Vous êtes plutôt MOUSTACHE ou BARBE

  • Michel GERMAIN
  • Histoire
Vous êtes plutôt MOUSTACHE ou BARBE

"Pendant très longtemps, le port de la moustache en gendarmerie relevait d'une décision étatique. Attribut ou encore signe distinctif, cette particularité est aujourd'hui encore présente dans l'imagerie populaire, le gendarme étant souvent moustachu.
La moustache devient un attribut des gendarmes au XIXème siècle, au point que la population pour prévenir l'arrivée de la force publique s'exclamait : « attention les moustaches !
».

BARBE : Définition du dictionnaire des connaissances générales utiles à la gendarmerie 1890 -
Ensemble des poils qui poussent sur le visage de l’homme ; - Les cheveux des officiers, des sous-officiers, des brigadiers et des gendarmes sont coupés court surtout par derrière, ils ne forment jamais de touffes ni de boucles. Tous les militaires peuvent porter à leur gré, les moustaches et la mouche, ou la barbe entière, celle-ci assez courte pour ne pas masquer les grenades du collet. - Le port des favoris seuls est interdit. (Règlement du 10 juillet 1889, art 197).

MOUSTACHE :
Partie de la barbe qui pousse au-dessus de la lèvre supérieure. Les gendarmes ont la faculté de porter, à leur gré ; la moustache et la mouche, ou la barbe entière, celle-ci assez courte pour ne pas masquer les grenades du collet. - Le port des favoris seuls est interdit. (Règlement du 10 juillet 1889, art 197).

En 1832, le Ministre secrétaire d’État à la Guerre a décidé que les troupes de toutes armes, sans nulle exception, porteront désormais la moustache.
DM du 20 mars 1832 - Direction de l’Infanterie et de la Cavalerie - (Journal militaire de 1832 - p182).

Quatre ans plus tard, pour lever toute incertitude à l’égard du port de la moustache, le 3 juin 1836, le ministre de la Guerre a décidé que les moustaches doivent être coupées uniformément au niveau de la lèvre supérieure, s’étendre sans discontinuité sur toute la longueur de la lèvre, et s’arrêter toutefois aux coins de la bouche. Les généraux et les chefs de corps tiendront strictement la main à l’exécution de cette décision.

Le 22 août de la même année, le ministre de la Guerre vient de décider qu’à partir du 1er septembre 1836, que les généraux employés, les officiers supérieurs de toutes armes, les officiers, sous-officiers et soldats des compagnies de grenadiers ou de carabiniers et de voltigeurs porteraient, avec la moustache cette partie de la barbe qui croit sous la lèvre supérieure seulement, et appelée mouche ou royale.
Le ministre a aussi décidé que le moustache continuera d’être portée par tous les militaires, à l’exception des officiers, sous-officiers et soldat de le gendarmerie, des officiers, de l’intendance militaire, des officiers de santé, des officiers et employés des diverses administration - (Journal militaire de 1836 - p112)

La circulaire du 28 janvier 1841, autorise les militaires de tout grades du corps de la gendarmerie à porter la moustache. La moustache doit être coupée uniformément au niveau de la lèvre supérieure, s’étendre sans discontinuité sur toute la longueur de la lèvre et s’arrêter toujours aux coins de la bouche.
Le port de la mouche ou royale est interdit.


Art 144, 145, 146 et 147 de l’instruction de 21 août 1846 (Mémorial V3 - p 458)
Les cheveux sont coupés courts, de manière qu’ils aient au plus 25mm sur le derrière de la tête, et 50 sur le dessus et le devant.
Les favoris sont également tenus courts, et ne dépassent pas le bas de l’oreille de plus de 10mm.
La gendarmerie porte la moustache, elle couvre la lèvre supérieure, et est coupée en brosse à la commissure des lèvres.

Il faudra attendre le 27 octobre 1848, pour que la mouche devienne obligatoire. (Mémorial 1848 - V4 - p145).

1858 - Art. 191 du règlement du 9 avril 1858. Les cheveux doivent être coupés court, surtout par derrière ; ils ne forment jamais de touffes ni boucles sur les tempes.
Les moustaches doivent s’étendre sur toute la longueur de la lèvre supérieure.
La largeur de la mouche ne doit pas dépasser 4cm et sa longueur 6.
Les favoris ne dépassent pas le bas de l’oreille de plus de 10 mm et ne se joignent pas aux moustaches qui ne doivent être ni cirées ni graissées.

Une circulaire ministérielle du 9 juillet 1871 (Mémorial - V8 - p208) rappelle les instructions en vigueur concernant le port des moustaches et de la mouche. Les militaires de l'armée d'Afrique sont autorisés à porter la barbe.

1877 - Le port de la moustache et de la mouche peut être interdit en campagne (Mémorial 1877- V9 - p 493)
Circulaire du Ministre de la Guerre en date du 8 juin 1877.
« Mon cher général,
J'ai arrêté les dispositions suivantes, dans le but de fixer une règle uniforme, relativement au port de la moustache, de la mouche et de la barbe dans l'armée.
En temps de paix, on continuera à porter, dans les divers corps de l'armée, la moustache et la mouche ou la barbe, suivant les règlements en vigueur, savoir :
Ordonnance royale du 2 novembre 1833 (art 245, infanterie ; 308, cavalerie) ; décisions ministérielles des 7 février 1834, 22 août 1836, 22 janvier 1844, 23 juillet 1856, 278 janvier 1868 ; règlement des 9 avril 1858 et 26 novembre 1872 (art 191).
Toutefois, le port de la barbe entière reste facultatif pour les militaires des corps employés en Algérie (décision ministérielle du 9 juillet 1871), et dans les conditions établies par la circulaire ministérielle du 5 mars 1852 (cabinet du ministre).
a) En temps de paix, on continuera à porter la moustache et la mouche ou la barbe.
b) En campagne, mêmes dispositions, les généraux restant juges d’apprécier les circonstances dans lesquelles il peut y avoir lieu d’autoriser le port de la barbe toute entière.
Les officiers et les hommes de la réserve appelés à prendre part à des exercices et manœuvres devront, comme tous les autres militaires, avoir la barbe et les cheveux coupés à l'ordonnance (art.245 ; infanterie ; 308, cavalerie. Ordonn
ance du 2 novembre 1833.


Pour le port de la barbe, nous lisons ceci dans le progrès militaire :
« on a beau faire et beau dire, règlementer et morigéner, la mode reste souveraine d’autant mieux obéie qu’elle est plus capricieuse ».


Rapport fait au ministre de la Guerre, le 18 avril 1877, au sujet du port de la moustache et de la mouche dans l’armée.
« Le port de la barbe, de la moustache et de la mouche, dans l'armée, a été l'objet d'un grand nombre de décisions souvent contradictoires.
Aux termes de celles de ces décisions qui doivent être considérées comme étant actuellement en vigueur,
La barbe longue, avec la moustache, ne peut être portée que par les sapeurs d'infanterie la moustache doit être portée par tout ce qui appartient à ['armée, a l'exception des fusiliers et pionniers de discipline, et des personnels de l'Intendance, du service de santé et des services administratifs ;
Enfin la mouche ne doit être portée que par les officiers généraux employés, les officiers supérieurs et adjudants-majors de toutes armes, les militaires de la gendarmerie et les militaires de tous grades des compagnies de grenadiers, carabiniers et voltigeurs.
Mais il s'en faut de beaucoup que ces règles soient observées exactement Ainsi il existe, relativement au port de la barbe, une très grande tolérance dans certains corps, notamment dans les régiments de zouaves, dans les bataillons de chasseurs à pied et généralement dans les troupes plus particulièrement employées en Algérie.
Les fonctionnaires de l'intendance, les officiers de santé, les agents et employés des services administratifs sinon tous, au moins presque tous, non seulement la tache, mais la mouche.
Enfin la mouche est portée sans distinction de grade ni de classe, dans le corps d'État-major; dans tous les corps de la cavalerie, de l'artillerie, du génie et des équipages militaires, même par des infirmiers et des ouvriers d'administration. En définitive la règle n'est plus guère observée aujourd'hui et que dans les régiments d'infanterie de ligne, où la mouche n'est portée que par les officiers supérieurs, les adjudants- majors et les militaires de tous grades des Compagnies d'élite.
L'état de choses sur lequel on a cru devoir appeler l'attention du ministre est certainement regrettable, car il toujours fâcheux et surtout dans les questions militaires, les règlements ne soient pas observés exactement par tous. Mais dans la situation actuelle, on ne doit pas se dissimuler qu'en rappelant à l'observation de la règle tous ceux qui s'en sont écartés, on froisserait bien des susceptibilités, blesserait bien des amours-propres.
Faut-il, pour obtenir un résultat en définitive assez peu important, en admettant même, ce qui est tout au moins assez douteux, qu'il soit complet et surtout durable, s'exposer à faire tant de mécontents ?
La 1re Direction ne le pense pas et elle n'hésite pas à proposer au ministre, comme le seul moyen pratique pour faire disparaître, sans indisposer personne, les choquantes irrégularités qui existent actuellement, de décider
Que tous les militaires, à l'exception des fusiliers et pionniers de discipline, porteront à l'avenir, indistinctement, la moustache et la mouche ».
Cette décision sera insérée au journal militaire pour notification (1).
Le chef de bureau : M. PORCHER.
Vu le général aide de camp de l'Empereur,
Directeur : CASTELNAU

Regardons un autre article paru en 1885 dans un numéro du «Moniteur de la gendarmerie », concernant la fameuse « mouche ».
« J’avais toujours pensé que les emblèmes séditieux étaient des figures symboliques, sinon susceptibles de provoquer à la révolte contre le gouvernement établi, du moins capables de porter quelque ombrage aux pouvoirs publics. La correspondance de la semaine m'en signale un que je ne connaissais pas, qui n'a pas du tout le caractère que je supposais indispensable pour être rangé dans cette catégorie, et que je ne vous indiquerai qu'à titre de plaisante drôlerie.
Certes, il n'y a pas là de quoi mourir de rire, mais on peut en rire plus qu'aux larmes, jusqu'à mouiller quelque peu son linge de dessous.
Ne voilà-t-il pas les paisibles populations d'une contrée d'ordinaire fort calme qui s'obstinent à voir, m'assure-t-on, dans la mouche que portent les gendarmes, un signe d'hostilité contre la République! Serait-ce parce que ce bouquet de poils, dans d'autres temps, a porté les noms d'impériale et de royale? Je ne sais, en tous cas, ce serait bien puéril de la part de campagnards habitués à ne s'attarder qu'à des affaires autrement importantes.
Quoi qu'il en soit, la mouche est un appendice conforme, pour la gendarmerie, au troisième paragraphe de l'article 191 du règlement du 9 avril 1858, obligatoire, pour la cavalerie et l'infanterie, suivant les articles 272 et 280 du décret du 28 décembre 1883, par lequel le port des favoris est interdit.
Il n'y a donc qu'à se soumettre, qui qu'en grogna, jusqu'à ce que l'ordonnance soit modifiée, ce qui, d'ailleurs, arrivera peut-être prochainement. Le bruit court effectivement que le Ministre de la guerre se propose d'autoriser le port de la barbe complète dans l'armée. On affirme que, par une circulaire qu'il vient d'adresser aux commandants de corps d'année, le général Campenon demande à ce sujet, pour le 1er novembre, l'avis de tous les généraux et chefs de service. C'est une mesure que la France Militaire réclame depuis plusieu
rs années. »


à suivre........

Vous êtes plutôt MOUSTACHE ou BARBE

leaute 13/05/2017 21:37

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