Le commandement de la Gendarmerie de Saint-Pierre et Miquelon (1520-1800)

  • Michel GERMAIN
  • Histoire
Le commandement de la Gendarmerie de Saint-Pierre et Miquelon (1520-1800)
Le commandement de la Gendarmerie de Saint-Pierre et Miquelon (1520-1800)

Le 21 octobre 1520, le pêcheur portugais Joao Alvares Fagundes qui explorait les côtes depuis la Nouvelle-Ecosse jusqu'à Plaisance (Terre-Neuve), reconnaît les îles Saint-Pierre et Miquelon qu'il baptise " Les onze milles Vierges " en l'honneur de Sainte-Ursule, fête du jour.

Le 15 mars 1521, le roi Emmanuel du Portugal accorde à Alvares Fagundes la propriété des terres découvertes par lui en Amérique du Nord et notamment les îles de l'archipel des " Onze Milles Vierges ".

Le 16 mai 1535, la flottille de Jacques Cartier, composées de trois bâtiments : La Grande Hermine, La Petite Hermine et l'Emerillon, appareille de Saint-Malo pour voyager, découvrir et conquérir à Terre-Neuve.

Le 3 juin 1535, Jacques Cartier, avec son navire la Grande Hermine appareille du Havre Saint-Esprit (Port aux Basques) pour aller reconnaître la côte méridionale de Terre-Neuve.

Le 11, Jacques Cartier jette l'ancre en rade de Saint-Pierre où il trouve plusieurs navires tant de France que de Bretagne. Il prend possession des îles au nom du roi de France François premier.

Le 16, Jacques Cartier quitte Saint-Pierre à bord de la Grande Hermine. Il relâche à la baie des " Trépassés " pour y prendre eau et bois " pour traverser la mer ". Il arrive le 16 juillet à Saint-Malo.

Le 17 février 1691, Monsieur De Brouillan a commission d'aller prendre le commandement de Terre-Neuve, du fort de Plaisance, des iles Saint-Pierre et Miquelon et autres lieux en dépendant.

 

Le 4 avril 1702, le capitaine anglais Leake, après avoir détruit les établissements français de la baie des Trépassés, de Sainte Mary, Colonet et de Saint-Laurent, démantèle le fortin de Saint-Pierre armé De quatre canons.

Le 23 mars 1713, le traité d'Utrecht fait passer les îles de Terre-Neuve et Saint-Pierre et Miquelon à l'Angleterre en réservant à la France le droit de pêcher et de sécher le poisson sur certaines parties de la grande île désignées par la suite sous le nom de " French Shore ". Les Anglais donnent à la bourgade de Saint-Pierre le nom de Bourway. Une centaine de français quittent Plaisance et Saint-Pierre pour aller s'établir à Louisbourg (Cap Breton), resté à la France.

Le 10 février 1763, Traité de Paris qui laisse Saint-Pierre et Miquelon à la France.

Le 10 mars 1763, le commissaire général de la marine Mistral, est informé par le duc De Choiseul que la guerre étant terminée, les marins pêcheurs pourront venir aux îles Saint-Pierre et Miquelon, rendues à la France.

Le 10 septembre 1763, dans une lettre au ministre, le gouverneur de la colonie d'Angeac, dit " que le climat n'est pas gracieux pendant les mois de mai, juin et juillet. Les brumes épaisses et continuellement attachées sur nos côtes pendant ce temps nous laissent un coin très humide "…et plus loin " l'isle à l'Anglois (Langlade) a été séparée il y a quatre ans par un coup de vent " (Langlade s'appelait également île Choiseul ou Petite Miquelon).

Le 19 août 1764, un nouveau contingent de 150 Acadiens arrive à Saint-Pierre.

 

Le 27 février 1768, Louis XV donne au sieur D'Angeac, nommé gouverneur des îles Saint-Pierre et Miquelon, des instructions relatives à son commandement et lui adjoint de se rendre le plutôt possible à Rochefort pour accélérer la levée de la compagnie de 50 hommes destinée à la garnison et préparer les effectifs qu'il doit embarquer avec lui pour son établissement. Il est avisé que la flûte " La Garonne ", commandant Courval capitaine de brûlot en armement à Brest après avoir pris une partie des effets qui doivent être tirés de ce port, se rendra à Rochefort avec deux petites goélettes pour y embarquer le reste de la cargaison ainsi que les officiers et les personnes devant former l'établissement de la nouvelle colonie.

Le 22 juin 1768 , des Acadiens au nombre de 66, venant de Saint-Malo, arrivent à Saint-Pierre sur la goélette " Joseph Vigneau ".

Le 18 juillet 1768, en provenance de Rochefort 219 Acadiens arrivent à Saint-Pierre pour le compte du roi.

Le 31 juillet 1768 , arrivée à Saint-Pierre du célèbre géographe Cassini. Celui-ci chargé de faire une exploration scientifique dans les parages de Terre-Neuve et d'expérimenter une montre étanche, fixe la latitude de la ville. Il dépeint l'archipel comme dénué de tout.

Le 31 juillet 1773, le sieur D'Angeac, gouverneur des îles Saint-Pierre et Miquelon quitte la colonie après dix ans de séjour.

Le 21 septembre 1775 , une violente tempête détruit la presque totalité du bourg de Saint-Pierre.

Le 14 septembre 1778, la France étant en guerre avec l'Angleterre, le contre-amiral Montaigne, gouverneur de Terre-Neuve, avec un vaisseau de 40 canons et trois frégates, s'empare des îles Saint-Pierre et Miquelon sans défense.

Le 1er octobre 1778, les anglais qui se sont emparés de la colonie le 14 septembre, embarque sur deux navires français à destination de La Rochelle, le gouverneur, ses deux ou trois officiers et ses trente et un soldats. La population, soit 1400 personnes, est entassée et expédiée pour divers ports de France sur les dix bateaux qui restent. 273 maisons, 126 cabanes de pêche, 89 magasins, 6 boulangeries, 79 étables, 38 échafauds et nombre de chaloupes sont ensuite livrés aux flammes.

En 1782, Langlade est à nouveau reliée à Miquelon par une dune de sable ; Cette dune a été formée au cours d'une violente tempête.

 

Dès le 1er mai 1783, une ordonnance royale créait « une compagnie d’infanterie destinée à la défense des îles Saint-Pierre et Miquelon », dont l’effectif devait être de 164 hommes, non compris les officiers. Le maréchal de Castries prévoyait même une augmentation possible de cet effectif puisqu’il écrivait le 24 mai au baron de l’Espérance qui devait reprendre son poste de gouverneur : « Vous me rendrez compte, lorsque vous serez sur les lieux des moyens que vous jugerez les plus propres pour les mettre en état de défense et du nombre de troupes dont la garnison devra être composée. Sa Majesté a décidé en attendant qu’il y seroit envoyé une compagnie d’infanterie créée par son ordonnance du premier mai...».
La compagnie d’infanterie serait commandée par le capitaine de Châteauville, commandant à Miquelon, le capitaine en second Danseville et le premier lieutenant Gannes Dumesnil–Ambert. Ce dernier officier fut chargé, par un ordre du 24 mai, de recevoir la remise des îles par le commissaire anglais et autorisé à exercer les fonctions de gouverneur jusqu’à l’arrivée du baron de l’Espérance.

Le 24 mai 1783, en prévision de la reprise de possession de Saint-Pierre et Miquelon, le roi Louis XVI consacre un crédit de 500 000 livres pour le ravitaillement et la construction des deux bourgs. Par une déclaration annexée au traité de Versailles, l'Angleterre accorde aux pêcheurs français le droit de couper du bois sur la grande terre (Terre-Neuve).

Dumesnil–Ambert, arrivé à Saint-Pierre le 26 juillet reçut en effet, le 28, des mains du capitaine de vaisseau Farnham, commandant la frégate Winchelsea, la remise de la colonie. Le 30, après 38 jours d’une dure traversée, le baron de l’Espérance parvenait à son tour sur la frégate l’Ariel dans son gouvernement, accompagné de ses officiers ; les autres bâtiments le suivaient de près. Aussitôt, il s’employa à monter un camp de tentes et à faire construire un magasin et un hôpital provisoire; dès le 6 août, 400 personnes étaient arrivées et 12 bâtiments faisaient une pêche abondante.

Le 6 août 1783 , sur 440 personnes expédiées de France pour repeupler la colonie, soit 200 ouvriers et 240 anciens habitants, 30 arrivent à Saint-Pierre. En attendant la construction des habitations, ce contingent ainsi que la garnison arrivée avec le gouverneur et ses fonctionnaires le 28 juillet, campent sous la tente.

Le 3 septembre 1783, le traité de Versailles qui met fin à la guerre d'indépendance américaine, rétrocède les îles Saint-Pierre et Miquelon à la France

 

Le 31 mai 1784, le navire "Les trois soeurs" de Saint-Malo, transportant 165 passagers et une partie des marchandises du roi (notamment les remèdes et les ustensiles pour l’hôpital) fit naufrage près du Cap de Raze, à Mistiquin Point dans la baie des Trépassés ; les 162 passagers (trois étaient morts durant la traversée), purent se sauver mais perdirent tous leurs biens. Des tempêtes violentes endommagèrent gravement les maisons en construction et emportèrent une partie des chaloupes. Le 4 août, les navires L’Aunis et Le Prince d’Hénin débarquèrent 496 passagers « apportant avec eux le germe d’une fièvre putride, maligne et vermineuse ; » sur L’Aunis, presque tous les enfants avaient été atteints de la petite vérole ; trois étaient morts durant la traversée, trois venaient de mourir, à peine débarqués. Il fallut veiller à ce que l’épidémie ne s’étendît pas dans la colonie. Enfin, le 30 août, Campbell faisait savoir au baron de l’Espérance qu’il révoquait la permission tacite qu’il avait jusque là accordée, de couper du bois à Terre-Neuve ; le gouverneur avait confié, le 6 août, au chevalier de Villevieille, commandant la gabarre du roi L’Autruche, la mission de passer un marché avec des armateurs d’Halifax, Louis Marchand, John Avery et Georges Holmes, pour apporter à Saint-Pierre autant de charbon de terre « pour le prix de 10 piastres d’Espagne le chardrin de 36 », que leurs navires La providence, capitaine Little et La Marie, capitaine Place, pourraient en charger ; mais le 24 septembre George Halliburton, frère de John Avery, informait le gouverneur qu’il devait différer les envois à cause d’une frégate anglaise, La Ressource, envoyée d’Halifax par le commodore Douglas, «à l’effet d’empêcher qu’aucun bâtiment ne chargeât de cet article pour vos îles ».

Le 13 mars 1785, Ordonnance royale portant suppression dans la colonie des charges de gouverneur et ordonnateur. Le ministre décide aussi que, vu les difficultés de construire un fort, les îles Saint-Pierre et Miquelon ne seraient, pour le moment, considérées que comme un abri pour les pêcheurs.

Le 12 septembre 1785 , le cadavre de Marie, veuve d'André, sauvagesse morte à Terre-Neuve à l'âge de 91 ans, fut inhumée à Saint-Pierre.

Le 14 novembre 1785, le gouverneur de la colonie dans un mémoire sur le commerce des îles Saint-Pierre et Miquelon, signale au ministre que la pêche à la morue peut devenir d'une très grande utilité pour la France.

Le 6 septembre 1786, le corps de Anne Etiennehuit, veuve d'André Cougou, décédée à Terre-Neuve le 25 mai, avait été amené par les sauvages, les Micmacs. Ceux-ci semble-t-il salaient les cadavres des leurs pour les conserver.

Le 13 janvier 1792, l'assemblée générale de la commune des îles Saint-Pierre et Miquelon, présidée par monsieur Danseville, commandant, décide que les séances auront lieu dans la grande salle du gouvernement, et finalement arrête que toute mascarade et déguisement quelconque sont défendus, que ceux qui contreviendront à cette défense et trouvés de jour ou de nuit sous le masque ou déguisés sans masque, subiront un mois de prison.

Le 12 février 1792, désordre à Saint-Pierre au cours d'une manifestation révolutionnaire organisée par le club des amis de la constitution. La femme Delaroche est tuée dans une bagarre.

Le 14 mai 1793, une escadre anglaise composée de deux vaisseaux de ligne, trois frégates et quatre autres bâtiments, aux ordres du vice-amiral King et portant des troupes de débarquement envoyées d'Halifax, sous le commandement du brigadier général Ogilvie, s'empare de Saint-Pierre qui n'avait pour toute garnison qu'une quarantaine de soldats.

Le 31 mai 1793, le " Québec magasine " du dit jour publie la nouvelle que les îles Saint-Pierre et Miquelon ont été prises par les anglais.

20 juin 1793 Les anglais qui se sont emparés de la colonie le 14 mai précédent, expédient à Halifax le gouverneur Danseville, sa garnison composée de 42 soldats et 4 officiers, ses fonctionnaires et les marins non résidents soit 607 personnes. La population sédentaire gardée par 160 hommes, ne fut déportée dans la capitale de la Nouvelle Ecosse qu'au mois de septembre de l'année suivante.

Dès le 20 août 1794, Sir James Wallace, gouverneur de Saint-Jean de Terre-Neuve, avait notifié au commandant du sloop de Sa Majesté Britannique La Bonetta que les îles Saint-Pierre et Miquelon, annexées au gouvernement, devaient être en tout point considérées comme tous les autres havres de Terre-Neuve et que tous les encouragements devaient y être donnés pour la pêche. Pendant deux ans, les pêcheurs anglais, installés dans les anciennes habitations françaises s’employèrent paisiblement à leur industrie.

Le 21 septembre 1794, les anglais, maîtres de la colonie depuis le 14 septembre 1793 déportent à Halifax la population sédentaire qui est ensuite disséminée en différents ports de la Nouvelle Ecosse.

 

Le 28 août 1796, le contre-amiral Richerie coule bas, sur le Grand Banc de Terre-Neuve, 80 navires anglais après avoir retiré tout ce qu'ils pouvaient contenir de précieux. Il vient ensuite à Saint-Pierre et Miquelon ruiner les pêcheries anglaises qui y avaient été établies après la prise des îles en 1793.

22 mai 1799 Arrêté du directoire pris ce jour 3 prairial de l'an VII exemptant les jeunes gens des îles Saint-Pierre et Miquelon de l'obligation d'effectuer leur service militaire.

27 mars 1802 Paix d'Amiens qui restitue les îles Saint-Pierre et Miquelon à la France.

Le ministre de la Marine, Decrès, chargea le 14 messidor an X (19 août 1802) le lieutenant de vaisseau Jocet, commandant la " Surveillante ", de reprendre Saint-Pierre et Miquelon enlevées par les anglais le 14 mai 1793.
Parti le 25 messidor de Lorient, il mouilla le 1er fructidor en rade de Saint-Pierre à côté de la corvette anglaise Le Pluton, commandant Edgell, qui l’attendait depuis trois semaines. La remise s’effectua le lendemain 2 fructidor. Quelques jours après, le citoyen Bourilhon, nommé administrateur provisoire de la colonie, arrivait à son tour, accompagné de 25 soldats de l’artillerie de marine avec leur officier. L’aspect des îles n’était guère encourageant : « Tout a été détruit dans cette colonie, même la calle ; l’emplacement où était situé le bourg Saint-Pierre ressemble à une prairie ; le barachois est abîmé par le lest que les chaloupes anglaises ont jetées ; enfin sept pièces de canon de 24 encloués et un de 4 en bon état ; toutes ces pièces sont sans affûts et jetées d’un côté et de l’autre bord de la mer et ne paraissent qu’à mer basse. »

 

Les habitants ne devaient être envoyés que l'année suivante, le gouvernement étant arrêté par la dépense, en même temps que la préoccupation de voir, à la première occasion les îles reprises par les anglais.

à suivre.......

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