La gendarmerie en Corse (1930 à 1940)

  • Michel GERMAIN
  • Histoire
La Corse, en grisé, zone quadrillée par les forces de l'ordre en 1931

La Corse, en grisé, zone quadrillée par les forces de l'ordre en 1931

« Le 29 avril 1931, à Palnéca, le maréchal des logis-chef FALCONETTI Jean-François de Ciamannace, transférant un dangereux repris de justice dans une région hostile tenue par bandit Bartoli, et sommé par les bandits de rendre son prisonnier, à crânement résisté à leurs menaces de mort et a été tué par eux, en même temps que le gendarme qui l'accompagnait. A été proposé pour la Médaille Militaire à titre posthume. » (Livre d’Or de la Gendarmerie – 1931)

« Le 29 avril 1931, à Palnéca, le gendarme CATHELINEAU Maurice de Ciamannace, transférant un dangereux repris de justice dans une région hostile tenue par bandit Bartoli, et sommé par les bandits de rendre son prisonnier, à crânement résisté à leurs menaces de mort et a été tué par eux, en même temps que son chef de brigade qui l'accompagnait. A été proposé pour la Médaille Militaire à titre posthume. » (Livre d’Or de la Gendarmerie – 1931)

« Le 12 octobre 1931, le chef d'escadron PHILIPPOT d'Ajaccio, avisé que deux bandits dangereux et très fortement armés, complices de Bartoli, circulaient en voiture hippomobile dans la région de Palnéca, s'est immédiatement porté en automobile à la poursuite de ces malfaiteurs, avec le maréchal des logis-chef CASANOVA, les gendarmes LASSUS et FAUCHAUX.

 

A trois kilomètres de Palnéca, ce détachement a aperçu les deux bandits dans une voiture, l'un conduisant le cheval, l'autre assis à côté tenant un fusil dans les mains, abattu sur les genoux, prêts à faire face à toute attaque.

Par une manœuvre rapide et audacieuse, le commandant PHILIPPOT, fit doubler cette voiture par la sienne qu'il plaça immédiatement en travers de la route.

Sa voiture arrêtée, il se présenta aux bandits, crânement, complètement découvert en les sommant de se rendre, pendant que ses gendarmes les mettaient en joue.

L'habilité et la rapidité de l'exécution de cette manœuvre courageuse a surpris les bandits qui se sont rendus, non sans avoir marqué cependant un moment d'hésitation.

Citation de la 15ème légion en date du 6 novembre 1931. » (Livre d’Or de la Gendarmerie – 1932)

 

Après l'attaque des hôtels de Guagno-les-Bains et le meurtre qu'il y commit le 17 août 1931, François Caviglioli était pourchassé par la gendarmerie. Le lieutenant NŒUVEGLISE, commandant de la brigade de Vico, ratissa toute la région pour retrouver le bandit. Mais celui-ci quitta Tiuccia pour la montagne.

Le matin du 2 novembre 1931, en compagnie de ses deux neveux Torre Jean-Baptiste et Caviglioli Toussaint, François Caviglioli s'arrêta pour boire à la buvette du col de Saint-Antoine, au-dessus de VICO.

Il fit du tir à la cible dont les échos durent parvenir jusqu'à la place Casanelli. Il arrêta le car d'Ajaccio et obligea les voyageurs à chanter un lamento avec lui. Il s'empara finalement d'une voiture et obligea un menuisier de Balagne à conduire le groupe jusqu'à ce village.

Là-haut, les bandits s'arrêtèrent à un café où ils commandèrent un repas. Après avoir coupé le fil de la cabine téléphonique, ils attendirent et ils finirent par voir dans leurs jumelles une voiture de gendarmes qui grimpait la route sinueuse. Les hors-la-loi se disposèrent pour l'embuscade qui aura lieu près du pont, un peu avant l'entrée de Balagne.

Quand le véhicule des forces de l'ordre arriva, il fut accueilli par une pluie de projectiles lancés par la mitraillette et le fusil de Jean-Baptiste et Toussaint. Le maréchal des logis TOMI et le gendarme KLEIN furent tués. Le gendarme SOYER, chauffeur du véhicule, eut le bras brisé (il fut ensuite amputé). Quant au lieutenant NŒUVEGLISE, il fut grièvement blessé à l'abdomen et à la poitrine.

Mais le gendarme CHAZE parvint à sortir de la camionnette et à répliquer par des rafales de fusil-mitrailleur. François Caviglioli, qui s'était imprudemment approché, reçut une balle en plein front. Ses complices prirent alors la fuite, Toussaint étant blessé par un autre tir de CHAZE. La bande se réfugia dans le maquis autour de Balagne.

Toussaint se constituera prisonnier le 1er décembre près de Belfiore, à côté de Vico. Jean-Baptiste Torre sera capturé à Muna deux mois plus tard, le 10 février 1932, après avoir été endormi par des beignets contenant un soporifique.

 

« Sous-lieutenant NŒUVÉGLISE, le maréchal des logis-chef TOM,les gendarmes KLEIN, SOYER, CHAZE, GAND, LE ROY, VIGNEAU à Vico.

« Le 2 novembre 1931, le sous-lieutenant NOŒUVÉGLISE de la brigade de Vico, ayant été informé au cours d'une inspection que des bandits dangereux et fortement armé avaient interrompu la circulation après son passage s'est immédiatement rendu sur les lieux avec les gendarmes des brigades de Vico.

Ce détachement, transporté, partie en voiture-automobile, partie à bicyclette, est tombé dans une embuscade à Balagne.

Le sous-lieutenant NŒUVÉGLISE et le gendarme SOYER ont été grièvement blessés, le maréchal des logis-chef TOMI et le gendarme KLEIN ont été tués.

Le sous-lieutenant NŒUVÉGLISE, malgré ses blessures graves, a eu l'énergie de se dégager de la voiture et de regrouper son personnel en partie décimé, mais non démoralisé.

Très crânement ; les survivants ont aussitôt riposté, ils ont réussi à abattre le chef de bande et à mettre les autres en fuite. » (Livre d’Or de la Gendarmerie – 1932)

La décision du 14 mars 1932, les brigades à cheval ou mixtes de l'île Rousse – Muro – Cervione sont transformées en brigades à pied.

« Au cours des opérations de répression contre banditisme qui ont eu lieu au cours des années 1931 – 1932, les gendarmes des brigades de Vico, sous le commandement de l'adjudant AGOSTINI, ceux de Corte, sous le commandement du capitaine SUSINI, les gardes des pelotons n° 12 et 170 des 2ème et 3ème Légions de garde républicaine mobile, sous le commandement du capitaine BRETEIGNER, de la 2ème Légion de garde républicaine mobile, ont réussi à découvrir la retraite de deux dangereux hors la loi, et ont procédé, au péril de leur vie, à leur arrestation, de sang-froid et de courage. » (Livre d’Or de la Gendarmerie – 1932)

« Le 28 mai 1933, le chef d'escadron BRICE, commandant le groupe d'Ajaccio, obtient une indication précise sur le refuge du bandit Spada, auteur de douze assassinats, qui tient la maquis depuis le mois d'octobre 1922 et a toujours échappé aux recherches.

Il organise aussitôt, dans la région signalée, une expédition dont il prend le commandement et à laquelle participent le sous-lieutenant BRODARD, commandant la section de Vico ; l'adjudant PERRIN, des brigades d'Ajaccio ; l'adjudant AGOSTINI, et le maréchal des logis-chef FABRI, des brigades de Vico, ainsi que les gendarmes disponibles de Vico et d'Ajaccio.

Le 29 mai, à l'aube, le repaire du bandit est découvert. C'est une excavation de 2 mètres de profondeur, dont l'ouverture est dissimulée sous des ronces et des pierrailles.

Le chef d'escadron BRICE, ayant fait encercler cette excavation, y lance une grenade. Aussitôt après l'explosion, gradés et gendarmes sautent dans le refuge où il ne trouvent que les effets et les armes du bandit. Les recherches entreprises dans le maquis environnant restent infructueuses.

 

Le commandant de l'expédition décide de les continuer au domicile des parents de Spada, à Coggia, village distant de 600 mètres.

Les parents ne refusent pas l'entrée de la maison, où une perquisition est effectuée. Une chambre demeure fermée. Le père du bandit prétend en avoir perdu la clef.

Présumant que Spada doit s'y trouver, le chef d'escadron BRICE en enfonce la porte d'un coup d'épaule et se rue à l'intérieur, pistolet au poing, suivi du sous-lieutenant BRODARD et du personnel de l'expédition.

A cet instant, le bandit, assis sur un lit, tend la main vers un poignard nu placé sur une tablette à côté du lit. En un clin d'œil, il est maîtrisé et mis hors d'état de nuire.

Ainsi, après plusieurs tentatives du même gendre, la capture de ce redoutable hors-la-loi était opérée sans effusion de sang, grâce au courage, à l'absolu mépris du danger et à la ténacité dans les recherches dont avaient fait preuve le commandant du groupe d'Ajaccio, pourtant handicapé par trois blessures de guerre ; l'officier commandant la section de Vico, le personnel des brigades de Vico et d'Ajaccio.

Les officiers, gradés et gendarmes qui se sont le plus distingués en cette occasion ont été cités à l'ordre de la 15ème Légion. Les autres ont obtenu d'importantes gratifications en récompense du sang-froid et de l'énergie qu'ils ont déployés au cours de cette brillante opération. » (Livre d’Or de la Gendarmerie - 1933)

Spada fut conduit à VICO avant d'être transféré à la prison d'Ajaccio en fin de journée.

Mais son état mental préoccupant nécessita un examen psychiatrique à la prison du boulevard Chave à Marseille. Les experts psychiatriques indiqueront dans leur rapport que Spada simulait la folie et le déclareront pleinement responsable de ses actes.

Il est incarcéré à la prison Sainte-Claire de Bastia, en attendant son procès qui débuta le 4 mars 1935 et dura trois jours.

Spada fut condamné à mort et fut guillotiné à 4h 12, le 21 juin 1935, devant la prison de Bastia.

Par le décision du 22 septembre 1933, la brigade d'Alando est rétablie à compter du 1er octobre 1933.

Le 8 décembre 1933, la brigade à pied de Tivarello est supprimée. La brigade à cheval de Pianottoli est portée de 5 à 6 unités.

La décision du 23 décembre 1933, supprime la brigade à pied de Pont de l'Ortolo, les brigades à pied de Sartène, l'une de 6, l'autre de 5 unités sont transformées chacun en brigade à sept unités.

« Le 31 décembre 1933, au cours d'une opération faite en vue de l'arrestation d'un bandit redoutable tenant le maquis depuis treize mois, l'adjudant NIEL Odilon Isidore des brigades de Bastia, a fait preuve de courage et de décision en se lançant résolument sur ce bandit au moment où il venait d'être découvert et cherchait à s'enfuir, l'a terrassé et l'a maintenu seul jusqu'à l'arrivée des renforts qui ont permis son arrestation.

A été cité pour ce fait à l'ordre de la compagnie autonome de la Corse. » (Livre d’Or de la Gendarmerie - 1934)

Du 1 au 4 février 1934, une très importante tempête de neige s’abat sur la Corse. Un peu partout, des avalanches emportent des maisons ou des villages entiers. A Vizzavona, une coulée de neige ensevelit une équipe d’ouvriers travaillant au dégagement du tunnel, faisant un mort. Les destructions et les victimes sont nombreuses, les voies de communication sont coupées et certaines parties de l’île ne peuvent être atteintes que par la mer. L’armée est mobilisée.

La décision du 3 mars 1934, transfère le chef-lieu de la section de Prunelli Di Fiumorbo et sa brigade à pied à Ghisonacia-gare.

Le territoire de la commune de Ghisonacchia surveillé par la brigade de Poggio di Nazza, passe sous la surveillance de la brigade de Ghisonaccia-gare.

La commune d'Isolaccio qui fait partie de la circonscription de la brigade de Prunelli-di-Fiurm Orbo est rattachée à la circonscription de la brigade de Poggio di Nazza.

Le 28 mai 1934, la brigade à pied de Péri (section d'Ajaccio) à l'effectif de six unités est supprimée, sa circonscription est rattachée à la brigade de Suaricchio.

 

« Le 22 mars 1935, l'adjudant SALAUN et le gendarme DAVER, des brigades de Vico, en patrouille de police du maquis suivant, par un sentier, la rive droite d'un ruisseau à 12 heurs 25, l'adjudant veut franchir le ruisseau sur la crête dangereuse d'un rocher formant barrage. Il glisse et tombe dans le gouffre creusé trois mètres plus bas par les eaux.

Le gendarme DAVER, prenant à peine le temps de se déséquiper, se jette tout habillé dans le remous pour sauver son chef, mais le rocher et les rives sont à pic, l'eau est profonde, la solitude est complète et les deux militaires succombent. Leurs corps sont retrouvés le lendemain. » (Livre d’Or de la Gendarmerie - 1935)

 

La décision du 13 avril 1935 transforme la brigade à cheval de Pianatolli de six unités et six chevaux en brigade à pied. Les brigades à cheval de cinq unités en brigades à pied ( Caporalino – Saint-Florent – Aléria – Belgodère. 1er groupe). Les brigades à cheval de Vescavato (1er groupe), de Bonifacio et de Vico (2ème groupe) de cinq hommes et quatre chevaux est transformée en brigade à pied.

 

La brigade mixte de Calvi, cinq à cheval et deux à pied, est transformée en brigade à pied de 7 unités, quatre chevaux sont supprimés, un gradé et quatre gendarmes passent à pied.

La brigades mixte d'Olmetto et de Calcatoggio, cinq à cheval et deux à pied, est transformée en brigade à pied de 7 unités, quatre chevaux sont supprimés, un gradé et quatre gendarmes passent à pied.

La brigade mixte de Porto-Vecchio, cinq à cheval et quatre à pied, est transformée en brigade à pied de 9 unités, cinq chevaux sont supprimés, un gradé et quatre gendarmes passent à pied.

Le 27 avril 1935, la brigade de Prunelli di Fium Orbo, dispersée par la DM du 12 août 1933, est installée mais à l'effectif de cinq unités à pied.

La décision du 21 décembre 1936, la brigade à pied de Calvi est portée de 7 à 11 unités.

La brigade d'île Rousse est portée de 5 à 8 unités.

La brigade de Pero-Cassavecchie (section de Vescovato) est ramenée de 7 à 5 unités.

 

La brigade de Lumio est supprimée. Sa circonscription est répartie; la commune de Lumio est placée sous la surveillance de la brigade de Calvi. Les communes de Lavatoggio et de Cateri sont rattachées à la circonscription de la brigade de Muro. La commune d'Arégno est rattachée à la circonscription de la brigade de l'Ile Rousse.

En 1938, la motorisation progressive des unités entraîne la suppression des deux dernières brigades à cheval.

 

Un escadron motorisé de Garde Républicaine occupe la caserne Battesti à Ajaccio.

Le 28 février 1940 une brigade à 7 unités est créée à Ponte-Leccia (section de Corte). Les brigades de Morosaglia et de Nuovo sont supprimée.

Par décision ministérielle du 1er septembre, la brigade de gendarmerie de Solenzara, de la section de Ghisonaccia, est rattachée à la section de Bonifacio.

Le décret du 17 novembre 1940, sépare les légions de garde républicaine mobile de la gendarmerie.

L'arrestation du bandit SPADA
L'arrestation du bandit SPADA

L'arrestation du bandit SPADA

SPADA guillotiné

SPADA guillotiné

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