Le commandement de la Gendarmerie de la Polynésie (1900-1944)

  • Michel GERMAIN
Cyclone en 1906

Cyclone en 1906

En janvier 1903, un cyclone fait 515 victimes, dont 377 pour le seul atoll de Hikueru (Tuamotu) où des vagues de 12 mètres déferlent sur le récif (Teissier, 1977 ; Dupon, 1987). Au lendemain du cyclone, l’atoll d’Hikueru, auparavant verdoyant et couvert de cocotiers, était en grande partie rasé. A Marokau, quatre-vingt-quinze personnes ont péri lors du cyclone. A Raroia, le gendarme MAMY réussit à maintenir l'ordre parmi les survivants affamés.

Le 9 janvier 1904, le détachement de Tahiti qui compte un officier et quarante-sept hommes de troupe est réduit à un officier et vingt-six hommes de troupe. Deux brigades à Papeete, 1 à Taravao – 2 aux Marquises.

A partir de 1905, l'effectif du détachement est progressivement réduit. Les frais d'entretien étant à la charge du budget local, le territoire ne peut plus y suffire.

En 1905, le détachement compte 20 militaires:

  • 1 lieutenant;

  • 1 maréchal des logis-chef;

  • 2 maréchaux des logis, dont un comptable;

  • 1 brigadier;

    - 15 gendarmes.

Il ne reste plus trois brigades, une à Papeete, une à Taravao et une aux Marquises.

En février 1906, l’archipel de la Société et les Tuamotu sont de nouveau frappés par un cyclone. 121 victimes sont recensées sur les atolls Paumotu. Sur l’atoll d’Anaa, des vagues de 8 mètres frappent le récif et l’élévation du niveau marin, qui atteint 2 à 3 mètres, submerge et rabote littéralement les motu : « il ne reste plus que le fond en ciment de trois citernes qui puisse faire soupçonner qu’il y avait eu autrefois quelques habitations. » L’épave du quatre-mâts anglais County of Roxburgh, demeure toujours sur le récif de Takaroa et rappelle l’épisode de 1906. À Tahiti, la surcote atteint 2,75 mètres à Papeete et la mer pénètre jusqu’à 50 mètres à l’intérieur de la ville, détruisant 327 maisons européennes soit près de la moitié de la ville. Entre Taravao et Tautira, la plage a disparu et le trait de côte a reculé de 50 mètres.

Le 5 avril 1906, l'emploi de lieutenant commandant le détachement est supprimé, le commandement est exercé par le maréchal des logis-chef. Deux ans plus tard, le commandement revient à un lieutenant, avant d'être de nouveau supprimé en 1911.

En 1914, l'escadre allemande de l'amiral von Spee se trouvait aux Carolines à la déclaration de guerre. Après être passée aux Samoa, elle faisait escale aux Établissements français de l'Océanie pour se ravitailler en vivres. Le rapport du gendarme de Bora-Bora déclare que le 21 septembre un charbonnier entrait dans la passe de Bora-Bora suivi de deux croiseurs. Après avoir fait du charbon et acheté quelques animaux de boucherie, payés comptant en or anglais, ils partirent vers 15 heures. Le lendemain, les deux croiseurs, le « Scharnhort » et le « Gneisenau », apparaissent devant Papeete. Mais le lieutenant de vaisseau DESTREMEAU faisait couler la vieille canonnière « Zélée » dans la passe, empêchant les navires d'entrer dans la rade. Ignorant les forces qu'il pouvait avoir devant lui Von Spee se contenta d'envoyer 80 coups de canon sur la ville qu'il incendia en partie. Il se dirigea vers les Marquises. Du 25 au 30, le gendarme d'Atuona rapporte qu'il vit dans la baie de Taipivai trois navires d guerres (le troisième était le « Nürnberg »), et cinq navires charbonniers. Les Allemands réquisitionnèrent du bétail qu'ils payèrent avec l'argent qu'ils avaient confisqué dans la caisse de l'Administration. Le 1er octobre, le gendarme FROMENTIN aperçut le « Gneisenau » seul. Il mit l'argent de sa caisse en lieu sûr. Après avoir confisqué la caisse de l'Administration, toujours pour payer les vivres achetés, les Allemands demandèrent au gendarme de leur donner l'argent de l'Administration qu'il détenait. A l'aide de quittances périmées, FROMENTIN réussit à leur faire croire au bout d'une heure qu'il avait tout utilisé. Il put ainsi le lendemain payer les fonctionnaires de l’île. Il fut récompensé de cet acte méritoire par une citation à l'ordre du Pacifique.

Le 8 décembre, aux îles Falkland, deux croiseurs anglais coulèrent l'escadre de l'amiral von Spee qui disparut dans les flots avec son bâtiment. La disparition de l'escadre allemande mettait un terme au rêve de conquête de Guillaume II dans le Pacifique. Les îles Samoa, la Nouvelle-Guinée allemande, les îles Carolines, les Mariannes, les îles Marshall ainsi que l'archipel Bismarck étaient investis par les Alliés dans les trois premiers mois de la guerre.

Destremau décèdera en mars 1915 lors de son retour en France.

La composition du détachement de Tahiti, déterminé par décret du 20 mai 1911, répondait à l'époque, à des nécessités locales qui se sont récemment modifiées; diverses fonctions administratives confiées aux gendarmes, en l'absence du personnel civil spécialisé, sont, notamment, désormais exercées par des commis du secrétariat général dont les cadres ont pu être complétés.

Afin de ne pas imposer aux finances des Établissements français de l'Océanie des charges que le besoin ne justifiaient plus, le gouverneur réduit l'effectif du détachement de gendarmerie.

A compter du 29 décembre 1922, l'effectif est composé de:

  • 1 chef de brigade de 3ème classe, commandant le détachement,

  • 1 chef de brigade de 4ème classe,

  • 10 gendarmes.

Le décret du 20 mars 1926 relatif à l'organisation du détachement des Établissements de l'Océanie à fixé l'effectif du détachement à 10 gendarmes, 1 maréchal des logis-chef, 1 adjudant, commandant d'unité.

Suite à l'arrêté du 29 décembre 1922 réduisant les effectifs, la brigade de Taravao et les postes de Papenoo et Papara sont supprimés.

En vue d'assurer dans de bonnes conditions la protection des établissements industriels de Makatéa et le maintien de l'ordre public parmi le personnel aisatique employé à l'exploitation des mines de phosphates, le gouverneur de l'Océanie estime le 9 février 1928, qu'il est nécessaire de renforcer de trois unités (un maréchal des logis-chef et deux gendarmes) l'effectif du détachement, afin de détacher en permanence une brigade de gendarmerie à Makatéa. Le Mdl/C COLLOMBAT en prend le commandement.

Afin de faire une économie très appréciable et sans inconvénient majeur pour la sécurité publique, l'effectif du détachement est réduit de 15 à 10 unités, par le décret du 23 mars 1934.

En septembre, le siège du détachement est transféré de Papeete à Taravao où il est installé dans le fort.

Le décret du 17 octobre 1935, à fixé l'effectif à 9 unités, soit deux maréchaux des logis-chefs à pied et sept gendarmes. Pour des raisons d'ordre budgétaire, encore une fois l'effectif est réduit est passe ainsi à 1 maréchal des logis-chef et 4 gendarmes à pied, en ce début d'année 1938. La brigade de Taiohae et le poste d'Atuona sont supprimés à la suite de la réduction des effectifs du détachement.

En 1941, trois gendarmes en retraite furent rappelés à l'activité pour remplir les fonctions judiciaires et administratives. Le détachement étant réduit à cinq unités depuis 1938. Le 19 août 1941 le gouverneur BRUNOT crée un peloton de gardes auxiliaires, au nom de « Légion Valmy », destinée à soutenir l'action gaulliste. Cette unité est placée sous le commandement de l'adjudant de gendarmerie CHAUSSIN, en remplacement du capitaine DOUCET qui devient inspecteur de la Légion Valmy.

Cette légion comprend:

  • une section d'active, dont un tiers de l'effectif est en activité;

  • une section de réserve dont le personnel est astreint à une période d'instruction et d'entrainement;

  • une section féminine, secrétaires, téléphonistes, cantinières, conductrices, infirmières et brancardières commandée par Anna LAGARDE.

    La légion accueille aussi trois britanniques et un américain.

L'uniforme reprend la couleur bleue adoptée par le « groupe mobile de défense », dont les membres reçurent comme surnom « Les Bleus ».

Art 14 – Habillement – combinaison bleu à manches longues avec ceinturon cuir mobile – bonnet de police modèle déposé – brodequins – guêtre de toile blanche ou kaki; l'insigne de la Légion est la Croix de Lorraine brodée rouge sur fond bleu portée en tous temps sur la manche gauche à 4 cm au-dessus de la couture de la manche.

Les légionnaires féminines portent:

Le bonnet de police réglementaire, une veste bleue à manches courtes à quatre poches avec boutons – une jupe-culotte bleue et des chaussures de sport.

Le colonel ORSELLI, nommé gouverneur des EFO par Thierry d'ARGENLIEU conserve cette force publique et propose de transformer la Légion Valmy en garde mobile. Le contre-amiral Thierry d'ARGENLIEU signe, le 18 novembre 1942, un décret créant officiellement une garde mobile dans les E.F.O. Les nouveaux militaires de la garde mobile prêtent serment comme les gendarmes.

Le gendarme FRADET, chef de poste de Vaitape, se voit renforcer par cinq légionnaires , au moment de l'installation de la base américaine à Bora-Bora. Le gendarme SCHENCK au poste de Makatéa reçoit le légionnaire VIGNAULT comme adjoint.

Le décret n° 45 468 du 22 mars 1945, met un terme à la légion.

Le 10 juin 1942, un poste est recréé à Atuona par le gendarme TRIFFE rappelé à l'activité au début de ce mois de juin, qu'il tiendra jusqu'au 12 août 1947, date à laquelle il sera relevé par le gendarme DAULIN.

Dès le ralliement de la colonie à la France Libre, le 2 septembre, l'enrôlement d'un corps expéditionnaire de 300 hommes est organisé. Avec les Calédoniens et les Néo-Hébridais, les soldats tahitiens forment bientôt le 1er Bataillon du Pacifique qui, aux ordres du commandant Broche, rejoint le Proche-Orient le 31 juillet 1941. Après six mois de préparation en Palestine, en Syrie et au Liban, le Bataillon est incorporé dans la 1ere Division française Libre du général Koenig et descend sur Le Caire.

Très vite, c'est le baptême du feu face aux Italiens, puis aux Allemands. En mai 1941, il est demandé à la 1ère D.F.L. de ralentir coûte que coûte l'avancée de Rommel dans la région de Bir-Hakeim. Les Français résistent bien et retardent suffisamment l'ennemi pour que la VIIIeme Armée anglaise de Montgomery, alors en déroute, puisse se reprendre et organiser la contre-offensive. Bir Hakeim est considéré par les historiens comme le tournant de la guerre du désert. Le Bataillon du Pacifique s'y est couvert de gloire, mais y a perdu de nombreux hommes, ainsi que ses deux chefs, le colonel Broche et le commandant Savey. On retrouve plus tard les Volontaires tahitiens en Tunisie, puis dans le sud de l'Italie, où ils livrent de violents combats dans les environs du Monte Cassino. Le débarquement de Provence et les violents combats qui suivent permettent à nouveau au Bataillon de s'illustrer, notamment en libérant Hyères. D'autres accrochages très meurtriers ont lieu dans le Jura, avant que les Tahitiens ne soient enfin relevés par des F.F.I., en octobre 1944, après trois années de campagne au cours desquelles 80 d'entre eux ont trouvé la mort. D'autres combattants des E.F.O. ont participé à la défense de la Métropole, sur mer (à bord du Triomphant, du Chevreuil et du Cap des Palmes) et dans les airs ; huit marins et quatre aviateurs l'ont payé de leur vie.

à suivre..........

Le croiseur-cuirassé Scharnhost

Le croiseur-cuirassé Scharnhost

APTG © 2017 - Association médaillée par l'UNPRG le 26/12/2011 -  Hébergé par Overblog