Le commandement de la Gendarmerie de Guyane (1904-1938

  • Michel GERMAIN
  • Histoire
Le commandement de la Gendarmerie de Guyane (1904-1938
Le commandement de la Gendarmerie de Guyane (1904-1938

A partir de 1904, la tenue de la gendarmerie de l'intérieur et de la gendarmerie de Corse et d'Afrique subit quelques modifications.

Circulaire portant modifications à la tenue de la Gendarmerie.

Paris, le 21 mars 1904.

En vue de mettre la tenue de la gendarmerie départementale plus en rapport avec le service habituel de cette arme et de la rendre moins dispendieuse, les mesures ci-après ont été adoptées :

 

I. — SUPPRESSION D'EFFETS

Sont supprimés dans la gendarmerie départementale :

l'habillement. — Le chapeau, la culotte blanche (officiers et troupe) ;

Harnachement. — Les chaperons, les fontes de parade (officiers et troupe);

Chaussures. — Les bottes à la Condé (officiers, y compris ceux d'Afrique et de Corse, et troupe);

Grand équipement. — La banderole de giberne.

Sont également supprimés :

Le képi rigide en usage dans la gendarmerie de Corse et d'Afrique ;

Les sous-pieds que les gradés et gendarmes portent actuellement avec le pantalon long. (Cette mesure est applicable à la garde républicaine) ;

Le tapis de grande tenue des officiers ;

Le port des gants pour les gradés et gendarmes dans la tenue de service hors la résidence. Toutefois, le port de gants fourrés est facultatif dans cette tenue en hiver.

Le décret du 11 août 1904, ramène l'effectif de la compagnie de la Guyane à 52 personnels.

La découverte de l'or dans le pays ; le rush aurifère entraîne l'implantation de compagnies qui emploient de nombreux ouvrier, et certains d'entre eux, gagnés par la fièvre de l'or, se livrent à des recherches plus ou moins illicites.

Cette situation , cause de désordres, nécessite l'intervention de la gendarmerie implante en 1906 des postes fixes sur les gisements d'or : Inini, Élysée et Dagobert.

Les militaires de ces postes situés dans des régions insalubres à l'époque et particulièrement déshéritées sont éprouvés par le climat. Au bout de quelques mois de séjour en forêt ils reviennent malades et sont, de ce fait, rapatriés en métropole. Les quatre-cinquièmes des titres de rapatriements accordés par la France sont des congés de convalescence.

C'est pourquoi, deux ans plus tard, une pénurie de personnel s'ajoutant à ses conditions de vie difficiles, les postes fixes sont complètements abandonnés.

Un rapport médical de 1910 nous apporte d'ailleurs des précisions sur l'état sanitaire du détachement à cette époque, et nous montre à quel point son personnel est éprouvé par le climat.

Malgré la suppression des postes fixes, et pendant de nombreuses années encore, les interventions de la gendarmerie vont se succéder, afin de faire assurer le respect de l'ordre, dans la zone aurifère de la région « Inini-Ouaqui » et sur les gisements Bief, Paul-Isnard, Saint-Élie et Adieu-Vat.

 

Maréchal des logis CORDIN – Saint-Laurent du Maroni.

A Saint-Laurent du Maroni, le 19 juillet 1907, le maréchal des logis CORDIN, seul à la brigade, reçoit du commissaire de police la réquisition de procéder à l'arrestation de trois forçats évadés, armés de bons fusils. Il part immédiatement avec le commissaire et deux transportés en cors de peine. Dans la soirée, on découvre les évadés qui répondent à la sommation de se rendre par des coups de feu; le maréchal des logis riposte, mais il est blessé mortellement. Son transport étant impossible à cause de son état, il meurt sur les lieux, après six heures de souffrances, à l'endroit appelé « Crique Saint-Marguerite », à ! ou 10 km de Saint-Laurent.

 

Un emploi d'adjudant est créé au détachement de la Guyane, le 13 janvier 1908.

En août 1914, les Guyanais, comme les autres ressortissants des vieilles colonies, ne sont pas concernés par la mobilisation, à l’exception de ceux qui ont leur résidence permanente en France. Le Ministère de la Guerre juge qu’il n’est pas utile de déplacer les conscrits coloniaux pour une guerre qu’il estime de courte durée et le bilan de la conscription de 1913 n’a pas été estimé suffisamment positif. Mais début 1915, la guerre s’éternise et des renforts humains sont nécessaires. On se résout donc à faire appel aux soldats coloniaux.

En Guyane, aucun homme n’a jamais été recensé militairement avant 1913. Il faut donc recenser dans l’urgence des hommes susceptibles de partir combattre. Entre février et août 1915, les classes 1915 à 1900 (sauf 1912 et 1913, déjà présentes en France) sont examinées. Dans un premier temps, les Territoriaux (classes 1899 à 1890) sont maintenus dans leurs foyers.

Le décret du 11 août 1904, fixant l'effectif du détachement de la Guyane, a été modifié par les décrets des 13 janvier 1908 et le 1er mai 1917 qui, par la création des emplois d'adjudant et de maréchal des logis-chef comptable, ont assuré un meilleur encadrement du détachement, tout en facilitant le jeu normal de l'avancement.

Le décret du 27 février 1921, prévoit un emploi de chef de brigade de 1ère ou de 2ème classe à pied. L'effectif du détachement est constitué de: 2 officiers et 50 gendarmes.

Le détachement, réorganisé par le précédent décret, a été doté d'un effectif numérique suffisant, mais l'expérience a démontré qu'une modification judicieuse dans l'aménagement de cet effectif correspondrait plus étroitement aux nécessités du service, et le gouverneur de la colonie l'a proposée.

Le 20 avril 1923, une nouvelle répartition de l'effectif, entre les différents emplois ou grades, s'impose donc.

 

Le détachement est donc ainsi répartit:

  • 3 officiers;

  • 1 chef de brigade hors classe ou de 1ère classe à pied ou à cheval, commandant de section;

  • 1 chef de brigade de 1e, 2e ou 3e classe, comptable;

  • 1 chef de brigade de 4e classe, secrétaire du commandant de détachement;

  • 1 chef de brigade de 1e ou de 2e classe à cheval;

  • 1 chef de brigade de 3e classe à cheval;

  • 3 chefs de brigade de 4e classe à cheval;

  • 19 gendarmes à cheval;

  • 1 chef de brigade de 1e ou de 2e classe à pied;

  • 1 chef de brigade de 3e classe à pied;

  • 3 chefs de brigade de 4e classe à pied;

  • 18 gendarmes à pied.

 

Le 22 janvier 1924, en raison de nombreux cas d'alastrim sévissant à l'état épidémique à la Martinique et à la Guadeloupe, la Compagnie générale transatlantique a décidé d'exiger à l'avenir de tous les passagers, embarquant à destination des Antilles et de la Guyane, un certificat de vaccination antivariolique ayant moins de six mois de date. Les passagers qui n'auront pu présenter ce certificat seront vaccinée d'office en cours de route par le médecin du bord.

L'effectif du détachement tel qu'il a été fixé, impose au budget de cette colonie des charges qu'il n'est plus en mesure de supporter.

 

Le gouverneur de la Guyane a été, en conséquence, amené à envisager la diminution de l'effectif de ce détachement, en tenant compte, toutefois, des nécessités imposées par le maintien de l'ordre public.

L'effectif passe donc le 14 septembre, à 1 officier et 30 gendarmes, dont 8 à cheval et 22 à pied.

A partir de 1925, les bat-flancs, les fers et les cachots sont supprimés. Les condamnés ont droit au hamac.

 

En ramenant de 52 à 31 unités l'effectif du détachement de la Guyane, la colonie a permis de réaliser une économie appréciable. Le gouverneur estime qu'une nouvelle réduction peut être envisagée tout en tenant compte des nécessités imposées par la maintien de l'ordre public. L'effectif passe donc de 31 à 26 personnes, 1 lieutenant et vingt-cinq gradés et gendarmes en septembre 1925.

Deux ans plus tard, le Président DOUMERGUE estime que l'effectif est trop faible: à la tâche ordinaire qui lui revient d'assurer le service d'ordre et le maintien de la sécurité publique dans la colonie s'ajoute, en effet, la collaboration qu'il doit apporter au corps des surveillants militaires dans l'étroite surveillance de l'élément pénal qui ne peut être entièrement exercée par ce corps devenu numériquement insuffisant. Le gouverneur de la Guyane fait augmenter l'effectif de quinze unités et porté, de la sorte, à un officier et trente-neuf hommes de troupe.

L'effectif du détachement, qui était de 40 unités, a été porté à 73 unités par décret en date du 29 septembre 1928.

 

Cette augmentation avait été rendue nécessaire par les troubles survenus à Cayenne en août de la même année; mais depuis lors le calme a été complet et il est certain que la situation actuelle ne justifie plus un effectif de gendarmerie aussi élevé, auquel d'ailleurs les moyens financiers de la colonie ne permettent pas de faire face. Le 24 avril 1930, l'effectif est ramené à 64 unités, à savoir:

  • 1 officier subalterne, commandant le détachement;

  • 1 adjudant-chef ou adjudant à pied suppléant;

  • 1 adjudant ou maréchal de logis chef comptable;

  • 1 maréchal des logis chef secrétaire;

  • 2 adjudants à pied;

  • 11 maréchaux des logis chefs à pied;

  • 47 gendarmes à pied.

 

L'occupation de l'intérieur de la colonie dont le gouvernement de l'Inini prend la charge va comporter l'emploi de six gradés et gendarmes supplémentaires. Ces militaires de la gendarmerie seront détachés de l'effectif en service dans la Guyane, mais, afin que le prélèvement puisse être effectué sans inconvénient pour le service, le gouverneur de la Guyane française a demandé que l'effectif du détachement soit augmenté de six unités.

Un décret du 26 juin 1931 a porté l'effectif du détachement à un officier et soixante-neuf gradés et gendarmes, dont 4 gradés et gendarmes détachés hors cadres.

Les nécessités budgétaires ne permettent pas à la colonie de faire face aux frais qu'entraine un détachement de cette imprtance. Le calme qui règne dans la colonie suffirait d'ailleurs pour justifier la réduction de l'effectif. Il parait possible de maintenir l'ordre et d'assurer la sécurité publique avec 36 unités, 12 unités étant d'autre part détachées en Inini, territoire qui, par sa situation et en raison des difficultés des communications, nécessite un léger renforcement de l'effectif. En conséquence le détachement est ramené à 1 officier et 47 gradés et gendarmes.

Un adjudant à pied, trois maréchaux des logis-chefs, huit gendarmes à pied, prélevés sur cet effectif, sont détachés hors cadres pour servir dans le territoire de l'Inini.

Après avoir réduit l'effectif en 1933, quatre gendarmes supplémentaires sont envoyés par décret du 29 mars 1935 pour assurer la bonne administration de la police sur l'ensemble du territoire. Et l'effectif repasse, à un officier et 43 militaires en ce début d'année 1936.

 

Le détachement de la Guyane se compose ainsi:

Section de Cayenne:

  • 4 brigades à pied à Cayenne;

  • Brigade à pied: - Kourou – Touate – Summary – Iracoubo – Mana – Saint-Laurent du Maroni.

  • Poste à pied: -Pointe-Macouria – Saint-Georges de l'Oyapock – Régina.

  • Poste provisoire: - Placer saint-Élie – La Forestière – Crique Tranquille (fournis par la compagnie).

17 juin 1938 Décret loi portant suppression de la transportation en Guyane.

22 novembre 1938 Dernier convoi de transportés à destination de la Guyane. (666 relégués)

Le commandement de la Gendarmerie de Guyane (1904-1938
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