Le commandement de la gendarmerie de la Martinique (1928-1939)

  • Michel GERMAIN
  • Histoire
Le commandement de la gendarmerie de la Martinique  (1928-1939)
Le commandement de la gendarmerie de la Martinique  (1928-1939)

 

Le 22 avril 1928, à Rivière-Pilote, le maréchal des logis-Chef RODIÈRE et les gendarmes ENAULT, DUBUC et BONNERU ont une belle attitude en assurant la protection de l’urne électorale momentanément enlevée par une foule tumultueuse.
Le décret du 29 septembre réorganise le Détachement qui passe à 3 officiers, 118 gradés et gendarmes à cheval et 14 à pied.

Le 5 mai 1929, le gendarme LOUIS, portant secours à un de ses camarades bousculé par des manifestants à l’occasion d’élections, est blessé au visage.

Le 16 septembre 1929, le Mont-Pelé qui, depuis 1902, n’avait plus donné aucun signe sérieux d’activité, semble de nouveau entrer en éruption. A 21h 45, un sourd grondement se fait entendre et un grand panache de fumée noirâtre de 3 à 400 mètres de haut, sort du cratère, monte droit dans l’espace, puis s’incline sur la Prêcheur.
Cinq minutes après, une autre colonne de fumée plus noirâtre s’élève encore à plus de 500mètres et s’infléchit également dans la même direction. Les habitants du Prêcheur, de Saint-Pierre et du Morne-Rouge, se souvenant de la soudaineté avec laquelle s’est produite la catastrophe de 1902, quittent leurs foyers et sont transportés par bateaux dans les communes voisines, en particulier à Fort-de-France, où des locaux et des vivres sont mis à leur disposition.

 

Le 26 septembre, l’activité volcanique semblant s’être apaisée, la confiance renaît et les réfugiés regagnent peu à peu leurs foyers, la vie normale semble devoir assez vite rependre.

Le 15 octobre, après une accalmie de trois semaines environ, une nouvelle éruption se produit vers 4 heures du matin, elle est plus forte que celle du 16 septembre et est accompagnée de beaucoup plus de cendres, surtout dans la région du Prêcheur. La plus grande partie de la population des trois communes situées dans la zone dangereuse (Saint-Pierre - Prêcheur - Morne-Rouge) évacue encore en toute hâte. Tous les moyens de transport sont mis à sa disposition par l’Administration et grâce à l’aide et à la surveillance de la gendarmerie, aucun incident ne se produit. Les réfugiés sont répartis plus particulièrement entre les communes de Fort-de-France, Schoelcher et Fonds Saint-Denis.

 

Les éruptions devenant plus nombreuses et plus fortes, le 19 octobre la gendarmerie de Saint-Pierre est évacuée sur le Carbet et le poste du Morne-Rouge est établi à « Champ Flore », habitation située à trois kilomètres du Morne-Rouge, hors de la zone dangereuse, dans la direction de Fonds Saint-Denis. Dans cette dernière commune, un poste provisoire de deux gendarmes est installé.
Le 28 octobre, la population de l’Ajoupa-Bouillon évacue à son tour et se réfugie sur les hauteurs du Lorrain.

Pendant le mois de novembre, les fumerolles sont très actives, les poussées spasmodiques de cendres continuent à se produire et atteignent des altitudes de 3 000 à 4 000 mètres (22 novembre 1929, à 7 heures du matin).

 

Les rivières dites : Rivière Blanche, Rivière des Pères, Rivière Sèche et Rivière sans Nom n’existent plus, étant comblées par les torrents de boue et de cendres dévalant de la montagne.
La surveillance des communes évacuées est assurée par le gendarmerie au moyen de trois automobiles louées par l’Administration ; (Fonds Saint-Denis assure la surveillance de Saint-Pierre ; Champ Flore du Morne-Rouge et Lorrain et l’Ajoupa-Bouillon).

Le vendredi 6 décembre, vers 15 heures 30, une éruption, dont l’importance dépasse les précédentes, se produit. Elle dure 15 à 20 minutes et est très bien aperçue de Fort-de-France.
Le 12 décembre à une heure, une secousse sismique assez forte est ressentie dans toute l’île et est suivie de grosses éruptions.

Dans la nuit du 16 au 17 décembre (pleine lune), de très fortes éruptions se produisent et la cendre tombe sur l’île entière, puis ensuite, le volcan semble s’apaiser progressivement. Quelques éruptions, de faible intensité, se produisent encore par intervalles très espacés et ensuite semble cesser. La montagne seulement fume toujours.

 

La situation s’affirmant de jour en jour plus calme, les brigades évacuées (Saint-Pierre et Morne-Rouge) réintègrent leur caserne respective et les postes provisoires de Fonds Saint-Denis et Champ Flore sont supprimés.

Le 10 décembre, un poste provisoire est créé à Schoelcher avec deux gendarmes.
Le 1er mai 1930, un poste fixe de deux gendarmes à pied est créé au Prêcheur.

Le 23 mai, un grave incendie éclate Rue de la Levée à Fort-de-France, les gendarmes DUPRESSOIR, SAINPE et FLAMAND sont brûlés au cours de la défense contre le feu. Ils reçoivent un témoignage de satisfaction du Gouverneur.

Le 15 juillet, le maréchal des logis-chef DUFFARD, brigadier au François, reçoit un témoignage de satisfaction pour avoir dirigé avec compétence les travaux de sauvetage de l’incendie d’une distillerie.
Le décret du 8 juin 1931, le Détachement est transformé en Compagnie.

 

L’effectif passe de 135 dont 3 officiers à 150 dont 4 officiers :

« ……
Le Gouverneur de cette colonie nous signale que depuis cette date, les fonctions déjà si nombreuses de la gendarmerie se sont accrues et que son action dans l’avenir semble devoir prendre encore plus d’importance en ce qui concerne la surveillance des circonscriptions communales, le service de la répression des fraudes et la surveillance maritime…
…. »

 

Les arrêtés des 19 juin 1931 et 22 août 1931fixent les conditions du contrôle de la gendarmerie à bord des bateaux.
Le 15 octobre, six gendarmes reçoivent un témoignage de satisfaction pour le zèle, l’énergie et le dévouement dont ils ont fait preuve lors de l’incendie du 7 septembre 1931 à Fort-de-France.

 

Le maréchal des logis LEBRUN, de Trinité, reçoit un témoignage de satisfaction pour le dévouement qu’il a démontré lors de l’incendie de la distillerie « Merveilleuse » à Trinité, le 8 mars 1931.

Fin 1931, les effectifs réalisés sont de 3 officiers et 135 hommes dont 14 à pied. Ils sont répartis en deux sections et 31 brigades ou postes fixes :
Fort-de-France -(5 brigades) - Saint-Joseph - Lamentin - Saint-Esprit - Rivière-salée - Diamant - Rivière-pilote - Saint-Pierre - Trinité - Gros-Morne - Robert - François - Vauclin - Sainte-Marie - Lorrain - Basse-Pointe - Vieux-Moulin (poste fixe) - Anses d’Arlets - Prêcheur - Morne-Rouge - Carbet - Case-pilote - Trois-Ilets - Colson - Saint-Anne - Grand’Rivière.

1932 - Marche des ouvriers agricoles sur Fort-de-France, conduite par le docteur GUGNET de Fort-de-France. La gendarmerie est requise par le Gouverneur ALFASSA. Grâce à l’intervention du maire, Victor SEVERE, la gendarmerie n’a pas à intervenir.

Inondation à Rivière-Pilote dans la nuit du 19 au 20 novembre 1932. Le maréchal des logis-chef SIHERLIN, les gendarmes SIMONNOT et MAURINET reçoivent un témoignage de satisfaction.


Pour des raisons d’ordre budgétaire, le Gouverneur propose de ramener l’effectif de la Compagnie à celui d’un Détachement ne comprennent plus que 140 unités donc 3 officiers (contre 150, dont 4 officiers).
Le Ministre estime que cet « aménagement » lui paraît compatible avec les intérêts bien compris de la sécurité de la Colonie et un fonctionnement normal du service.
Ces propositions sont concrétisées par le décret du 18 octobre 1933.

1934 - Le maréchal des logis-chef VIGUIER, les gendarmes SIELLER, BRUNETEAU, LEGALILE et NICOLAS reçoivent un témoignage de satisfaction du Gouverneur pour, faisant partie du groupe de Sapeurs pompiers de Fort-de-France, avoir fait preuve de courage, d’initiative et d’activité à chaque incendie.

Au cours d’une période de grève en février 1935, le maréchal des logis-chef MICHEL, commandant la brigade du Vauclin, est blessé, ainsi que plusieurs gendarmes de Fort-de-France. Des incidents graves sont évités. La gendarmerie reçoit des félicitations du Gouverneur et du colonel commandant supérieur des troupes.

Un poste provisoire de gendarmerie est mis en place le 19 mars 1935, à Cholvet (Basse-Pointe), pour surveillance de l’habitation, en raison des incendies qui s’y déclaraient.
Ce poste est relevé en avril.

Le 23 août 1935, le personnel de la gendarmerie, dont plusieurs militaires font partie des Sapeurs-Pompiers, parvient à circonscrire un grave incendie à Fort-de-France (Hôtel Tricentenaire). Le commandant de Détachement et six gradés et gendarmes reçoivent un témoignage de satisfaction.

 

Le 28 décembre, le Gouverneur de la Martinique écrit ce qui suit au capitaine commandant le Détachement, sous couvert du colonel commandant supérieur des troupes :

« Les fêtes du Tricentenaire ont été l’occasion pour la gendarmerie de la Martinique de donner une preuve nouvelle et éclatante de l’excellence des éléments qui composent son Détachement.
« Aussi bien dans la ville de Fort-de-France que dans la visite des communes, les gendarmes, malgré les difficultés et les fatigues d’une tâche écrasante, ont réussi, sans contraintes aucune et tout en laissant leur spontanéité aux manifestations, à maintenir une ordonnance parfaite.
« La population et moi-même tenons à leur exprimer notre plus vive gratitude et j’y joins personnellement mes plus cordiales félicitations ».


1936 - L’effectif comprend 3 officiers, 137 dont 19 hommes à pied, réparti entre 34 brigades ou postes fixes.
Une brigade spéciale est détachée à la répression des fraudes.
Une brigade a été installée à Balata et à Ducos.
Un poste fixe a été installé à Schoelcher.
Le poste de Colson a été supprimé.


Le 14 décembre 1937, les gendarmes BRUNET et SEVRIENDT sont blessés sérieusement au cours d’un service d’ordre difficile.

Le décret du 12 janvier 1938 fixe l’effectif du Détachement de la Martinique à 130 unités. Officiers : 3 - gradés et gendarmes à cheval : 112 - gradés et gendarmes à pied : 15.


Par décret du 26 août 1939, le capitaine commandant le Détachement est nommé directeur de la Sureté.

Il a autorité sur tous les fonctionnaires et agents de police.

à suivre.........

Le commandement de la gendarmerie de la Martinique  (1928-1939)
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