sera gravé sur la table de marbre de la compagnie parmi les braves morts au champ d'honneur

Gendarme VIAUD Paul
Mort de maladie au cours d'une hospitalisation après blessure en service
Circonstances de la mort :
Ordre n° 1 de l'année 1904 du commandement de la Gendarmerie en Nouvelle-Calédonie.
VIAUD, (Paul), gendarme, probablement de la brigade de La Foa (en effet, alors qu'il est décédé à l'hôpital de Nouméa, le monuments aux Morts de la caserne Meunier indique : La Foa qui ne peut être alors que l'indication de sa résidence d'affectation).
"""Le chef d'escadron commandant la compagnie a la douleur de porter à la connaissance des militaires de la compagnie la mort du gendarme Viaud, Paul, décédé à l'hôpital militaire le 13 janvier 1904, des suites de la fièvre typhoïde.
Viaud fut un brave et loyal serviteur qui emporte l'affectation de ses camarades et l'estime de ses chefs ; il est tombé sur la brèche, victime du devoir.
C'est en effet à l'hôpital où il était entré à la suite des blessures reçues dans un service commandé, qu'il a contracté le germe de la maladie qui l'a emporté. Son nom vient donc s'ajouter sur la liste déjà longue des militaires de la compagnie qui ont trouvé la mort dans l'accomplissement ou par suite de l'accomplissement de leurs devoirs.
Je suis sûr d'être l'interprète de tous en adressant à sa vieille mère nos compliments de condoléances et les témoignages de notre respectueuse sympathie et en lui donnant l'assurance que la tombe de son fils ne sera pas oubliée.
Nouméa le 15 janvier 1904
Le chef d'escadron commandant la compagnie
Signé : Maudet.

à suivre......

Tombe du Lieutenant MATHEY

Tombe du Lieutenant MATHEY

APTG © 2017 - Association médaillée par l'UNPRG le 26/12/2011 -  Hébergé par Overblog