Le détachement de la Gendarmerie Française de Tunisie (1830 à 1945)

  • Michel GERMAIN
  • Histoire
GENDARMERIE DE SOUSSE

GENDARMERIE DE SOUSSE

En 1830, la France conquiert et annexe l’Algérie. En 1869, l’État tunisien, ruiné, doit accepter l’instauration d’une commission de contrôle financière, au sein de laquelle siègent l’Italie et la Grande-Bretagne, sous la présidence de la France. Le pays est, de fait, sous la tutelle occidentale. Au congrès de Berlin, en 1878, la Tunisie fait l’objet de tractations entre les puissances européennes : la France se voit donner toute latitude pour coloniser le pays ; elle reconnaît en échange la domination britannique sur Chypre. L’Italie, présente en Libye, convoite cependant toujours la Tunisie. Prenant leur rivale de vitesse, les troupes françaises interviennent à partir de l’Algérie, sous prétexte de mater la rébellion des tribus kroumirs, des Berbères des hauts plateaux, accusées de pénétrer sur le territoire algérien.

 

Le 24 avril 1881, sur ordre du chef du gouvernement Jules Ferry, un corps expéditionnaire de 35.000 hommes traverse la frontière, officiellement pour poursuivre des montagnards khoumirs qui sèment le trouble en Algérie.

Le 12 mai, ils arrivent à proximité du Bardo, dans la banlieue de Tunis, où se situe le palais du bey et laissent à celui-ci deux heures pour examiner un projet de traité en dix articles qui met fin à l'indépendance de la Tunisie. Mohammed es-Sadok n'a guère d'autre choix que de se soumettre.

C'est ainsi qu'il signe en son palais de Kassar Saïd un traité par lequel il confie à la France les affaires étrangères, la défense du territoire et la réforme de l'administration.

 

Le traité est complété par la convention de la Marsa, signée par les deux pays en 1883. Mais le traité du Bardo soulève aussi l'irritation de l'Italie qui se serait bien vue protectrice de la Tunisie, si proche d'elle. Du coup, Rome signe le 20 mai 1882 avec Berlin et Vienne le traité de la Triple-Alliance par lequel l'Allemagne, l'Autriche-Hongrie et l'Italie se promettent aide et assistance en cas d'agression par la France ou la Russie.

 

Le 15 juin 1883, l'effectif des militaires dont la rentrée à leur corps a été prononcée pour la création d'un détachement de gendarmerie du Corps d'Occupation de Tunisie, se compose de:

5 sous-officiers, 3 brigadiers et 47 gendarmes appartenant à la gendarmerie départementale (France et Algérie); et de 1 officier, 1 sous-officier, 3 brigadiers et 7 gendarmes appartenant au bataillon mobile.

Le personnel de la gendarmerie maintenu dans la Régence est exclusivement composé de militaires du bataillon mobile. Il comprend 5 sous-officiers, 11 brigadiers et 66 gendarmes placés sous les ordres de:

 

MM.TATIN, capitaine, commandant du détachement de gendarmerie du Corps d'Occupation;

PUECH, lieutenant, commandant du détachement de gendarmerie de la Division Nord;

ODIOT, lieutenant, commandant du détachement de gendarmerie de la Division Sud.

 

Ce personnel est répartit ainsi:

1 maréchal des logis fourrier, 1 maréchal des logis et 5 gendarmes à la 1ère brigade à cheval de Tunis;

1 brigadier et 5 gendarmes à la 2ème brigade à cheval de Tunis;

1 brigadier et 4 gendarmes à la 1ère brigade à pied de Tunis;

1 brigadier et 4 gendarmes à la 2ème brigade à pied de Tunis;

1 maréchal des logis et 5 gendarmes à la brigade à pied de la Goulette;

1 brigadier et 4 gendarmes à la brigade à cheval du Kef;

1 brigadier et 4 gendarmes à la brigade à pied de Souk-el-Arba;

1 brigadier et 4 gendarmes à la brigade à cheval d'Aïn-Draham;

1 brigadier et 4 gendarmes à la brigade à cheval de Ghardimaou;

1 maréchal des logis et 6 gendarmes à la brigade à cheval de Sousse;

1 brigadier et 4 gendarmes à la brigade à pied de Sousse;

1 brigadier et 4 gendarmes à la brigade à cheval de Kairouan;

1 brigadier et 4 gendarmes à la brigade à pied de Sfax;

1 maréchal des logis et 5 gendarmes à la brigade à cheval de Gabès;

1 brigadier et 4 gendarmes à la brigade à cheval de Gafsa.

 

Le 28 mars 1885, sur décision présidentielle, le bataillon de gendarmerie mobile est licencié et le détachement de gendarmerie du Corps d'Occupation prend l'appellation de Détachement de gendarmerie de Tunisie. Le 20 décembre 1886 le ministre de la guerre décide que la brigade de gendarmerie à pied de Souk-el-Arba permute avec celle à cheval de Kairouan, et qu'une brigade à cheval est créée à Hammamet et une à pied à Houm-Souk.

 

Des postes mixtes, à effectif variable seront créés en principe à : Béjà – Ghardiaou – Zaghouan – Mehdia – Monsatir et El-Haffey, avec installation immédiate des deux premiers seulement.

Le 24 décembre 1893, un emploi de lieutenant ou sous-lieutenant trésorier est créé au détachement de gendarmerie de Tunisie.

 

Des postes sont créés à Schulggi – Tébourba – Kélibia – Mateur et à Enfidaville.

Le décret n° 93 du 5 août 1898, transforme en compagnie de gendarmerie le détachement de gendarmerie de Tunisie. Un emploi de chef d'escadron de gendarmerie commandant cette compagnie est créé.

 

En 1902, un poste est créé à Téboursouk et en 1912 une brigade à Fériana.

Entre 1914 et 1918, différents postes provisoires vont être créés, un poste de filtrage à Ghardimaou, un poste à Kerkennah et poste de camp de prisonnier à Nador et un poste à Maktar.

Par décision du 27 août 1921, un poste est mis en place à Kasserine. L'arrondissement de gendarmerie de Sousse commandé par un lieutenant est placé provisoirement sous les ordres d'un capitaine à compter du 13 février 1923.

Le 10 septembre 1926, la compagnie de la section maritime de Sidi-Abdallah est intégrée à la compagnie de gendarmerie de Tunisie.

 

La question de la fusion de la gendarmerie maritime et de la gendarmerie départementale a été envisagée à diverses reprises au cours des dernières années. Le président de la République française dans le cadre d'économies décrète que la légion de gendarmerie maritime cessera de former un corps spécial et fera partie intégrante de la gendarmerie départementale, à compter du 1er octobre.

 

Le 4 avril 1930, un poste semi-permanent est créé sur l'île de la Galite.

L'organisation de la compagnie de gendarmerie de Tunisie a été déterminée par le décret du 5 août 1898, qui prévoit deux sections, l'une à Tunis (capitainerie) et l'autre à Sousse (lieutenance).

 

Depuis cette époque, et malgré le développement considérable pris par la régence, aucune modification n'est intervenue, sinon la transformation de la lieutenance de Sousse en capitainerie (décret du 13 févier 1923) et l'intégration dans la compagnie, de la section maritime de l'arsenal de Sidi-Abdallah (décret du 10 septembre 1926).

Les effectifs affectés à la surveillance proprement dite du territoire n'ont pas varié depuis 1888; cependant la population a doublé depuis l'établissement du protectorat.

 

La situation de la gendarmerie nécessitait, en conséquence, une réorganisation complète. De nouveaux effectifs qui, approximativement, doubleront les effectifs actuels permettront d'étendre l'action de la gendarmerie à tout le territoire tunisien. La réforme doit se faire en cinq années successives.

Le nombre des sections de la compagnie de gendarmerie est porté à six, y compris la section maritime de Sidi-abdallah.

Les sièges de ces sections sont: Tunis – Bizerte – Sousse – Sfax – le Kef et Sidi-Abdallah. Les quatre premières et la section maritime sont commandées par des capitaines, la cinquième par un lieutenant.

 

L'effectif des sous-officiers et auxiliaires indigènes de la compagnie est porté à 261 gradés et gendarmes et 63 auxiliaires indigènes.

Les 164 unités créées seront réparties par décision ministérielles.(décret du 9 novembre 1930).

Les brigades de Metlaoui – Bou-Thadi – Tozeur et Massicault sont créées en 1931.

1932 - les brigades de Maharès – Zana-Utique - Pont du Fahs – Sidi-Bou-Zid.

Le 15 mai pour des raisons budgétaires les sections de Bizerte et de Sfax n'ont pas encore été installées.

 

La brigade de Sbikha est créée en 1933. la compagnie de gendarmerie de Tunisie est commandée par un officier supérieur du grade de lieutenant-colonel ou chef d'escadron. La brigade d'Ariana est créée.

A La Chebba une brigade est installée. Le poste de Djebibina deux gendarmes et un auxiliaire indigène à cheval est transféré à Saouaf, le 20 novembre 1935.

 

La section du Kef, programmée en 1930 est créée le 15 avril 1936. Le 3 juin, le nombre des sections de la compagnie est ramené de six à cinq. La lieutenance de Le Kef est transformée en capitainerie. L'effectif des sous-officiers est ramené à 245 gradés et gendarmes et 63 auxiliaires indigènes. Les brigades de Moknine – Tadjerouine – Saouaf – Hamam-Lif – Medjez-el-Bab – El-Djem – Sbeitla – Fouchana sont créées. La section maritime de Sidi-Abdallah est enlevée à la compagnie pour être intégrée à la légion maritime reconstituée.

De 1937 à 1939, plusieurs brigades vont voir le jour: Le Bardo – Sakiet-Sidi-Youssef – Midoun – Mareth – M'Dilla – Redeyef – Moularès – Ferryville – Ebba-Ksour – Thala – Souk-el-Khémis – Nabeuf – Menzel – Temine – Le Sers – Sedjenane – Siliana – Gafour – Bou-Arada – Ousseltia – Pavilliers.

 

Le 6 août 1939, la compagnie de gendarmerie de Tunisie prend l'appellation de Légion de gendarmerie de Tunisie, l'effectif est fixé à 12 officiers, 490 gradés et gendarmes et 101 auxiliaires indigènes.

Le 11 octobre 1943, une brigade est créée à Ben-Gardanne, par faute de place, cette unité est transférée à Zarzis.

 

En 1945, le général de Gaulle propose à la Tunisie le statut d’État associé au sein de l’Union française.

GENDARMERIE DE TEBOURBA

GENDARMERIE DE TEBOURBA

APTG © 2017 - Association médaillée par l'UNPRG le 26/12/2011 -  Hébergé par Overblog