La compagnie de Gendarmerie de la Réunion (1765-1906)

  • Michel GERMAIN
  • Histoire

Le Roi de France crée en 1765, après la faillite de la compagnie des Indes, les compagnies de maréchaussée qui seront installées à Saint-Denis, à Sainte-Suzanne, à Saint-Paul et à Saint-Pierre.

 

Le 14 juillet 1767, la France récupère officiellement les Mascareignes.

En 1791, la maréchaussée devient Gendarmerie Nationale.

 

Après la chute de la royauté, le 10 août 1792, l'exécution de Louis XVI, le 21 septembre 1792, il était inconvenant de garder un nom rappelant la dynastie.

Par le décret de la Convention Nationale du 19 mars 1793, l'an second de la République française. La Convention Nationale, sur proposition du ministre de la marine, convertie en motion par un membre, décrète que le nom de l'île Bourbon sera changé en celui de l'île de la Réunion. Le 8 avril 1794, l’île rompt avec le passé et adopte le nom d’île de la Réunion à la suite de La Réunion des révolutionnaires qui ont chassé le roi Bourbon du trône. Le gouverneur royaliste est arrêté.

 

Le 26 septembre 1806, l’île prend le nom de Bonaparte.

Le 20 mars 1808, la maréchaussée est remplacée par quatre brigades de gendarmerie destinées aux Îles de France et de Bourbon.

Du 16 au 25 août 1809, les Britanniques débarquent à Sainte-Rose et sont repoussés par la garde nationale de Saint-Benoit. Le 21 septembre, Saint-Paul est conquise par les Britanniques, qui se retirent immédiatement.

Le 7 juillet, les Britanniques débarquent à la Grande Chaloupe et font route vers Saint-Denis. Le lendemain a lieu la bataille de la Redoute. La Réunion capitule.

Le 9 juillet, elle reprend le nom de Bourbon. L’île de France redevient l’île Maurice.

 

Le 30 mai 1814, Talleyrand signe à Paris avec les alliés un traité par lequel (article 2) : " Le Royaume de France conserve l'intégrité de ses limites telles qu'elles existaient à l'époque du 1er janvier 1792". Cela entraîne la restitution de l'île Bourbon à la France.

L'article 8 stipule " la restitution au roi de France des colonies, pêcheries, comptoirs et établissements en tous genres que la France possédait, au 1er janvier 1792, dans les mers et sur les continents de l'Amérique, de l'Afrique et de l'Inde, à l'exception des îles de Tobago, Sainte-Lucie, de l'Île de France et de ses dépendances, nommément Rodrigue et les Seychelles, ....cédées à Sa Majesté Britannique, ainsi que la Dominique, ... Malte ".

 

Une compagnie de gendarmerie est créée le 12 avril 1815. Elle est supprimée le 8 juillet 1817.

Le 7 octobre 1818, une compagnie de 80 hommes est créée.

1825, une compagnie dite d'Ordre du bataillon remplace la gendarmerie.

 

En 1833, elle est remplacée par des officiers et des agents de la Force publique.

Le 6 septembre 1840, la gendarmerie des colonies devient la gendarmerie coloniale, son effectif est de 4 officiers, 5 maréchaux des logis – 11 brigadiers et 80 gendarmes à cheval.

Un an plus tard, une compagnie de gendarmerie à cheval composée de 100 hommes débarque de la frégate « la Fortune » le 21 octobre 1841.

 

L'Île Bourbon est divisée en trois sections.

Le 15 avril 1842, la gendarmerie est réorganisée :

 

Secteur de Saint-Denis :

- Brigade de Saint-Denis : 2 officiers – 6 gradés – 25 gendarmes – 30 chevaux ;

- Brigade de Sainte-Suzanne : 1 gradé – 8 gendarmes – 6 chevaux ;

- Brigade de Saint-Benoit : 2 gradés – 10 gendarmes – 9 chevaux ;

 

SECTEUR DE Saint-Paul :

- Brigade de Saint-Paul : 1 officier – 2 gradés – 11 gendarmes – 11 chevaux ;

- Brigade de la Possession : 1 gradé – 64 gendarmes – 5 chevaux ;

- Brigade de Saint-Leu : 1 gradé – 6 gendarmes – 4 chevaux ;

 

Secteur de Saint-Pierre :

- Brigade de Saint-Pierre : 1 officier – 2 gradés – 12 gendarmes – 10 chevaux ;

- Brigade de Saint-Joseph : 1 gradé – 4 gendarmes – 5 chevaux.

Le service de la gendarmerie coloniale est régi, par les mêmes textes de base qu'en Métropole.

 

En 1843, l'Ordonnance royale du 29 octobre 1820, constitue le texte d'application de la loi du 7 Germinal an VI. Elle sera abrogée par le décret impérial du 1er mars 1854, portant règlement sur l'organisation de la gendarmerie.

Article 12. La gendarmerie est répartie par brigades sur tout le territoire de la France, de l'Algérie et des colonies.

Ces brigades sont à cheval ou à pied.

L'effectif des brigades à cheval est de cinq ou de six hommes, y compris le chef de poste. Les brigades de cinq hommes sont commandées par un brigadier; celles de six hommes par un sous-officier.

Les brigades à pied sont toutes de cinq hommes, commandées soit par un brigadier, soit par un sous-officiers, dont l'organisation a été arrêtée par le décret du 24 octobre 1851.

Ce décret sera remplacé lui aussi par un nouveau décret, celui du 20 mai 1903.

 

Le 9 juin 1848, proclamation de la République : l'île Bourbon redevient l'île de La Réunion. Le 13 octobre, le Commissaire général de la République, Sarda-Garriga débarque sur l’île, et proclame le 20 décembre 1848 l'abolition de l'esclavage, 62 000 esclaves deviennent libres dans le calme.

Le 6 août 1859, l'effectif de la compagnie de la Réunion est devenu insuffisant et celui-ci est exclusivement composé de brigades à cheval, il est donc augmenté et porté à 120 hommes, 4 officiers – 33 gendarmes à pied – 78 gendarmes à cheval et 5 enfants de troupe.

 

Dans l’intérêt du service, de donner à la compagnie de gendarmerie de l’île de la réunion, une organisation analogue à celle des compagnies de la Martinique, de la Guadeloupe et de la Guyane française, l'effectif de la compagnie est porté à 166 hommes, 4 officiers – 67 gendarmes à pied – 87 gendarmes à cheval et 5 enfants de troupe par le décret du 6 novembre 1860.

Par décision présidentielle du 27 avril 1875, le nombre et la circonscription des légions de gendarmerie sont modifiés.

 

Composition du corps de la gendarmerie :

  • Gendarmerie Départementale : 30 légions pour la métropole (N°1 à 30),
  • Gendarmerie d'Afrique : une légion en Algérie (N° 31),
  • Gendarmerie Mobile : 8 compagnies et un escadron,
  • Garde Républicaine :

- Infanterie : 3 bataillons à 8 compagnies;

- Cavalerie : 3 divisions à 2 escadrons;

  • Gendarmerie Maritime : 5 compagnies,
  • Gendarmerie Coloniale :

- 4 compagnies pour la Martinique, la Guadeloupe, l'île de la Réunion, la Nouvelle-Calédonie,

- 6 détachements : Guyane, Cochinchine, Sénégal, îles de Taïti, Saint-Pierre et Miquelon.

 

En 1883, un officier et vingt gendarmes provenant de la Réunion débarquent à Tamatave, pour former la prévôté du Corps Expéditionnaire. Lors de l’évacuation de cette ville en 1887, seules trois brigades furent laissées à Diego-Suarez.

 

En 1894-1895, une seconde prévôté (3 officiers et 50 hommes) fut mise sur pied et participa à la prise de Tananarive qui coûta la vie à 10 gendarmes.

 

Le 13 mars 1889, l'effectif est augmenté de dix-sept personnels et passe alors à 74 gendarmes à pied et 102 gendarmes à cheval.

L'emploi de trois brigadiers à pied et six gendarmes est supprimé à la brigade de Diégo-Suarez, à compter du 6 juin 1891, l'effectif de la gendarmerie réunionnaise descend à 118 unités.

 

Le 30 mai 1893, rétablit une partie des cadres et des effectifs de la gendarmerie coloniale antérieurement réduits, dans la compagnie - 1 chef d'escadron – 1 maréchal des logis, 1 brigadier et 12 gendarmes à l'Arme à cheval, l'effectif est donc porté à 136 hommes, en comptant 67 gendarmes à pied et 65 cavaliers.

Courant février 1896, le chef d’escadron GAUDELETTE, commandant la prévôté du corps expéditionnaire de Madagascar, envoie au ministre de la guerre le projet d’organisation d’un détachement de gendarmerie coloniale dont l’effectif serait réparti sur divers points de l’île

 

Le détachement comporterait 1 chef d'escadron commandant résidant à Tananarive, 1 capitaine résidant à Tamatave, 1 lieutenant ou sous-lieutenant résidant à Diego-Suarez, 7 sous-officiers, 6 brigadiers et 72 gendarmes. On y rattacherait de plus les deux brigades à cheval de Diego-Suarez, qui font actuellement partie de la compagnie de la Réunion et qui comptent 1 maréchal des logis, 1 brigadier et 10 gendarmes.

 

Les brigades seraient composées de la façon suivante :

Tananarive. 1 adjudant, 1 maréchal des logis, 1 brigadier et 8 gendarmes à cheval; 2 maréchaux des logis, 2 brigadiers et 24 gendarmes à pied.

Fiaranantsoa. 1 maréchal des logis et 4 gendarmes à cheval 1 maréchal des logis, 1 brigadier et 14 gendarmes à pied.

Tamatave. 1 maréchal des logis et 4 gendarmes à cheval; 1 maréchal des logis et 8 gendarmes à pied.

Majunga. 1 maréchal des logis et 4 gendarmes à cheval 1 brigadier et 8 gendarmes à pied.

Diego-Suarez. 1 maréchal des logis, 1 brigadier et 10 gendarmes à cheval.

 

Le 20 janvier 1904, l'effectif est réduit à 106 militaires.

Le 25 juin 1906, la compagnie de gendarmerie de la Réunion prend l'appellation de Détachement de gendarmerie. Considérant que la présence de quatre officiers à la tête de cette force publique n’est plus jugée nécessaire, d’autre part, qu’il y a lieu de diminuer l’effectif troupe de la colonie. Un poste d'officier, 22 gendarmes à pied et 6 gendarmes à cheval sont supprimés, l'effectif passe alors 77 personnels.

La compagnie de Gendarmerie de la Réunion (1765-1906)
La compagnie de Gendarmerie de la Réunion (1765-1906)
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