Le commandement de la Gendarmerie de la Réunion (1906-1942)

  • Michel GERMAIN
  • Histoire
Le commandement de la Gendarmerie de la Réunion (1906-1942)

Le 25 juin 1906, la compagnie de gendarmerie de la Réunion prend l'appellation de Détachement de gendarmerie. Considérant que la présence de quatre officiers à la tête de cette force publique n’est plus jugée nécessaire, d’autre part, qu’il y a lieu de diminuer l’effectif troupe de la colonie. Un poste d'officier, 22 gendarmes à pied et 6 gendarmes à cheval sont supprimés, l'effectif passe alors 77 personnels.

 

Un emploi d'adjudant est créé au sein du détachement, le 13 janvier 1908.

Le 23 décembre 1909, l'emploi de lieutenant de l'arrondissement de Saint-Denis est supprimé. cet arrondissement est placé sous les ordres directs du capitaine commandant le détachement. L'effectif de la Réunion est porté à 81 hommes.
Deux postes de gendarmes sont créés à Saint-Philippe le 9 février 1911.

 

Le 17 octobre 1911, l'effectif de la compagnie est porté à 87 militaires.
A compter du 19 octobre 1911, le détachement est scindé en deux sections :
- Section de Saint-Denis : - Saint-Denis – Saint-Paul – Saint-Benoît – Saint-André – Sainte-Rose – Hell-Bourg – Plaine des Palmistes – Sainte-Suzanne – le Port – Ravine à Jacques.
- Section de Saint-Pierre : - Saint-Pierre – Saint-Louis – Saint-Leu – Saint-Joseph – Le Tampon – Entre-Deux – Cilaos – Plaine des Cafres – Saint-Philippe.

 

La participation de La Réunion à la Première Guerre Mondiale se traduit par l’envoi de nombreux Réunionnais aux combats dans la métropole et sur le front grec. L’aviateur Roland Garros se couvre de gloire et meurt en plein ciel en 1918. L’amiral Lucien Lacaze est nommé ministre de la Marine puis ministre de la Guerre de 1915 à 1917.

BLANCHET – AYMAR – SOULIER, chefs de brigade;
CHALOPIN – BURLOND – FRAPECH – SOLACROUP – CHÂTRÉ, gendarmes du détachement de la Réunion.
 

« En avril 1919, une violente épidémie de grippe infectieuse sévit sur l'île de la réunion. Les victimes sont nombreuses. Les cadavres sont portés aux cimetières sans cercueils. Les chefs de brigade BLANCHET, AYMAR, SOULIKER; les gendarmes CHALOPIN, BURLOND, FRAPECH, SOLACROUP, CHÂTRÉ secondent et, au besoin, suppléent les municipalités dans les dispositions prises pour secourir les malades et veiller à l'exécution des mesures de police sanitaire, donnant à tous un bel exemple de courage et de dévouement. Ils sont cités, le 1er juin 1919, à l'ordre du détachement de la Réunion. » (Livre d'Or de la Gendarmerie – 1913-1918)

 

Le 7 septembre 1921, l'effectif est porté à 87 personnels.

Le décret du 7 septembre 1921, relatif à l’organisation du détachement de la Réunion répondait au double but de laisser aux autorités locales toutes latitude dans la répartition de cette force à l’intérieur de la colonie, et de mettre les dispositions du décret du 19 octobre 1911 en concordance avec celles du décret du 21 février 1918 donnant aux gendarmes le rang de sous-officiers et celles du décret du 8 juillet 1918 concernant le grade de comptable du détachement de gendarmerie de la Réunion ; il ne modifiait en rien l’effectif du détachement, tel qu’il avait été fixé en dernier lieu par le décret du 19 octobre 1911.
Or, les difficultés financières qui se présentent à la Réunion ont réduit à rechercher tous les moyens susceptibles de diminuer les dépenses budgétaires, et le gouverneur a été ainsi amené à envisager une réduction des dépenses relatives à l’entretien du détachement de gendarmerie par une diminution de l’effectif de ce détachement.

Mais une telle réduction d’effectif ne peut être basée uniquement sur des considérations d’économie budgétaires ; il convient avant tout de conserver au détachement de gendarmerie une importance suffisante pour que le maintien de l’ordre public soit assuré, ainsi que la bonne marche des autres services incombant à la gendarmerie. Compte tenu de ces nécessités, le gouverneur de la réunion estime, après étude de la question faite de concert avec les autorités locale que l’effectif du détachement peut, sans inconvénient, être ramené dans chaque emploi aux chiffres du présent décret, étant entendu que la suppression des brigades de gendarmerie de certaines localités, entrainée par la réduction d’effectif envisagée, sera compensée par la réorganisation et un renforcement convenable de leurs services de police.
Par ailleurs, la compagnie d’infanterie installée à la Réunion depuis le mois de juillet constitue une sérieuse garantie du maintien de l’ordre public.

 

 

Le 10 mi 1922, l'effectif est donc réduit à 62 personnels.

Instruction pour l'application du décret du 28 août 1925, modifiant l'ordonnance du 16 mars 1838 et simplifiant la hiérarchie des militaires de la gendarmerie (troupe).
Paris, le 10 octobre 1925.

Nouvelles appellations. — A dater de la publication du décret ci-dessus, les chefs de brigade de gendarmerie prendront les dénominations suivantes :
1° Chefs de brigade hors classe : adjudants-chefs;
2° Chefs de brigade de 1er classe : adjudants (1er partie de la liste d'ancienneté);
3° Chefs de brigade de 2e classe : adjudants (2e partie de la liste d'ancienneté);
4° Chefs de brigade de 3e classe : maréchaux des logis chefs (1er partie de la liste d'ancienneté);
5° Chefs de brigade de 4e classe : maréchaux des logis chefs (2e partie de la liste d'ancienneté).
Solde. — Dans les emplois d'adjudant et de maréchal des logis chef, sont maintenus pour le moment deux paliers de solde. La solde du palier supérieur, attribuée aux militaires de la 1ère partie de la liste dans chacun de ces emplois, correspond à l'ancienne solde des chefs de brigade de 1er classe ou des chefs de brigade de 3e classe, selon le cas; la solde du palier inférieur est attribuée aux anciens chefs de brigade de 2° classe ou de 4e classe.


Pour parer dans une certaine mesure aux difficultés d’ordre financier auxquelles l’île de la Réunion devait, il y a quelques années, faire face, le décret du 10 mai 1922 a ramené de quatre-vingt-sept à soixante-deux le chiffre des militaires du détachement de gendarmerie stationné dans cette colonie.
Mais cet effectif, encore réduit par le jeu des congés et des permissions ou par les maladies, s’est, à l’expérience, révélé trop faible pour assurer, dans des conditions normales, la bonne exécution d’un service rendu particulièrement pénible par l’étendue de la colonie et la densité de sa population.
Le 8 mai 1926, le gouverneur de la Réunion, après entente faite de concert avec les autorités locales, demande que l’effectif du détachement soit augmenté de treize unités et porté à 75 militaires de tout grades.

Étant donné que le détachement ne comporte pour l’arme à cheval qu’un adjudant et sept maréchaux des logis-chefs pour un effectif de 30 gendarmes à cheval. Le gouverneur crée un emploi d’adjudant à cheval à Saint-Denis et supprime un emploi de gendarme à cheval au détachement de la Réunion. Le 14 février 1928, le détachement est scindé en deux sections, Saint-Denis et Saint-Pierre correspondant aux arrondissements judiciaires de Saint-Denis et Saint-Pierre.

Le 4 février 1932, un cyclone est signalé par l'observatoire de l'île Maurice, à 9 heures il se trouve à 300 kilomètres de distance de la Réunion, à 9 h 30, 100 km. Compact rapide, il n'affecte qu'une partie de l'île, mais son bilan est effroyable, en 90 minutes de paroxysme, il a fait 90 morts, plus de 41 000 sinistrés, plus de 100 millions de francs de dégâts. Le cyclone a épargné la Côte au Vent, en revanche, sur son étroit sillage qui va de la Pointe des Galets à Saint-Leu, tout est détruit. Le Port de la Pointe des Galets est un chaos de bateaux, plusieurs ont rompu leurs amarres et se son heurtés, coulant dans le bassin. La ville est un amas de tôles. Saint-Paul ne vaut guère mieux. Des dizaines de maisons ont été détruites, tant par le vent, qui a soufflé à plus de 300 km/h que par la montée des eaux de l'étang. L'usine de l'éperon, qui venait d'être rénovée, a été écrasée, de même celle de Sainte Thérèse à La Possession. Le train a été couché sur la voie, avec wagons et voyageurs à Saint-Gilles. Saint-Leu paie le plus lourd tribut avec 115 maisons rasées, 17 morts, des centaines de blessés. Le Sud à moins souffert. On y compte cependant plusieurs milliers de sans-abris.


L'effectif est porté à 75 hommes le 18 juillet 1934.

Le 3 mars 1937 l'effectif est augmenté de 25 hommes, et se compose de 2 officiers, 48 gendarmes à pied et 50 gendarmes à cheval, afin de mieux assurer la police et le maintien de l’ordre.

Le 20 juillet 1942, l'effectif se compose de 3 officiers, 67 gendarmes à pied et 30 cavaliers, ce qui porte à 100 personnels.

Dans la nuit du 27 au 28 novembre 1942, le gouverneur de la colonie, Pierre Aubert est informé de la présence du contre torpilleur des Forces navales françaises libres « Le Léopard », et tôt dans la matinée, sous les ordres du capitaine de corvette Baraquin, 90 hommes débarquent à Saint-Denis et, sans rencontrer de résistance, se rendent maîtres des objectifs fixés : gendarmerie, station de radio-diffusion, palais du gouverneur, banque de la Réunion, gare du chemin de fer. Depuis la ville du Port, des tirs de canons visent « Le Léopard ». La riposte du contre-torpilleur fera deux morts. La phase de libération entre alors dans une période de négociations entre Saint-Denis et Hell-Bourg.
Aubert se rend le 30 novembre 1942 à 8 heures 45. Ce même jour à midi, Capagorry fait diffuser à la radio un communiqué :
 

" Le gouverneur André Capagorry, gouverneur de la Réunion, a le plaisir d’informer la population que le gouverneur Pierre Aubert vient de renoncer à poursuivre une lutte inégale et fratricide. En conséquence, les hostilités ont cessé sur le territoire de la colonie et le sang n’y sera plus versé. Le gouverneur Pierre Aubert a fait son devoir avec courage et correction. Il lui sera rendu les honneurs militaires. Maintenant que les intérêts de la France ont prévalu, toute la population est invitée à se dégager des querelles purement locales et à s’unir autour du gouvernement de la France combattante pour coopérer à la libération de la Patrie. Vive le général de Gaulle, vive la France. "

Le commandement de la Gendarmerie de la Réunion (1906-1942)
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