Le commandement de la Gendarmerie de Martinique (1900-1927)

  • Michel GERMAIN
  • Histoire
Le commandement de la Gendarmerie de Martinique (1900-1927)
Le commandement de la Gendarmerie de Martinique (1900-1927)

La loi du 13 avril 1900, article 33 met à la charge du budget de la Colonie, toutes les dépenses de gendarmerie.

Par décret du 30 mai 1900, l'effectif de la gendarmerie de Martinique est augmenté de 6 brigades à cheval.
L'effectif de la compagnie est donc porté à :
- 5 officiers (1 chef d'escadron, 1 capitaine, 2 lieutenants ou sous-lieutenants, 1 lieutenant- trésorier ou sous-lieutenant-trésorier) ;
- 115 sous-officiers et gendarmes à cheval ;
- 19 sous-officiers et gendarmes à pied.

 

Pour mémoire, la Martinique compte 130 000 nègres, 65 000 mulâtres, 15 000 créoles.

 

1902 – La Soufrière de la Montagne Pelée que les Martiniquais disaient éteinte depuis 1851, donna des signes d'une nouvelle activité dans la première quinzaine du mois d'avril 1902 - A partir du 20 avril, les panaches de fumée qui sortaient de la Soufrière devinrent plus intense. Dans la nuit du 2 au 3 mai, la Soufrière gronda et lança des cendres qui couvrirent la ville de Saint-Pierre et ses environs. Le 5 mai, à une heure de l'après-midi, une avalanche d'eau bourbeuse descendit le cours de la Rivière Blanche, renversant tout sur son passage, engloutissant l'Usine GUERIN et ensevelissant une trentaine de personnes.

 

Les brigades de Saint-Pierre assurèrent le service d'ordre afin de contenir l'affluence de curieux et pour éviter qu'il y eut de nouvelles victimes.
Le 8 mai, à 7 heures 50 du matin, le cratère s'ouvrit sous la poussée des gaz, une trombe volcanique s'abattit sur Saint-Pierre ; la ville fut détruite entièrement et ses 30 000 habitants y trouvèrent la mort.
La gendarmerie de la Martinique paya un large tribut au volcan ; des quatre brigades de Saint-Pierre, seuls LANFRANCHI, maréchal des logis à pied et DONATI gendarme à pied, venus en conduite de prisonniers à Fort-de-France, échappèrent au désastre.
Les victimes de ce cataclysme sans précédent, furent :
M.M MAIRE, lieutenant commandant l'Arrondissement de Saint-Pierre, GRIMALDI, brigadier à cheval, MOURIE, brigadier à pied, MENGEL, PALETTE, RICHARD, PENE, LE PONT, GAGNERE, ACHARD, gendarmes à cheval ;
CHAUMONT, GUIMON, JUGUET, MARTIN, PURSON, PESSEL et VALADE, gendarmes à pied.
Ces victimes font l'objet d'une mention au Livre d'Or – Volume 1791-1912 - page 291.

 

La brigade de Morne-Rouge avait été retirée après la catastrophe de Saint-Pierre, sa réintégration fut ensuite motivée par la vie et la confiance qui n'avaient pas cessé de régner dans ce bourg.

Le 30 août, vers 9heures du soir, le bourg du Morne-Rouge fut détruit également par une trombe volcanique. Celle-ci fit éprouver à la Compagnie de gendarmerie de la Martinique une nouvelle perte.
MELLOT, brigadier à cheval, ANDRÉ, BORDENAVE-GASSEDAT, BROVIN et LONCHAMP, gendarmes à cheval.

 

Les pertes dues au volcan sont :
- 1 officier – 3 brigadiers – 18 gendarmes.

 

Les circonstances difficiles qui succédèrent à la catastrophe de Saint-Pierre, mirent la gendarmerie au devoir et à l'honneur du danger.
Tous les services demandés à la gendarmerie furent accomplis avec audace, zèle, dévouement et sous l'activité même du volcan.

 

Ces services sont :
Reconnaissance et surveillance aux ruines, incinération des cadavres, poursuite et arrestations nombreuses de pillards, reprise de sommes d'argent importantes et d'objets de valeur, opérations de sauvetage, de ravitaillement par terre et par mer, maintien de l'ordre pendant les paniques et pendant les distributions de vivres aux sinistrés.

Jusqu'à la fin de l'année, tout le personnel de la compagnie a continué à assurer avec le même dévouement, l'installation des sinistrés le maintien de l'ordre, prêtant ainsi à l'Administration une aide efficace dans le relèvement économique de la Martinique.

A la suite des services rendus par la gendarmerie, furent décernés :
- 4 médailles d'Or de 1ère classe ;
- 1médaille d'Or de 2ème classe ;
- 5 médailles d'Argent de 1ère classe ;
- 11 médailles d'Argent de 2ème classe ;
- 28 médailles de Bronze.

 

Le 5 décembre 1902, un poste de gendarmerie est créé à la maison forestière de « Deux Choux », à l'effectif de 3 puis de 5, pour réprimer les actes de piraterie commis journellement par des bandes nombreuses.

Le 21 décembre, les gendarmes MOLLIEN et MARTIN sont cités à l'Ordre de la Compagnie pour avoir fait preuve de courage et d'énergie dans la poursuite de 7 voleurs armés, surpris dans les ruines de Saint-Pierre.

Le brigadier SAVONNET, les gendarmes PIVET et GLAIRAC font l'objet d'une mention au Livre d'Or.
Le brigadier SAVONNET et le gendarme PIVET succombent aux fatigues endurées dans le service.
Le gendarme GLAIRAC désarçonné, est jeté par un pillard dans les cendres chaudes. Son état exige son rapatriement et sa réforme.

 

Livre d'Or de la Gendarmerie – 1791-1912 - page 291.
M. MAIRE, Lieutenant, commandant l'arrondissement;
Brigadiers: GRIMALDI, MOURIÉ.
Gendarmes: MENGEL – PALETTE – RICHARD – PÈNE – LE PONT – GAGNÈRE – ACHARD – CHAUMONT – CUIMON – JUGUET – MARTIN – PURSON – PESSEL – VALADE.
A Saint-Pierre, le 5 mai 1902, le Mont Pelé est en éruption. Une trombe de boue s'abat sur la région, renverse l'usine Guérin et ensevelit une trentaine de personnes.
Le volcan gronde, la pluie de cendres est continuelle, les secousses sismiques sont fréquentes. La population est affolée. La gendarmerie de Saint-Pierre reste à son poste, organise les secours et le service d'ordre avec intelligence, activité et dévouement.
L'officier commandant l'arrondissement, les trois brigades et leurs familles succombent trois jours plus tard ensevelis sous les cendres (Éruption du 8 mai).

 

Brigadier: SAVONNET.
Gendarmes: PIVET – GLAIRACQ.

 

Après l'éruption du 8 mai, une terreur folle s'empare de la population de l'île; les pillards s'abattent sur le cité détruite où trente mille cadavres sont sans sépulture.
La gendarmerie se multiplie, se dévoue, organise le sauvetage et l'évacuation des blessés. La police dans les camps des sinistrés, la distribution des vivres et des secours; le brigadier SAVONNET et le gendarme PIVET succombent aux fatigues endurées dans ce service.
Des postes de surveillance sont créés sur les confins de la zone sinistrée et pendant plusieurs mois, sous la menace continuelle du volcan, les gendarmes parcourent à cheval les ruines fumantes, font incinérer les cadavres, luttent contre les pillards et en arrêtent un grand nombre. Au cours de ces tournées, le gendarme GLAIRAC est désarçonné, jeté dans les cendres chaudes; il est horriblement brûlé. Son état exige un rapatriement et sa réforme.

 

Brigadier: MELLOT.
Gendarmes: ANDRÉ – BORDENAVE-GASSEDAT – DOVIN – LONGCHAMP.
Les phénomènes volcaniques n'ont pas cessé, l'atmosphère est souvent irrespirable et quelquefois, les postes provisoires doivent se retirer dans la zone protégée pour y passer la nuit. Cependant, le soir du 30 août, le poste du Morne rouge est surpris par une éruption et on retrouve les cadavres du brigadier MELLOT et de ses quatre gendarmes à côtés de ceux de leurs chevaux sellés et bridés.

Le 1er avril 1920, un poste fixe est créé aux Trois-Ilets, avec deux gendarmes à cheval.

Le 18 juin, le poste provisoire du Robert est supprimé.

Le 4 octobre, un poste fixe est créé à Saint-Pierre à l'effectif de deux gendarmes à cheval.
Le 24 octobre, le gendarme DURAND, de la brigade du Lamentin se noie au passage d'un gué, à « Jonction », brigade du Lamentin.

Le 23 décembre, un poste provisoire est recréé au Robert avec le même effectif.
Le chef de brigade de 4ème classe LEPROVOST et le gendarme BORD de la brigade du Gros-Morne, sont félicités pour leurs initiatives et leur courage, en combattant, le 14 avril 1921, un grave incendie menaçant de s'étendre à tout le bourg.
Le commandant de brigade de 4ème classe MATTEÏ arrête un malfaiteur armé, le 15 octobre 1921.

 

Le 2 octobre, au Vauclin, à l'occasion d'élections municipales tumultueuses, des coups de feu sont tirés sur la foule. Sept chefs de brigade ou gendarmes sont blessés par des jets de pierres ou de tessons de bouteilles.


Les gendarmes PENON et GACHET sont blessés, le 28 août 1922, en s'interposant entre deux groupes d'adversaires politique. L'effectif est de 2 officiers et 108 hommes. Il y a 21 brigades.


Le 31 janvier 1923, un poste fixe est créé au Carbet, à l'effectif de deux gendarmes à cheval.

Février 1923, assassinat de Monsieur CASSIUS de LINVAL, au cours d'une réunion électorale, au Morne Pitault ». La brigade du Lamentin arrête le meurtrier.
Le lieutenant ORLIANGE, commandant la Section de Fort-de-France, est félicité pour son attitude au cours de la période électorale et grève agricoles au cours desquelles un directeur d'usine a été tué.

 

Le 15 mars, le capitaine commandant le Détachement et deux gendarmes sont blessés par des énergumènes voulant s'opposer à une arrestation.

Le 8 septembre, le gendarme SEVREAC est blessé d'une balle de revolver au ventre, en participant à une arrestation difficile.
Le 12 octobre, le gendarme MEGEVAND est blessé de deux coups de tranchet en procédant à une arrestation. Malgré sa blessure, a réussi à maintenir le forcené.

 

La durée du séjour est fixée à cinq ans.

Le décret du 10 janvier 1924 réorganise le Détachement :
La Section de Trinité est confiée à un lieutenant.
Rapport :

« …...il avait paru suffisant de confier le commandement de la Section de Trinité à un chef de brigade.
Or, la circonscription de Trinité étant actuellement le siège d'importantes exploitations sucrières et de nombreuses distilleries, les grèves agricoles et industrielles y deviennent de plus en plus fréquentes et peuvent prendre rapidement un caractère dangereux pour l'ordre public………………………
Un lieutenant remplace un chef de brigade de 2ème cla
sse ».

 

L'effectif est de 3 officiers, 99 hommes, soit 102 personnels.

Les 11 et 12 mai 1924, élections houleuses à Basse-Pointe. Le président du bureau de vote refuse de remettre l'urne aux gendarmes opérant sur réquisition du Procureur de la République.

Le 16 février 1925, de graves incendies éclatent simultanément au Lamentin et à Saint-Joseph.

Plusieurs militaires de la gendarmerie reçoivent des témoignages officiels de satisfaction du Gouverneur.

Le 23 mai 1925, la veille des élections municipales dans la commune d'Ajoupa-Bouillon, les deux gendarmes MAZUE et DISTEL de service à la mairie, sont attaqués par une bande d'environ 200 individus (hommes et femmes), à la tête desquels se trouvait LAGROSILLIERE, ancien Député. Des coups de revolver et des projectiles de toutes sortes sont lancés sur eux et sur la mairie. La situation devenant critique, les gendarmes font usage de leurs armes. Une femme est grièvement blessée. Grâce à cette attitude énergique, les assaillants prennent la fuite.
Des récompenses (Médaille de bronze) sont demandées pour les gendarmes MAZUE et DISTEL.

 

Le 24 mai 1925, le jour des élections municipales à Ducos, vers 14 heures, un coup de revolver est tiré sur la mairie par DES ÉTAGES, Conseiller général. Le gendarme ROUQUETTE se précipite sur lui pour l'arrêter, au moment où il allait l'appréhender, DES ÉTAGES se retourne, braque le canon de son revolver dans la direction du gendarme qui, devant cette menace, fait feu sur lui.

DES ÉTAGES et ZIHINE (Conseiller Général qui se trouvait derrière ce dernier) tombent, tués sur le coup.

 

Le même jour, au Diamant, à 18 heures, les opérations de scrutin terminées, le Président du bureau de vote remet l'urne scellée à la gendarmerie pour être transportée au contentieux. La foule houleuse accompagne les gendarmes d'escorte en les menaçant. Au moment précis où ceux-ci arrivaient à la gendarmerie, des pierres, conques de lambis, bouteilles de sable, sont lancées sur la gendarmerie. Le chef de brigade NOUVEL, commandant le Détachement, atteint d'une pierre au front tombe et perd connaissance. Les gendarmes et les soldats font feu sur les assaillants (huit morts et une quinzaine de blessés).
Parmi les victimes se trouve le lieutenant-colonel en retraite de COPPENS, tué d’un coup de fusil de chasse tiré par les assaillants.

 

Dans la nuit du 6 au 7 juin, un incendie détruit toutes les maisons situées entre les rues GALLIENI et SCHOELCHER à Fort-de-France. 48 immeubles sont la proie des flammes. Le personnel des brigades de Fort-de-France se rend sur les lieux et contribue à combattre ce sinistre qui menaçait de détruire la ville.

 

Le 21 août, le Gouverneur RICHARD était grièvement blessé par le fils de DES ÉTAGES, Maurice, alors qu’il se trouvait dans la salon du paquebot » PELLERIN DE LATOUCHE », qui le ramenait en France. Le Gouverneur richard mourut en métropole des suites de sa blessure.

Le décret du 14 juin 1926, réorganise le Détachement de la Martinique qui passe à 3 officiers, 97 pour la Troupe à cheval et 12 pour la Troupe à pied.
L’effectif est augmenté de 10, pour le motif suivant :

« Effectif débordé lorsqu’à ces obligations vient s’ajouter la tâche particulièrement pénible et délicate du maintien de l’ordre public, quand ce dernier est menacé à l’occasion de grèves ou d’élections ».

 

1927 - Le séjour en Martinique est ramené à 3ans, en raison d’une crise de recrutement et des services pénibles que les militaires de la gendarmerie accomplissent.

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