Le commandement de la Gendarmerie de la Guadeloupe (1904-1960)

  • Michel GERMAIN
  • Histoire
Le commandement de la Gendarmerie de la Guadeloupe (1904-1960)
Le commandement de la Gendarmerie de la Guadeloupe (1904-1960)

Le 20 janvier 1904, l'effectif de la compagnie est réduit à 153 hommes: 4 officiers, 129 gradés et gendarmes à cheval et 20 gradés et gendarmes à pied.
Le chapeau de gendarme, la culotte blanche, les chaperons, les fontes de parade, les bottes à la Condé, la banderole de giberne sont supprimés du paquetage du gendarme départemental. L'image du pandore change.

Le 8 mai 1906, quatre nouvelles brigades sont créées dans la Compagnie de la Guadeloupe. L'effectif de l'Arme à cheval passe de 129 à 107 hommes et celui de l'Arme à pied est augmenté de 11 hommes.

Le décret du 7 février 1910, modifie l'organisation et l'effectif de la Compagnie.
Les arrondissements de la Basse-Terre et de Pointe-à-Pitre seront commandés le premier par un capitaine et le second par un lieutenant ou sous-lieutenant.
L'arrondissement de la Basse-Terre:
Basse-terre – Trois-Rivières – Capesterre – Vieux-Habitants – Bouillante – Pointe-Noire – Saint-Claude – Grand-Bourg – Saint-Martin – Saint-Barthélemy et Les Saintes.
L'arrondissement de Pointe-à-Pitre comprend les localités suivantes:
Pointe-à-Pitre – Petit-Bourg – Lamentin – Sainte-Rose – Morne-à -l'Eau – Petit-Canal – Port-Louis – le Moule – Sainte-Anne et Saint-François.
L'effectif de la compagnie passe à 4 officiers, 104 hommes à cheval et 34 hommes à pied.

Le 23 novembre 1913, l'affectation des officiers de gendarmerie à la Compagnie de la Guadeloupe à la tête des arrondissements de cette colonie, fixée par le décret du 7 février 1910, ne répond plus à l'importance de ces commandements.
En particulier, l'arrondissement de Pointe-à-Pitre, qui comprend la plupart des centres industriels de la colonie, est commandé par un lieutenant, alors que basse-terre, dont l'importance est moindre, est commandé par un capitaine.
En conséquence et dans le but de remédier à cet état de choses, les arrondissements de Pointe-à-Pitre et de Basse-Terre seront commandés, le premier par un capitaine et le second par un lieutenant.

Les crédits ouverts à la colonie de la Guadeloupe pour l'entretien des troupes de la gendarmerie, crédits qui atteignent le maximum fixé par le Conseil d'État pour cette nature de dépenses, ne permettent pas, en conservant dans cette colonie l'effectif fixé par le décret du 7 février 1910, d'attribuer de nouvelles sommes aux militaires de l'Arme.
En vue de permettre l'application à ce personnel des nouveaux tarifs de soldes, il a paru nécessaire de réduire l'effectif de la compagnie de gendarmerie de la Guadeloupe et, en raison de cette réduction, de transformer cette compagnie en Détachement.

A compter du 19 février 1915, la Compagnie de la Guadeloupe prend l'appellation de Détachement de gendarmerie de la Guadeloupe, à l'effectif de 115 hommes.
Ce Détachement est composé de la manière suivante:
1 capitaine, commandant le détachement;
1 lieutenant ou sous-lieutenant d'arrondissement;

TROUPES À CHEVAL:
1 adjudant,
1 maréchal des logis chefs,
5 maréchaux des logis,
10 brigadiers,
68 gendarmes.

TROUPES À PIED:
1 sous-officier comptable (maréchal des logis, maréchal des logis-chef ou adjudant),
2 maréchaux des logis,
3 brigadiers,
21 gendarmes.


1916 – SIBIRIL, gendarme au Détachement de la Guadeloupe;
Excellent serviteur qui a donné, en toute circonstances, les preuves d'un dévouement absolu. Blessé, le 23 août 1916, au cours d'une ronde qu'il exécutait pendant un bombardement violent.
Décoré de la médaille militaire. Ordre du général commandant en chef du 2 septembre
1916.


Le décret du 19 février a fixé l'effectif du détachement en service à la Guadeloupe à 115 officiers, gradés et gendarmes, effectif que le gouverneur de la Guadeloupe propose de porter à 125 unités, le 7 décembre 1926.
Le jeu des congés, des indisponibilités, des rapatriements anticipés pour raisons de santé crée, en effet, dans le détachement, un déficit qui le prive, de manière permanente, d'un cinquième environ de son personnel.
Pareil affaiblissement, qui se traduit, tout d'abord, par une gêne constante dans la marche du service normal, est, d'autre part, de nature à entraver, en périodes troublées, l'exercice de la police.
Réduit à ses forces présentes, le détachement arrive, en effet, malaisément à assurer le maintien de l'ordre public, quand ce dernier est menacé, à l'époque de la saison sucrière, par des grèves ou à l'occasion des consultations électorales, par des manifestations.
Des évènements récents viennent de prouver que cette situation demandait un remède immédiat; ils justifient donc la proposition que vient de formuler le gouverneur de la Guadeloupe de porter le détachement de gendarmerie, par un renfort de 10 unités, à 125 officiers, gradés et gendarmes.
La réorganisation envisagée permet, en outre, de mettre en harmonie les termes du décret précité avec ceux du décret du 25 août 1925 simplifiant la hiérarchie des militaires de la gendarmerie.

Le 12 Septembre 1928, un cyclone mémorable et meurtrier dévasta la région de Pointe-à-Pitre et fit environ 1200 victimes.

La gendarmerie de la Guadeloupe, sous les ordres du capitaine PELLÉ et du lieutenant CASTEX, s'est distinguée au cours du cyclone du 12 septembre 1928 qui dévasta brusquement la colonie.
En pleine tempête, sous une pluie de matériaux de toutes sortes provenant des habitations, plantations, terres, pierres, emportés par le vent, la gendarmerie assura le déblaiement des routes et des bourgs, réprimant le pillage et faisant rechercher et inhumer les nombreux cadavres rejetés par la mer, prenant les initiatives nécessaires pour assurer l'alimentation des populations. Elle sauva de nombreuses vies humaines (personnes en danger de mort sous les décombres de leurs maisons), et) dans une mer démontée, la brigade des Saintes, sauva l'équipage du voilier « SURCOUF » jeté à la côte.
La gendarmerie mérita ainsi des éloges des autorités locales et la reconnaissance de la population.
Livre d'Or de la gendarmeri
e – 1930.


1930 - Cet effectif théorique, qui, à première vue, paraît important, n'est pratiquement, par suite du jeu des congés administratifs ou de convalescences et des vacances, que de 85 à 90 unités, sur lesquelles il est encore nécessaire de prélever, en permanence, 18 à 20 unités indispensables pour assurer le service dans les dépendances. En réalité, il reste donc à la Guadeloupe, pour assurer le service si complexe de l'Arme, 70 à 75 unités.
Or les évènements récents ont démontré qu'un effectif de cette importance, ne pouvait, malgré tout le zèle et le dévouement du personnel, faire face à toutes les obligations qui lui incombent, et assurer à la population laborieuse et honnête de la Guadeloupe la sécurité et la tranquillité nécessaires. Le gouverneur augmente l'effectif de 20 unités.

Le détachement de la Guadeloupe est ainsi répartit:
Section de Basse-Terre est commandé par un lieutenant:
9 Brigades à cheval: - Basse-Terre (3) – Trois-Rivières – Capesterre – Vieux-Habitants – Bouillante –Saint-Claude – Saint-Martin.
4 Brigades à pied: - Basse-Terre – Pointe-Noire – Les Saintes – Saint-Barthélémy.

Section de Pointe-à-Pitre est commandé par un lieutenant:
11 Brigades à cheval: - Pointe-à-Pitre (3) – Le petit-Bourg – Lamentin – Sainte-Rose -Morne-à-l'Eau – Port-Louis – Sainte-Anne – Capesterre – Moulo.
5 Brigades à pied: - Pointe-à-Pitre (2) – Petit-Canal – Saint-François – La Désirade.
2 Brigades mixtes: - Grand-Bourg – Le Moule.

Le décret du 16 août 1930, portant augmentation de l'effectif du détachement, n'a prévu qu'un emploi d'adjudant ou de maréchal des logis-chef comptable, pour un effectif de 145 hommes.
L'expérience ayant démontré qu'il était indispensable d'avoir dans les cadres un deuxième gradé ou gendarme spécialisé pour être adjoint au comptable titulaire et le remplacer en diverses occasions et plus particulièrement au cours de son congé administratif. Le gouverneur crée un poste d'un deuxième emploi comptable au sein du détachement sans aucune augmentation du budget et de l'effectif de la colonie.

Le décret du 16 août 1930, modifié par le décret du 18 octobre 1933, a porté l'effectif du détachement de gendarmerie à 145 unités: 3 officiers, 142 gradés et gendarmes (arme à cheval: 95; arme à pied: 47, dont deux comptables du cadre spécialisé et un secrétaire).
Un arrêté local en date du 31 mai 1937 a transformé la brigade à cheval de cinq unités du Port-Louis, en brigade à pied de cinq unités; il y a donc lieu de procéder à une nouvelle répartition de l'effectif entre les deux armes.
Cette mesure n'entrainera pas de dépense supplémentaire; au contraire, elle se traduira, au budget local, par une économie de l'ordre de 15 000 francs.
Le détachement de gendarmerie de la Guadeloupe est réorganisé et constitué à l'effectif de 3 officiers, 90 sous-officiers à cheval et 52 à pied.

Le décret du 29 juillet 1942, réorganise de détachement à 3 officiers, 48 sous-officiers à cheval et 94 à pied

La gendarmerie d'outre-mer est la seule institution qui y assume la souveraineté de l’État. D’une manière générale, les gendarmes des DOM-TOM exercent de nombreuses missions qui dépassent les compétences des gendarmes métropolitains. Ils peuvent être amenés à exercer les fonctions de notaire, d’huissier, d’agent de douane ou de secrétaire d’état civil, lorsque ces derniers font défaut.

Un fichier de recherches est créé à Basse-Terre.

La Guadeloupe devient un département d’Outre-Mer (DOM) par la loi du 19 mars 1946.

Par le décret n° 50-684 du 17 juin 1950, sur le rapport du vice-président du Conseil, ministre de l'intérieur, du secrétaire d'État à l'Intérieur, du ministre de la défense nationale et du ministre de la France d'Outre-Mer, il est créé un Détachement de gendarmerie dénommé « détachement de gendarmerie des Antilles-Guyane », comprenant les unités de gendarmerie stationnées dans les départements de la Martinique, de la Guadeloupe et de la Guyane française.

Le détachement de la gendarmerie des Antilles-Guyane à la composition suivante:
- Un commandement du Détachement à Fort-de-France – 2 officiers et 3 sous-officiers;
- La compagnie de gendarmerie de la Martinique, comprenant les sections de gendarmerie de Fort-de-France, Trinité et Lamentin – 4 officiers et 250 sous-officiers;
- La compagnie de gendarmerie de la Guadeloupe, comprenant les sections de gendarmerie de Basse-Terre et de Pointe-à-Pitre – 3 officiers et 250 sous-officiers;
- La section de gendarmerie de la Guyane française – 2 officiers et 90 sous-officiers.

Le 1er décembre 1957, le Détachement de gendarmerie des Antilles-Guyane prend l'appellation de Groupement de gendarmerie des Antilles-Guyane.
La décision n° 11177 DAOM/GEND/ITOM du 26 août 1959, met en place de nouvelles institutions outre-mer et modifie les appellations des unités de gendarmerie départementale , à compter du 1er octobre, le Groupement des Antilles-Guyane devient la Légion de gendarmerie des Antilles-Guyane. Les Groupes de la Martinique, de la Guadeloupe et l'Escadron de la Guyane prennent la dénomination de Groupement.

Casernement du Raizet (Pointe à Pitre)

Casernement du Raizet (Pointe à Pitre)

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