Le commandement de la Gendarmerie de Guyane 1840-1900

  • Michel GERMAIN
  • Histoire

Règlement colonial du 31 août 1818, sur le service du Détachement de gendarmerie de Marine, organisé à Cayenne.

 

Le commandant de la gendarmerie maritime, rendra compte sur le champ, au capitaine du port, de tous les évènements qu'il suppose pouvoir intéresser la sureté des arsenaux et de tous les autres établissements de la marine.

La Gendarmerie de la Marine est tenue d'exécuter les ordres des chefs militaires du port, et de déférer aux réquisitions des officiers chargés de diriger les travaux de construction et les mouvements du parc d'artillerie, du Commissaire de la marine, chargé des détails du service, et enfin, de l'officier d'administration préposé pour l'armement et l'inscription maritime.

Chacun des chefs militaires et officiers d'administration, ci-dessus désignés, ne peut donner d'ordres ou adresser de réquisition à la gendarmerie maritime, que pour assurer le service et maintenir l'exécution des mesures de police et de surveillance que les règlements lui attribuent.

Les ordres ou réquisitions ne peuvent être adressés qu'au maréchal des logis, et en cas d'absence, à celui appelé à le remplacer dans ses fonctions.

Il y aura journellement un gendarme de service au port, pour la police et le maintien de l'ordre.

 

Le maréchal des logis commandant, et les gendarmes, doivent surveiller avec beaucoup d'attention, les démarches des marins, observer leurs habitudes et leurs actions, afin de pouvoir reconnaître et arrêter les déserteurs et les mauvais sujets.

S'ils reconnaissent chez un marchand ou chez un particulier des effets qu'ils aient lieu de croire appartenir à la marine, ils requerront l'intervention des autorités, pour être procédé suivant les lois contre les détenteurs desdits effets.

Ils dresseront procès-verbal des vols, effractions, arrestations et tous autres évènements dont ils auront eu connaissance.

 

La gendarmerie maritime doit donner ou réquerir main forte pour assurer l'exécution de toute mesure d'ordre ou de police; elle traduit dans les prisons les marins coupables de désobéissance et de désertion, se porte à bord des navires de commerce et autres, en cas d'insubordination, de voies de fait, ou de tout autre délits contre les règlements.

Elle accompagne le chef militaire du port, ou l'officier d'administration dans le lieu où il se transporte, à 'occasion de bris, naufrages, et échouement.

La gendarmerie maritime prend, relativement aux troupes de la marine, le rang déterminé pour la gendarmerie royale, relativement aux troupes de terre.

La maréchal des logis se rendra tous les matins, à huit heures, au gouvernement, pour rendre compte de ce qui se sera passé dans les 24heures précédents, et au moindre évènements qui surviendrait dans le port où la rade.

Cayenne, le 31 août 1818.

 

Le lieutenant-général des armées du Roi, Commandant et Administrateur de la Guyane Française,

Signé, Comte CARRA ST-CYR. (Code de la Guyane Française)

 

Par Ordonnance du 8 septembre 1830, Louis-Philippe décida:

 

Article 1: « Les Corps de Gendarmerie destinés à la surveillance des départements, des arrondissements maritimes et des colonies, prendront à l'avenir les dénominations suivantes à savoir:

1° Gendarmerie Départementale,

2° Gendarmerie des Ports et Arsenaux,

3° Gendarmerie des Colonies. »

 

Article 2 : Sur la plaque du baudrier et du ceinturon ainsi que sur les boutons l'écusson actuel sera remplacé par le coq gaulois avec la légende "Gendarmerie départementale des ports et arsenaux ou des colonies et l'exergue : Sûreté publique.

 

Article 3 : Les parements de l'habit et du surtout seront en drap écarlate, et fermés en-dessus par une patte à trois pointes en drap blanc avec passe-poil écarlate. Le pantalon chamois sera remplacé, dans la grande tenue , par un pantalon blanc, en peau de mouton pour la cavalerie, et en drap pour l'infanterie. La bordure du chapeau en galon d'argent est supprimée. Il y sera substitué un galon noir en poil de chèvre uni. La corne du devant et la partie relevée du derrière seront ornées chacune de quatre passants en galons d'argent, à cul-de-dé, suivant le modèle qui sera adopté.

 

L'Ordonnance du 6 septembre 1840, crée une demi-compagnie de gendarmerie à la Guyane française. Le commandement est confié à un officier du grade de lieutenant, à la condition, toutefois, que cet officier soit plus ancien que celui qui se trouverait sous ses ordres.

Le cadre de la demi-compagnie seront composés d'officiers, sous-officiers et gendarmes extraits des légions de gendarmerie départementales.

Les officiers seront désignés, soit parmi les titulaires des grades correspondants aux emplois, soit parmi ceux qui seront susceptibles d'obtenir de l'avancement.

Les maréchaux des logis et brigadiers seront choisis, autant que possible, parmi les candidats pour l'avancement, et, à défaut, parmi les militaires de l'Arme qui, étant notés favorablement, satisferont d'ailleurs aux conditions déterminées par les articles 368 et 369 de l'ordonnance du 16 mars 1838.

l'effectif de la demi-compagnie est composée de:

  • 2 officiers;

  • 3 maréchaux des logis à cheval, dont un qui remplira les fonctions de trésorier;

  • 5 brigadiers à cheval;

  • 40 gendarmes à cheval.

Vu l'ordonnance du roi du 13 avril 1846, la demi-compagnie de la Guyane composée de brigadier à cheval, sera formée désormais, de trois brigades à cheval seulement et de six brigades à pied.

  • 2 officiers;

  • 1 maréchal des logis à cheval;

  • 2 brigadiers à cheval;

  • 13 gendarmes à cheval;

  • 2 maréchaux des logis à pied;

  • 4 brigadiers à pied;

  • 24 gendarmes à pied.

Un des maréchaux des logis remplira les fonctions de trésorier.

Par décret du 20 janvier 1852, de Louis-Napoléon, Président de la République française la demi-compagnie de la Guyane française sera désormais organisée en une compagnie de cent hommes, y compris les officiers.

  • 1 capitaine, commandant;

  • 2 lieutenants ou sous-lieutenants;

  • 1 lieutenant ou sous-lieutenant trésorier;

  • 1 maréchal des logis à cheval;

  • 2 brigadiers à cheval;

  • 18 gendarmes à cheval;

  • 4 maréchaux des logis à pied;

  • 8 brigadiers à pied;

  • 63 gendarmes à pied.

 

L'effectif de la compagnie est porté à 150 hommes, à compter du 9 juillet 1853. l'arme à cheval passe à 27 unités et l'arme à pied à 119 unités.

Vu le précédent décret qui a augmenté l'effectif de la compagnie et considérant qu'il importe de mettre l'organisation de la gendarmerie coloniale en harmonie avec celle donnée aux compagnies départementales par les décrets de 22 décembre 1851 et 19 février 1852. le commandement de la compagnie de la Guyane française sera exercé à l'avenir par un officier du grade de chef d'escadron.

L'arrondissement du chef lieu de cette compagnie sera commandée par un capitaine.

Il est créé, dans chacune des compagnies de la gendarmerie coloniale, un emploi de maréchal des logis-chef et un emploi de maréchal des logis adjoint au trésorier.

Conformément aux dispositions du décret du 22 décembre 1851, l'emploi de maréchal des logis adjoint au trésorier sera en dehors des cadres. Le maréchal des logis-chef commandera la 1ère brigade à cheval du chef-lieu de la compagnie.

Le décret impérial n° 2651 du 31 octobre 1855, porte l'effectif de la compagnie à 176 officiers, sous-officiers, brigadiers, gendarmes et enfants de troupe.

 

Le capitaine CULLET est appelé à prendre, à compter du 11 janvier 1868, le commandement de la compagnie gendarmerie de la Guyane, en remplacement du chef d'escadron REGNAULT qui quitte la colonie.

 

Décision n° 13 en date du 17 janvier 1868.

 

Un ordre de service a été accordé au sieur Trinité, pour les travaux de la caserne de gendarmerie de Kourou (296 francs) – au sieur Massé, pour la caserne de Mana (80 francs) – au sieur Félicité, pour des travaux de modifications à la caserne d'Iracoubo (75 francs) – au sieur Massé, pour la démolition de l'ancienne caserne de gendarmerie de Mana (240 francs) - au sieur Faustin, pour des travaux à la caserne de Kourou (180 francs).

Considérant que, par suite de la grande diminution du nombre des condamnés dirigés sur Cayenne, l'effectif de la gendarmerie de la Guyane française est trop considérable pour les besoins de la surveillance.

La compagnie est réduite de soixante-neuf hommes, y compris les deux officiers et trois enfants de troupe. Elle prendra à l'avenir, la dénomination de Détachement.

 

Dépêche ministérielle N° 356 au sujet de la réduction de la compagnie de gendarmerie.

Paris, le 3 avril 1868.

 

Monsieur le Gouverneur, par lettre du 27 février dernier, vous m'avez informé qu'en exécution des ordres contenus dans le décret du 20 novembre 1867 sur l'organisation du corps militaire des surveillants des établissements pénitentiaires aux colonies, vous avez fait rentrer au chef-lieu tous les gendarmes affectés jusqu'à ce jour au service des établissements pénitentiaires.

 

Vous m'avez demandé, en même temps, l'autorisation de renvoyer en France, par le premier bâtiment de l'État, le personnel en excédant à l'effectif indiqué sur le projet de réorganisation de la gendarmerie.

 

J'ai l'honneur de vous faire connaître que, sur la proposition du général BAROLET de PULIGNI, je me suis concerté avec M. le ministre de la Guerre pour faire réduire l'effectif ci-après de la compagnie de gendarmerie de la Guyane, savoir:

  • 1 capitaine, commandant;

  • 1 lieutenant;

ARME À CHEVAL.

  • 2 maréchaux des logis;

  • 5 brigadiers;

  • 28 gendarmes.

ARME À PIED.

  • 1 maréchal des logis;

  • 1 maréchal des logis adjoint au trésorier;

  • 4 brigadiers;

  • 23 gendarmes;

  • 3 enfants de troupe.

Ensemble: 69

La situation de l'effectif de la compagnie au 1er février 1868, constate la présence dans la colonie de 86 gendarmes à pied et de 22 gendarmes à cheval. Cette dernière arme compte en outre 4 gendarmes en congé de convalescence en France, ce qui porte à 26 son effectif réel; il n'y aura donc donc qu'à pourvoir à un recrutement de 9 hommes pour atteindre le chiffre projeté.

Quant à l'arme à pied qui offre un excédant de 54 hommes, je vous invite à chercher d'abord s'il serait possible de trouver des candidats pour compléter l'effectif du corps militaire des surveillants. Vous devez ensuite envoyer 8 gendarmes dans les colonies de la Martinique et de la Guadeloupe.

J'invite, par dépêche de ce jour, MM. Les Gouverneurs de ces deux colonies à surseoir à toutes nominations provisoires dans la compagnie de gendarmerie des deux îles, et à se concerter, au besoin, avec vous dans le cas où ils pourraient recevoir des hommes gradés ou un plus grand nombre de gendarmes.

Quand au surplus, il y aura lieu de les renvoyer en France dès que les dispositions qui précèdent auront obtenu la sanction de l'Empereur;

 

Vous voudrez bien me rendre un compte spécial de la suite qui aura été donnée à la présente lettre;

Recevez etc..

 

Amiral RIGAULT DE GENOUILLY, ministre secrétaire d'État au département de la marine et des colonies.

 

 

Dépêche ministérielle n° 82 au sujet de la réorganisation dans la gendarmerie de la Guyane.

Paris, le 5 septembre 1868.

 

Monsieur le Gouverneur, par lettre du 29 juin dernier, vous m'avez rendu compte que pour l'exécution du décret du 4 avril dernier portant réorganisation et réduction de la compagnie de gendarmerie de la Guyane, vous avez prescrit l'application immédiate des dispositions suivantes; 1° Formation de l'effectif aux chiffres portés dans le décret; 2° Dissolution du conseil d'administration; 3° Remise de l'administration du détachement à M. le Capitaine CULLET, qui exerce le commandement; 4° Rapatriement de vingt-huit sous-officiers, brigadiers et gendarmes qui se trouvaient en excédant d'effectif. Ces hommes sont rentrés en France par "l'Ardéche".

J'approuve toutes ces mesures.

Vous m'informez en même temps que vous n'avez dans le règlement du 18 février 1863 aucune disposition qui vous ait paru pouvoir fixer d'une manière précise votre détermination sur la quotité des frais de bureau à allouer à l'officier commandant, et sur la question de savoir si le maréchal des logis, faisant fonction de comptable, doit recevoir le supplément de solde de 300 francs précédemment allouée au sous-officiers adjoint au trésorier.

Vous avez néanmoins décidé, sauf mon approbation, que l'officier commandant recevrait les frais de bureau attribués au commandant de compagnie par le tarif n° 13 dudit décret, soit 300 francs plus une indemnité calculée sur le pied ce celles que touche le trésorier, d'une compagnie d'après le même tarif, ce qui produit pour le détachement de la Guyane une somme de 600,00. Ensemble 900,00.

 

Après réflexion la somme annuelle de 600 francs est accordée pour frais de bureau au capitaine CULLET et la somme de 300 francs au sous-officiers adjoint au trésorier.

 

Le 7 mai 1887, une brigade à cheval et à pied de 6 hommes chacune sont envoyées en Guyane pour être détachées à la relégation. Le 19 novembre, deux nouvelles unités sont de nouveau envoyées pour la relégation.

Début février 1888, les deux brigades à cheval de la relégation sont transformées en deux brigades à pied.

Le décret du 13 mars 1889, considère qu'il est équitable de faire bénéficier la gendarmerie coloniale, dans la mesure que comporte son organisation, des dispositions du décret du 26 mars 1887 et d'attribuer, autant que possible, à chaque compagnie ou détachement, dans l'une ou l'autre arme, la proportion de maréchaux des logis fixée par l'article 16 du décret du 1er mars 1854.

La composition de la compagnie guyanaise est fixée à 3 officiers, 20 sous-officiers, brigadiers, gendarmes à cheval et 45 unités à pied.

Sur le rapport du Président du Conseil, Ministre du Commerce de l'Industrie et des Colonies, et du Garde des Sceaux, Ministres de la Justice et des Cultes, le Président de la République décrète le 6 juin 1889, que dans les communes de la Guyane autres que celles de Cayenne, les fonctions d'huissier sont exercées par le commandant de la brigade de gendarmerie, et, à défaut de brigade de gendarmerie, par un agent de la force publique désigné par le gouverneur, sur la proposition du chef du service judiciaire.

Afin de répondre à des nécessités de service, des modifications sont apportées aux assiettes des brigades de gendarmerie de la compagnie de la Guadeloupe et des détachements de la Guyane et de Taïti. Le 23 mai 1897, la brigade de Sinnamary est transformée en brigade à pied. Les brigades de gendarmerie à pied de Macouria, Malmaroury, Degrad-des-cannes et Approuagues (ces deux dernières non encore installées) sont supprimées.

Il est créé une brigade à pied dans chacune des localités ci-après: Saint-Laurent du Maroni, Saint-Jean du Maroni et Saint-Georges de l'Oyapock. Ces brigades constituées à l'effectif de 5 hommes, y compris le chef de poste, seront commandées, savoir:

La brigade de Saint-Laurent par un maréchal des logis, les deux autres par un brigadier.

Comme conséquence des modifications qui précèdent, l'effectif de la gendarmerie de la Guyane est fixé comme ci-après:

  • 2 officiers;

ARME À PIED.

  • 2 maréchaux des logis;

  • 1 maréchal des logis comptable;

  • 4 brigadiers;

  • 24 gendarmes.

ARME À CHEVAL.

  • 1 maréchal des logis-chef;

  • 1 maréchal des logis;

  • 3 brigadiers;

  • 20 gendarmes.

Soit un total de l'effectif de 58 militaires.

 

Le 20 juillet 1898, une brigade à pied est créée à saint-Laurent du Maroni. Une brigade à pied est créée au Dégrad des Cannes en remplacement des celles prévues pour Saint-Jean du Maroni et Saint-Georges de l'Oyapock.

Aux termes du décret du 11 avril 1904, les fonctions de comptable du détachement de la Guyane sont remplies par un maréchal des logis, alors que dans d'autres détachements, tels que ceux de la Martinique, de la réunion, de la Nouvelle-Calédonie, etc.., cet emploi est confié à un maréchal des logis-chef.

L'insalubrité du climat de la Guyane rend ses fonctions, déjà ingrates par elles-mêmes, des plus pénibles pour ce sous-officier qui, de plus, voit, quel que soit son mérite, son avenir limité à l'emploi de maréchal des logis.

En présence de cette situation, le colonel commandant supérieur des troupes du groupe des Antilles propose de confier désormais cet emploi à un maréchal des logis-chef.

Cette proposition est entièrement justifiée; mais il a paru nécessaire d'envisager le cas où, en l'absence de candidat maréchal des logis-chef, cet emploi ne pourrait être donné qu'à un maréchal des logis.

Le commandement de la Gendarmerie de Guyane 1840-1900
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