Le commandement de la Gendarmerie de Martinique (1635-1899)

  • Michel GERMAIN
  • Histoire

Le 15 septembre 1635, Pierre BELAIN, sieur d'ESNAMBUC prend possession de la Martinique au nom du Roi de France et pour la Compagnie des Iles d'Amérique.

Le 2 décembre 1637, Du PARQUET, neveu d'ESNAMBUC, est nommé lieutenant Général de la Martinique, pour la Compagnie des Iles d'Amérique.

Le Commandeur de POINCY est nommé, par le Roi Lieutenant-Général des Iles. À ce titre, il a sous son autorité les capitaines et lieutenants généraux de chaque île.

La police et la justice sont du ressort du lieutenant-général.

En octobre 1639, molesté par le peuple, exposé à toutes sortes de tracasseries, le juge Chirard, nommé par le Roi, est contraint de quitter l'ile, après avoir terminé un procès criminel.

1643 – Du PARQUET reçoit le titre de Sénéchal. Le juge a titre de lieutenant du sénéchal. Le lieutenant-général a ainsi la justice dans ses attributions.

La justice, tant civile que militaire est alors loin d'avoir un cours régulier et constant, en raison des mœurs des habitants, qui sont « encore trop militaires ». la seule sanction appliquée est d'envoyer le délinquant aux fers.

Le 26 février 1645, Noël de PATROCLES, chevalier et seigneur de Thoisy est désigné comme lieutenant-général des Isles d'Amérique, en remplacement du commandeur de POINCY. Sur le bruit que le commandeur de POINCY ne veut pas se démettre de sa charge, Noël de PATROCLES, par prudence, se fait accompagner par Jean-François de BOISFEY lequel tient une commission de lieutenant de Prévôté, délivrée par jean du BOUCHER, grand Prévôt de France et Prévôt de l'Hôtel de sa Majesté.

Il est accompagné d'exempt, Claude MELINE, et de trois archers, FREDON, DUFEY et SAINT-ANGE. Exempt et archers prêtent serment entre les mains du Grand Prévôt, le gouverneur de PATROCLES.

1645 – Le lieutenant de Prévôté est amené à dresser procès-verbal de rébellion contre le commandeur de POINCY, qui ne veut pas laisser Noël de PATROCLES débarquer à Saint-Christophe et prendre possession du siège de son gouvernement.

Noël de PATROCLES s'installe à Basse-Terre de Guadeloupe.

1646 – 1647 – conflit entre Noël de PATROCLES et le commandeur de POINCY. Finalement, le commandeur de POINCY conserve ses fonctions et Noël de PATROCLES rentre en France, avec sa prévôté.

De 1647 à 1674, les gouverneurs rendent la justice, la police est assurée sous leur autorité par les milices.

Par Édit de décembre 1674, enregistré à la Martinique le 14 octobre 1675, le Roi révoque la Compagnie des Indes Occidentales et prend à son compte l'administration des Isles.

1705 – les Compagnies de milices sont différenciées. On distingue notamment les Compagnies de milices garde-côte ; les Compagnies de milice de guet et la Compagnie de milice des marchands de Saint-Pierre. Cette Compagnie est affectée à la garde du Gouverneur général en temps de siège.

1716 – la Compagnie des marchands de Saint-Pierre devient, par arrêté du gouverneur général Marquis DUQUESNE,,Compagnie des Gens d'Armes. Le commandement en est confié au Sieur HAILLET. Elle est en résidence à Saint-Pierre. L'arrêt de formation est ainsi conçu :

« La dite Compagnie sera détaché et ne se présentera sous les armes que les jours qui lui seront indiquée par Monsieur le Général ou Monsieur le Commandant en chef en sa place ».

« La dite Compagnie sera exempte des gardes, corvées et patrouilles auxquelles les milices sont assujetties, et ne sera sujette à monter à cheval que lorsqu'il lui sera ordonné par Monsieur le général ou en son absence ; par celui qui commandera cette compagnie ».

Elle se compose d'un capitaine commandant, un major, un aide-major, un lieutenant en second, un guidon, un commissaire, quatre maréchaux des logis, un fourrier, huit brigadiers et soixante gendarmes.

Cette compagnie n'a aucune attribution police. Elle est affectée à la garde du gouverneur général en temps de siège et reçoit une fois par an le gouverneur de Saint-Pierre, avec grand faste.

Un banquet est traditionnellement servi au gouverneur à cette occasion.

La police continue à être confiée à cette époque, aux Compagnies de Milices des Paroisses.

Par ordonnance du 17 mars 1721, une Compagnie de Maréchaussée, la première dans les Isles est créée à Saint-Domingue. Cette compagnie, reformée en 1733, puis en 1763, fonctionnera correctement et subsistera jusqu'à la Révolution en 1789.

le 24 mars 1763 – Ordonnance du Roy concernant la Colonie de la Martinique.

Art 1er : - Le gouvernement militaire de cette colonie sera composé à l'avenir :

……………………..

et d'une Compagnie de Maréchaussée.

Art 5 : - Suppression des Milices.

Art 9 : - Le Prévôt de la Maréchaussée restera au Fort Royal avec une partie de sa compagnie dont le reste sera détaché par brigades, partout où besoin sera.

Art 36 : - Il aura seul la police pour la sûreté des grands chemins et de l'intérieur des villes et habitations ; il sera à cet effet établi une Compagnie de Maréchaussée dans l'Isle et le dit Gouverneur lui donnera seul les ordres à cet égard.

Le capitaine des gardes du Marquis de FENELON, Girardin de MONTGEV est nommé Prévôst de la Maréchaussée.

18 octobre 1763 – Ordonnance de Messieurs les général et intendant sur les fonctions de la Maréchaussée.

14 décembre 1763 – Ordonnance portant règlement sur la Maréchaussée en Martinique.

8 août 1765 – Ordonnance concernant la suppression de la Maréchaussée et la création d'une troupe d'Archers, pour servir de main forte à la justice et à la police.

« ORDONNANCE DE M.M. Les Général et Intendant,

concernant la suppression de la Maréchaussée, et de la création d'une troupe d'Archers, pour servir de main-forte à la Justice et à la Police. du 8 Août 1765.

« La Maréchaussée de cette Colonie devenant inutile depuis le rétablissement des Milices, et S.M.., par son mémoire du 25 janvier dernier, nous ayant expréssément chargé de la réformer aussitôt après que les Milices auraient été rétablies à la Martinique; Nous, etc..., suprimons et réformons, à compter du premier septembre prochain, la Maréchausssée de cette Colonie: à cet effet la Maréchaussée se rassemblera à la fin d'août, suivant l'ordre qu'il en sera donné aux brigades qui la composent, au Fort-Royal, où M. le Gouverneur Général procèdera à sa réforme, ainsi qu'il est d'usage, faisant faire le décompte de toutes les dépenses et retenues relatives à cette troupe, depuis a création, par le Sieur DEMONTROC, Prévôt-Général, dont la charge sera également supprimée.

« Il sera établi une troupe composée de huit hommes, sous la dénomination d'Atchers laquelle sera commandée par un sergent et un caporal. Cette troupe servira de main-forte à la Justice et à la Police pour l'exécution de ses jugements, et sera aux ordres de l'Intendant, du Procureur-Général, du Conseil Supérieur, et des Procureurs du Roi des Juridicitions; seront obligés lesdits Archers de donner main-forte aux Huissiers, lorsqu'ils en seront par eux requis, et d'assister à l'exécution des Arrêts de mort qui auront été pronnoncés par le Conseil Supérieur.

« La paie de ladite Troupe sera de 20 sols et une ration par jour, par homme; 40 sols et deux rations au sergent, et 30 sols et une ration au caporal; le tout tant pour solde que pour logement. Le Segnet et cinq hommes résideront à Saint-Pierre et le caporal et trois hommes au Fort-Royal.

« Il sera fourni à cette Troupe pour cette fois-ci seulement, des fusils, une épée ou coutelas, avec un ceinturon; lequel armement ils seront obligés d'entretenir à leur frais, et de le représenter en bon état, toutes les fois qu'ils ens eront requis, et lorsqu'ils quitteront la Troupe.

« Leur habillment sera d'une veste rouge avec un parement et collet bleu, deux culottes conformes à la veste. Le Sergent aura un habit d ela même couleur, et les mêmes parements avec un galon d'argent sur la manche; le caporal un galon de soie blanc sur le bras. Cet habillment leur sera foruni par le Roi, et on le leur renouvellera tous les deux ans.

« Prions Messieurs du Conseil Supérieur, etc...

Donné à la Martinique, le 8 août 1765.

Signé : D'ENNERY et le Président de PEINIER. »

Cette troupe sera ainsi répartie :

- un sergent et cinq archers à Saint-Pierre ;

- un caporal et trois hommes à Fort-Royal.

1766 – Le Comte d'ENNERY crée le pavillon actuel (quatre serpents), alors commun à la Martinique et Sainte-Lucie.

Dans la nuit du 13 au 14 août, un violent cyclone s'abat sur la Martinique : 440 morts, 580 blessés, 80 navires perdus.

En 1767, le Roy reconnaît l’existence de la Compagnie des Gens d’Armes de la Martinique, et nomme le Vicomte de Fénelon à la tête de cette Compagnie. Cette existence est à nouveau confirmée par l’ordonnance du Roy, du 1er septembre 1768.

Le 7 mars 1787 - dépêche ministérielle de Monsieur la Maréchal de CASTRIES à Messieurs le Général et Intendant sur les Maréchaussées des colonies.

  • Propositions d’établissement d’une Maréchaussée en Martinique.

Cette proposition ne sera suivie d’aucun effet, en raison de l’opposition des Milices, jalouses de leurs attributions de police.

A noter cependant que préjugeant de la décision à prendre, une ordonnance du 16 avril 1787 donnait pouvoir aux cavaliers de la Maréchaussée d’arrêter ceux qui détérioraient le chemin du Prêcheur.

1789 - La Martinique compte un peu plus de 100 000 habitants dont 12 500 créoles.

1794 - Prise de la Colonie par les Anglais, sous les ordres de sir Ch. Grey et John Jervis. Les Britanniques occupent la Martinique jusqu'en 1802, date à laquelle le traité d'Amiens rend l'île à la France. Lavaret-Joyeuse est nommé Capitaine général de l'île de la Martinique et dépendances en avril 1802. Avec son frère, il reprend donc possession de l'île où il a de bonnes relations avec les colons.

1801 - La police est à la charge des Officiers des Sénéchaussées de Fort-Royal et Saint-Pierre qui disposent de commis de police, assisté d’une garde de police dans les bourgs et d’une troupe de brigadiers, sous-brigadiers et archers dans les villes.

Des Compagnies de Milices de gens de couleur sont employées en temps de paix à la chasse des nègres marrons, des déserteurs, et à la police des quartiers (Ordonnance du 1er janvier 1787).

La garde des galériens est confiée à la Compagnie des pertuisaniers (règlements du 5 mars 1787).

Des archers de Marine, nombre fixé par l’intendant en fonction des besoins de service, assurent la garde des locaux de l’intendance.

1802 - Réorganisation des Milices sous la dénomination de Garde Nationale.

Ordonnance du 25 brumaire an IX du capitaine général pour la formation d’un Corps de gendarmerie à pied et à cheval (16 novembre 1802).

Ce Corps à l’effectif de 95 officiers, gradés et gendarmes comportait en outre une escouade auxiliaire de gendarmes composée de 1 brigadier et 8 gendarmes de couleur.

L’effectif est encaserné dans les paroisses suivantes :

  • Fort-Royal - Saint-Pierre - La Trinité - Le Marin- Rivière-Salée - Lamentin.

  • Les vingt autres paroisses ont un gendarme commis à la police.

Le 22 décembre 1802 - Arrêté du Préfet Colonial créant un détachement de gendarmerie maritime composé d’un maréchal des logis, d’un brigadier et d’un nombre de gendarmes proportionnés au service.

2 février 1803 le préfet Colonial ordonne l’établissement d’une taxe de gendarmerie.

« L’établissement de la gendarmerie de la Martinique tenant à des circonstances et n’ayant pour objet que la sûreté des habitants et des propriétés, le Gouvernement ordonne que cette dépense soit particulière à la Coloniale et soit l’objet d’une taxe particulière, dite taxe de gendarmerie, laquelle sera indépendante des autres contributions que paie la Martinique et leur sera spécialement additionnelle ».

8 juillet 1803 - Arrêté du capitaine général portant création d’une Compagnie de Chasseurs de couleur libres à la Martinique, commandée par des officiers.

L’effectif de cette compagnie est de 3 officiers et 60 chasseurs.

19 août 1803 - Arrêté du capitaine général Louis-Thomas VILLARET-JOYEUSE.

Le Corps de gendarmerie de la Martinique prend le nom de Gendarmerie Coloniale et est composé de :

1 capitaine commandant - deux lieutenants - un maréchal des logis - deux brigadiers - treize gendarmes.

17 octobre 1803 -

Arrêté du capitaine général relatif à l'établissement d'un tribunal spécial.

- « Considérant qu'il est urgent de réprimer les empoisonnements d'esclaves et de bestiaux, les enlèvements de canots et pirogues par les nègres marrons passant à l'ennemi et les incendies d'habitations, cases, usines, etc.

ARRÊTÉ :

…………

Art 3 – Le tribunal sera composé du Commandant de gendarmerie, qui fera l'instruction et présidera le tribunal assemblé ; du Lieutenant de la gendarmerie, du Commissaire civil du quartier où le délit aura été commis.

………..

Art 26 – Les fonctions d'huissier près le tribunal spécial seront remplies par les gendarmes………….

La compétence de ce tribunal sera étendue (ordonnance du 26 septembre 1806), aux faits de révoltes et provocations à la révolte, dans les ateliers de campagne.

Sous l'occupation anglaise, la gendarmerie perd ses attributions et le tribunal spécial devient une juridiction civile (Ordonnance du 19 avril 1809 de S.E. le Lieutenant Général Georges BECKWITH).

Janvier 1804 - Les cinq sols par livres affectés à l'entretien de la gendarmerie Coloniale sont réduits et la gendarmerie diminuée.

1809 – Prise de l'île par les Anglais, sous les ordres du lieutenant général George Beckwith, et l'amiral Lex Ander Cochrane.

La Gendarmerie Coloniale disparaît.

L'ordonnance du 10 juillet 1809 réorganise la police :

- Fort Royal : un commissaire disposant d'un brigadier et quatre archers ;

- Saint-Pierre : un commissaire disposant d'un brigadier, un sous-brigadier et six archers.

Dans chacune des 24 paroisses de l'île, un commis à la police. Ces commis de police sont inspectés une fois le mois par un inspecteur de police ayant rang de Capitaine d'Infanterie de Milice.

Il existe deux inspecteurs ; un pour le département de Saint-Pierre; un pour le département de Fort-Royal.

Ces inspecteurs rendent compte à l'administrateur de tout de qu'ils font dans leur tournée.

1810 – La Compagnie de Chasseurs de couleur est remplacée par une (Règlement du 17 janvier 1810)n puis par deux (Règlement du 23 avril 1810) brigades ambulantes et armées pour la répression du marronnage. Chacune de ces deux brigades à un effectif de un chef et quatre à huit hommes.

Ces effectifs sont fixés (Ordonnance du 10 août) à 2 sous-brigadiers et 4 chasseurs chacune.

Elles sont commandées par un inspecteur de police.

Art 5 du 17 janvier 1810.

« - Le chef de la brigade sera muni de notre ordre de service et comme la brigade doit agir en corps ou par chasseur isolément, suivant le besoin d'employer la force ou l'espionnage, chaque chasseur sera pourvu d'une carte portant son nom et son signalement, signée du chef de l'administration avec le cachet aux Armes de S.M. ; et cet ordre, comme cette carte serviront pour obtenir toute protection auprès de tous ceux sur lesquels notre pouvoir s'étend. »

1815 – Par Arrêté du 10 février, l'intendant crée une brigade d'archers ou de gendarmes maritimes pour le service des bureaux de l'intendance à l'effectif de : un maréchal des logis, un brigadier et 8 archers.

Par lettre n° 293, du 12 octobre 1820, le Ministre secrétaire d'État de la Marine et des Colonies annonce au Gouverneur, la création d'une Compagnie de gendarmerie.

Par lettre n° 329 du 22 novembre 1820, le Ministre annonce l'embarquement de cette Compagnie de Rochefort, dans le commencement de janvier 1821.

« Monsieur le Comte, je vous ai fait connaître, par ma dépêche de 12 octobre dernier n° 293, les mesures prises pour vous procurer la Compagnie de gendarmerie à Pied et à cheval que vous avez demandée pour le service de la police à la Martinique.

(….)

« Ces 73 hommes se réuniront à Rochefort et j'espère qu'ils pourront partir dans le commencement de janvier 1821.

vous aviez demandé que les chavaux nécessaires aux sous-officiers et gendarmes, qui doivent être montés, fussent envoyés de France, attendu la cherté de ces animaux à la Martinique. Mais il a été reconnu que leur transport ne pourrait avoir lieu par des bâtiments du Roi qu'autant que l'on effectuerait sur ceux qui y seraienr employés, des installations particulières aussis longues que dispensieuses. D'un autre côté l'affrêtement de navires de commerce pour une semblable expédition serait égalment fort dispensieuse et sans doute fort difficile; enfin, on ne peut se dissimuler que des pertes assez fortes auraient lieu pendant une longue traversée; Il apparut plus économique que l'administration de la Martinique se chargeat de l'achat des chevaux, qu'elle pourra faire venir des possessions espagnoles ou des États-Unis, s'il n'est pas possible de ce les procurer sur les lieux à des prix raisonnables. Les chevaux ne seront donc point envoyés de France. Toutefois les 35 sous-officiers et gendarmes destinés à être montés seront pourvus des effets de harnachement.

(...) »

L'effectif est fixé à 3 officiers et 35 sous-officiers et gendarmes à cheval, 35 sous-officiers et gendarmes à pied.

Quatorze brigades sont prévues : 7 à pied et 7 à cheval.

Les harnachements sont emportés, mais les chevaux devront être achetés dans les possessions espagnoles ou aux États-Unis.

La gendarmerie est installée en Martinique : date du débarquement ignorée. L'effectif est de :

- 3 officiers et 29 sous-officiers et gendarmes à cheval, 27 sous-officiers et gendarmes à pied ; soit 59.

Par décision du 2 août 1822, la propriété dit « L'ENCLOS » à Saint-Pierre, près et au-dessous du théâtre, est acquise pour la somme de 55 555 francs 55 centimes, pour servir de logement à la gendarmerie.

Par l'arrêté en date du 1er janvier 1823, les brigades à pied sont supprimées et remplacées par 7 brigades à cheval

Lettre n° 50 du 14 janvier 1823, du Ministre secrétaire d'État de la Marine et des Colonies :

- Suppression de douze gendarmes maritimes qui seront incorporés dans la Compagnie de Gendarmerie Royale.

- Les archers de police sont à la charge des budgets municipaux.

- Les brigades ambulantes de police (effectif 30), composées d'hommes de couleur sont maintenues et sont laissées sous les ordres du Commandant de la gendarmerie pour la discipline et pour le service.

Arrêté du Gouverneur en date du 20 septembre 1823, création d'une brigade d'ordonnance, formée des gendarmes maritimes faisant le service d'ordonnance.

Effectif : 1 brigadier, 1 sous-brigadier, 6 gardes d'ordonnance.

Circulaire ministérielle n° 84 du 14 décembre 1823.

Le recrutement sur place, pour recomplètement des effectifs, est admis et même préconisé (plus économique que le recrutement opéré en Métropole).

Par lettre n° 395 du 7 octobre 1824, le Ministre fixe l'effectif de la Compagnie à 68 hommes de l'Arme à cheval, y compris 3 officiers.

Le Gouverneur est invité à supprimer les archers, les commissaires et commis à la police et les brigades d'ordonnances.

Le recrutement local est à nouveau préconisé pour combler les vacances.

Il est recommandé de recruter dans le Corps de la Cavalerie, mais également dans l'infanterie ;

« Ce serait un puissant motif d'émulation pour l'Infanterie……………..

« Il sera facile de leur assigner, dans les premières années, des résidences éloignées des lieux où ils auraient contracté des habitudes qui seraient de nature à devenir nuisibles au service. C'est une attention qui regarde le commandement de l'Arme. Où pourrait même pour plus de sûreté recruter des gendarmes à la Guadeloupe pour la Martinique et réciproquement ».

Par la même lettre, le Ministre annonce l'avancement de Monsieur LAHOGNE, promu chef d'Escadron par l'Ordonnance du 18 septembre 1824.

La dépêche ministérielle du 7 octobre 1824 confirme les effectifs de la gendarmerie annoncés dans la lettre précédente.

L'article 1er de l'Ordonnance Royale du 26 janvier 1825, le Département de la guerre fournira pour les Colonies la gendarmerie à pied et à cheval.

Ordonnance confirmée par une Ordonnance du 17 août 1829.

Une dépêche du 8 juin 1827 étend à la Martinique l'Ordonnance royale du 29 octobre 1820, sur le service de la Martinique. Cette Ordonnance ne sera promulguée, avec les modifications nécessaires qu'en 1829.

Le 6 novembre, les brigades ambulantes de police prennent la dénomination de « Chasseurs de montagne ».

Le 6 novembre 1830, l’emploi de capitaine de « Chasseurs de montagne » est supprimé. Cette brigade est composée d’anciens militaires et de civils et comprend : 4 brigadiers, 4 sous-officiers et 24 chasseurs. Elle est placée sous les ordres du capitaine commandant la gendarmerie de la Martinique. L’emploi de chef d’Escadron commandant cette dernière est supprimé ;

Le Service spécial de la brigade de Chasseurs de montagne, comprend la police générale des campagnes, la recherche des noirs, le maintien de l’ordre et la tranquillité des ateliers.

Par la circulaire du 4 juin 1835, le Ministre de la Guerre recherche du personnel pour compléter les effectifs de Martinique et Guadeloupe : Conditions= 24ans, célibataire et d’une taille de 1, 752 m au moins.

Il est rappelé que :

« Sous le climat des Antilles, d’inconduite devient presque toujours fatale soit en hâtant la perte des hommes les plus robustes, soit en les portant à des excès dont les conséquences peuvent leur être non moins funestes ».

Ordonnance du 17 août 1835.

Réorganisation de la Compagnie, elle est ainsi composée de :

  • 1 Chef d’Escadron ;

  • 2 lieutenants ou sous-lieutenants ;

  • 5 maréchaux des logis à cheval, dont 1 faisant fonction de trésorier ;

  • 12 brigadiers à cheval ;

  • 80 gendarmes à cheval.

Le 11 janvier 1839, un tremblement de terre fait 400 victimes à Fort de France, 400 maisons sont détruites sur 800.

Le 3 juillet 1840, la brigade des « Chasseurs de montagne « n’est plus composée que d’anciens militaires et comprend :

  • 4 brigadiers ;

  • 4 sous-brigadiers ;

  • 24 chasseurs.

Elle est instituée comme auxiliaire de la gendarmerie et placée sous les ordres du Commandant de Compagnie.

Par l’ordonnance du Roi, en date du 6 septembre 1840, l’effectif de la Compagnie de la Martinique est fixé comme suit :

  • 1 Chef d’Escadron ;

  • 2 lieutenants ou sous-lieutenants ;

  • 1 lieutenant ou sous-lieutenant trésorier (nouvelle création) ;

  • 8 maréchaux des logis à cheval ;

  • 16 brigadiers à cheval ;

  • 120 gendarmes à cheval.

1842 - cession au Gouvernement de Métropole du terrain sur lequel a été construite la nouvelle caserne de gendarmerie de Fort de France.

Par arrêté du 27 mai 1844, le gouverneur porte la force de la brigade de « Chasseurs de montagne » à six brigadiers, six sous-brigadiers et quarante-trois chasseurs.

Le 1er février 1845, arrêté du Gouverneur portant que sur la demande du Chef d’Escadron commandant la gendarmerie, la brigade des « chasseurs de montagne » cesse d’être placée sous les ordres de cet officier supérieur.

Elle prend le nom de « CHASSEUR de la MARTINIQUE » et est commandée par Monsieur le capitaine MASSY, officier d’Infanterie de Marine en retraite, dont la résidence est fixée à Fort de France et dont le traitement sera de 5000 francs ; il est secondé par Monsieur BOULIUX, ancien capitaine de pompiers, nommé lieutenant de cette brigade et qui est placé en résidence à Saint-pierre, aux appointements de 3500 francs.

Le 30 juin 1845, la brigade de Rivière-Salée est divisée : elle fournit un poste de 3 hommes au Petit-Bourg. Ce poste permettra une meilleure surveillance des canots et des étrangers.

Terrible épidémie de fièvre jaune, qui fait de nombreuses victimes dans le personnel de la Compagnie.

La Dépêche ministérielle du 24 octobre, pour permettre une tenue uniforme, l’allocation de première mise d’habillement est allouée à tous gendarmes nouvellement admis à la Colonie, sans distinction de leur provenance.

Par arrêté du Gouverneur en date du 9 décembre 1845, le loyer et l’entretien des casernements de la gendarmerie sont des dépenses facultatives.

Dépêche ministérielle du 8 mai 1846, substitution d’un emploi de capitaine à l’un des emplois de lieutenant.

Le Gouverneur rend applicable en Martinique des textes concernant l’intervention des maires dans l’administration intérieure de la gendarmerie. Par exemple, les maires constatent au bas des ordres de service les découchers des sous-officiers et gendarmes ; ils constatent également les tournées des officiers de gendarmerie.

1847 - la vérification de la comptabilité de la Compagnie a révélé des irrégularités. Des retenues sont effectuées sur la solde des membres du Conseil.

1848 - Proclamation de la République dans la Colonie.

Emancipation des noirs. Révolte dans l’ile. Incendies et massacres au Prêcheur. La brigade de cette localité qui s’est particulièrement distinguée dans ces tristes circonstances et qui a affronté plusieurs fois la mort, est citée à l’ordre des Troupes de la Colonie et reçoit les récompenses suivantes :

  • le Maréchal des logis COLNY, chef de brigade, les gendarmes MILLION, QUARTRON et LE CESSOIS sont nommés Chevaliers de la Légion d’Honneur.

Dans toute la Colonie, la gendarmerie a donné les plus grandes preuves de son dévouement et la mesure de ce qu’on peut attendre d’elle dans les circonstances critiques, grâce à son énergique concours, l’ordre a pu être promptement rétabli.

Par décret du 10 juillet 1852, cinq enfants de troupe sont affectés à la Compagnie ;

Par ordre du Gouverneur du 13 août 1852, établissement d’une brigade de gendarmerie à Grand-Rivière, en raison de l’éloignement de ce bourg, et des difficultés de communications.

Le 11 janvier 1854, le personnel de la Compagnie de la Martinique se compose de :

  • 4 officiers ;

  • 1 maréchal des logis chef ;

  • 7 maréchaux des logis ;

  • 16 brigadiers ;

  • 99 gendarmes.

Les brigades de rivière salée et trois Ilets, Sainte-Marie et Marigot sont casernées en un lieu intermédiaire entre les deux bourgs ; celle de Rivière-Pilote, en dehors du bourg et rapprochée du Saint-Esprit.

Par décision du 27 novembre 1854, pour compter du 1er décembre 1854, pour insalubrité la brigade de Rivière-Salée est supprimée. Deux gendarmes sont envoyés aux Trois-Ilets pour compléter la brigade de ce bourg, les deux autres sont placés au chef-lieu de la Compagnie.

Une épidémie de fièvre jaune fait de nombreuses victimes parmi le personnel de la Compagnie ; les brigades de gendarmerie sont placées provisoirement dans différents postes sanitaires sur des habitations.

Le 21 juillet 1855, l’effectif de la Compagnie est ainsi modifié :

ARME À CHEVAL

  • 4 officiers ;

  • 1 maréchal des logis chef, faisant fonction de lieutenant ;

  • 7 maréchaux des logis ;

  • 15 brigadiers ;

  • 115 gendarmes.

ARME À PIED

  • 1 maréchal des logis, adjoint au trésorier ;

  • 1 maréchaux des logis ;

  • 2 brigadiers ;

  • 15 gendarmes ;

  • 5 enfants de troupe.

Soit un effectif de 166, dont 4 officiers.

25 août 1855 - Bourrasque à Saint-Pierre.

Des témoignages de satisfaction sont décernés par le gouverneur aux officiers et militaires des divers Corps pour les secours apportés aux navires en danger, pour la protection des naufragés et pour la sauvegarde de tous les intérêts.

27 juin 1857 - Circulaire du Ministre de la Marine au Gouverneur. A la suite des résultats de l’inspection générale d’armement de 1856, le Ministre insiste sur les mesures à prendre pour protéger les munitions contre l’air chaud et humide.

20 octobre - Instruction du Ministre de la Guerre sur la tenue de la gendarmerie Coloniale (articles 796 et suivants) (Mémorial Vol 6 page 193).

13 novembre , création du commissariat de police du Lamentin.

1865 - Les Zouaves se révoltent au Fort DESAIX. La gendarmerie engagée sous le commandement du chef d’escadron GILLET, le gendarme ALBERT est blessé. L’ordre est rétabli avec le concours des troupes.

Sont cités à l’ordre du jour du Gouverneur :

  • Chef d’escadron GILLET ;

  • Brigadiers BONNOT et MULLER ;

  • Les gendarmes ALBERT et GUILLEHAULT.

Le 1er septembre 1865, le brigadier DONNOT, les gendarmes BEYNET, FAURE, SORDET et COMBOULAS qui ont sauvé au péril de leur vie, un grand nombre d’hommes et de femmes en danger lors de l’inondation de Fort-de France, le 31 août, sont cités à l’ordre des troupes coloniales.

Le 19 novembre 1865, les brigades de gendarmerie rassemblées à Saint-Pierre, sont citées à l’ordre des Troupes de la Colonie pour le zèle et le dévouement qu’elles ont apporté à assurer le service de la ville pendant l’extrême réduction de l’effectif de la garnison.

A la suite de l’incendie qui s’est déclaré à Saint-Pierre le 17 mai 1867, un témoignage de satisfaction du Gouverneur est adressé au lieutenant LAUVIAC et aux Corps de gendarmerie.

Le décret Impérial du 5 juin 1869 modifie l’organisation de la gendarmerie de la Martinique.

Il est créé un emploi de lieutenant ou de sous-lieutenant pour commander l’arrondissement de la Trinité, un emploi de Maréchal des logis à cheval et 3 emplois de brigadiers à cheval. Trois emplois de gendarmes à cheval sont supprimés.

L’effectif de la Compagnie reste ainsi fixé :

  • 5 officiers ;

  • 9 sous-officiers à cheval, dont 1 maréchal des logis chef ;

  • 2 sous-officiers à pied, dont 1 adjoint au trésorier ;

  • 18 brigadiers à cheval ;

  • 2 brigadiers à pied ;

  • 112 gendarmes à cheval ;

  • 5 enfants de troupe

soit un effectif de 168 officiers, sous-officiers, gendarmes et enfants de troupe compris.

1869 – 1870 – Une épidémie de fièvre jaune fait de nombreuses victimes dans la Compagnie. Le chef d'Escadron RAVIOT, 1 brigadier et 15 gendarmes succombent des suites de cette maladie.

1870 – Insurrection du Sud, le capitaine ARNOULO, commandant les brigades centralisées, est envoyé dans le Sud pour combattre l'insurrection et assurer le maintien de l'ordre.

Le capitaine ARNOULO, les maréchaux des logis chefs MULLER, PETER et TESTUT, les maréchaux des logis POTIERS, LAVATSKA, les brigadiers et gendarmes FAURE, GUYOTON, ROUME, DEZAY, DAIGNE et NICOLAS sont cités à l'ordre des Troupes de la Colonie pour dévouement et le courage dont ils ont fait preuve pendant la campagne dirigée contre les insurgés.

1871 – Par dépêche ministérielle du 27 juillet 1871, des témoignages officiels de satisfaction sont accordés aux sauveteurs qui se sont distingués lors du naufrage du paquebot « MISSISSIPI », perdu dans les récifs Pinsonnelle du François, dans la nuit du 11 au 12 mai 1869.

Témoignages accordés à :

- Maréchal des logis chef JACQUEMOT, au François.

- Brigadier BERMES, au Vauclin.

- Gendarme BONE, au Vauclin.

Par décision du Gouverneur en date du 11 octobre 1871, chaque brigade est dotée d'une pierre à filtrer et de son support en bois.

Par décision du Gouverneur en date du 17 mars 1873, la brigade de la Rivière-Pilote est érigée en Poste de maréchal des logis, celle de la Rivière-Salée passe sous le commandement d'un brigadier.

Par décision du Gouverneur en date du 21 avril 1874, un gendarme sera détaché chaque jour dans un bureaux de l'inscription Maritime à Fort-de-France et Saint-Pierre.

L'effectif est de 5 officiers, 172 hommes dont 147 à cheval. Il existe 3 compagnies et 31 brigades.

Le 6 novembre 1876, le Poste provisoire de Sainte-Luce est évacué puis supprimé (Ordre n° 29 de la Compagnie).

Par décision du 14 janvier 1878, le Gouverneur ordonne le transfèrement pour insalubrité, de la brigade de la Rivière-Blanche à Saint-Joseph.

Témoignage de satisfaction à l'Ordre du Gouverneur accordé au chef de brigade JEANINOT pour le calme et le fermeté dont il a fait preuve à l'occasion des scènes de désordres qui se sont produites le 23 juin 1878 au Saint-Esprit.

Témoignage de satisfaction à l'Ordre du Gouverneur accordé au brigadier CARBONEL Pierre, du Morne-Rouge, pour acte de courage et sang-froid déployé le 12 janvier 1880, pour avoir maintenu en état d'arrestation, quoique fortement blessé au poignet, le nommé Nicolas.

1880-1881 – longue et terrible épidémie de fièvre jaune, 1 officier, Monsieur LAIRET, 1 sous-officier, 1 brigadier et 8 gendarmes sont victimes de ce fléau.

Par suite de cette épidémie, les brigades de Fort-de-France, Lamentin, Saint-Esprit, Diamant, Trois-Ilets, Ducos, Morne-Rouge, Grand'Anse et Grand'Rivière ont été évacuées et placées sur les habitations, dans des postes sanitaires.

1881 – Agrandissement de la caserne de Fort-de-France.

Par arrêté du Gouverneur en date du 26 mai 1882, la brigade de Trois-Ilets est supprimée. La commune sera surveillée par celle de Rivière-Salée. La brigade du Diamant surveillera les communes du Diamant et des Anses d'Arlets.

Le 13 juin de la même année, un nouvel arrêté transforme en brigade le Poste de Ducos.

Le 11 mai 1883, sur la demande du capitaine commandant provisoirement la Compagnie (Lettre n° 93 du 11 mai 1883), le Gouverneur de la Colonie décide que le maréchal des logis à pied, placé à la brigade de Fort-de-France, ira commander la brigade à pied du Fort à Saint-Pierre.

Le 4 septembre, Saint-Pierre subit un violent cyclone, suivi d'un terrible raz-de-marée. Le lieutenant BOINEAU et les brigadiers de cette localité sont cités à l'Ordre des Troupes de la Colonie, pour le courage et le dévouement dont ils ont fait preuve en sauvant, pendant la nuit, les équipages de 19 navires ou caboteurs jetés et brisés sur la côte.

Des médailles d'Honneur sont accordées au Lieutenant BOINEAU, au maréchal des logis DEVIVIER et aux gendarmes AUTHIER et PAULET, qui se sont plus particulièrement distingués pendant ce sinistre. Le maréchal des logis DEVIVIER et le gendarme AUTHIER sont en outre proposés pour la Médaille Militaire par Ordre du Ministre.

1884 – Suppression de la tunique en drap.

La Martinique compte 167 000 habitants.

La gendarmerie comprend 5 officiers, 148 hommes plus 5 enfants de troupe.

Il existe 3 arrondissements et 29 brigades, soit :

- 4 à Fort-de-France ;

- 4 à Saint-Pierre ;

- 2 à Trinité ;

et 1 dans chacun des bourgs suivants :

- Lamentin – Rivière-Blanche – Saint-Esprit – Diamant – Rivière-Pilote – Rivière-Salée – Carbet – Morne-Rouge – Case-Pilote – Prêcheur – Basse-Pointe – Grand'Anse (Lorrain) – Saint-Marie – Gros-Morne – Robert – François – Vauclin – Marin – Sainte-Anne.

1887-1888 – Une épidémie de fièvre jaune se déclare pendant l'hivernage de 1887 et sévit avec intensité jusqu'à la fin de décembre 1888. quatre gendarmes sont victimes du fléau. Les brigades du Centre à Saint-Pierre sont rapidement évacuées et établies sur l'habitation « Parnassé ». la brigade de Rivière-Pilote est transférée provisoirement au Marin. D'autres brigades sont déplacées en attendant la fin de l'épidémie.

1889 – Par décret du 13 mars 1889,

…………. considérant qu'il y a lieu de régulariser en les consacrant par un décret, les augmentations de cadre et d'effectifs de la gendarmerie accordées à certaines Colonies pour répondre à des nécessités urgentes de service, les effectifs de la Martinique sont fixées à :

- 5 officiers ;

- 139 hommes à cheval ;

- 19 gendarmes à pied ;

soit un total de 163.

Le 22 juin 1890, un violent incendie détruit la plus grande partie de la ville de Fort-de-France. La gendarmerie des brigades de Fort-de-France et des brigades voisines, se porte spontanément sur le lieu de l'incendie et fait preuve du plus grand dévouement.

Sont décorés de la Médaille d 'Honneur :

le lieutenant-Trésorier GOULETTE, (2ème classe en or) ;

le Mdl PANSIER et le gendarme PEYERMORTE (2ème classe en argent).

Le 6 avril 1891, un violent incendie détruit la cité « CLARAC ».

reçoivent un témoignage de satisfaction : Le capitaine LE NY et le brigadier RENAULO.

Dix jours plus tard, le 16 avril un violent incendie détruit une partie du bourg du Saint-Esprit. Les brigades voisines se portent au feu. Le maréchal des logis SOUET, le brigadier PERRY et les gendarmes FEVRE et BIGNEY reçoivent un témoignage officiel de satisfaction.

Par décret du 6 juin 1891, en raison de réduction de crédits, la Compagnie est réduite à l'effectif de :

- 1 capitaine commandant ;

- 2 lieutenants ou sous-lieutenants ;

- 1 lieutenant ou sous-lieutenant trésorier

TROUPES A CHEVAL :

- 1 adjudant ;

- 2 maréchaux des logis chefs ;

- 5 maréchaux des logis ;

- 9 brigadiers ;

- 68 gendarmes.

TROUPES À PIED :

- 1 maréchal des logis adjoint au trésorier ;

- 1 maréchal des logis ;

- 2 brigadiers ;

- 15 gendarmes.

CHEVAUX :

- 3 d'officiers ;

- 67 de troupes.

Le Chef d'Escadron, 2 maréchaux des logis à cheval, 7 brigadiers à cheval et 44 gendarmes à cheval sont mis à la suite.

Sont supprimées :

- 1 brigade à Fort-de-France – Saint-Pierre – et Trinité.

Les brigades de Rivière-Salée, 'brigade de Trois-Ilets rétablie), Sainte-Anne (surveillée par la Marin), Carbet (Surveillée par Saint-Pierre et Case-Pilote), Gros-Morne (surveillée par Trinité) ; Prêcheur (surveillée par Saint-Pierre), Robert (surveillé par Trinité et François), Rivière-Pilote (surveillée par Marin).

Le 18 août 1891, un violent cyclone ravage l'île de la Martinique détruit les récoltes, renverse les maisons, inonde certains points de la Colonie et fait deux mille victimes (500 morts et 1500 blessés).

Toutes les casernes de la Compagnie sont plus ou moins endommagées. Celle de Saint-Joseph est renversée sur l'écurie où trois chevaux sont tués. La gendarmerie compte de nombreux blessés, entre autres les brigadiers GIRAUD et LAPEYRE et le gendarme LAMBERT. Dans chaque résidence, la brigade a couru au secours de la population et opéré de nombreux sauvetages.

Le 16 novembre de la même année, des pluies torrentielles amènent l'inondation du bourg de la Rivière-Pilote. Dans certains rues la hauteur de l'eau atteint deux mètres.

La brigade de cette résidence se porte au secours des habitants, fait évacuer les maisons menacées et sauve des personnes en danger de mort.

Le brigadier DETREZ et les gendarmes BULTEL - ROY et LHUYER sont portés à l'Ordre du jour de la Compagnie.

Par décret du 2 juin 1893, l'effectif de la compagnie a été augmenté de :

1 chef d'escadron commandant.

Le 2 octobre, le brigadier PEYREMORTE Jean, des brigades de Fort-de-France, est cité à l'ordre de la Colonie pour le dévouement, le zèle et la sagacité dont il a fait preuve en opérant seul, l'arrestation du nommé GUIGNEL Aculi, forçat des plus dangereux, évadé de Cayenne.

Le 4 novembre 1894, le lieutenant COGORDAN, le maréchal des logis-chef PAULET, le brigadier RICAUD et les gendarmes SOURNET, JASSAUD, NOEL, VIVANT, BIDE et CRESBON sont cités à l'ordre de la compagnie pour s'être exposés bravement, à plusieurs reprises, à de réels dangers en portant secours aux personnes menacées et en luttant contre les rapides progrès d'un incendie qui détruisit en partie la ville de la Trinité.

Le 28 novembre, les gendarmes RENUCCY et DE COUPIGNY de la brigade de Rivière-Pilote sont cités à l'Ordre de la Compagnie pour, lors d'une crue subite surprenant les habitants de leur résidence, dans la nuit du 4 au 5 novembre, avoir fait preuve d'un grand courage et d'un grand dévouement en formant la tête d'une chaîne et en sauvant au péril de leur vie, le Conseiller municipal Emile DENISE, dont les appels désespérés indiquant une fin prochaine.

La loi du 20 mars 1894, crée le Ministère des Colonies.

Le maréchal des logis LAGARDE étant à la tête de sa brigade, est lâchement frappé d'un coup de couteau, au moment où il tentait d'opérer l'arrestation d'un criminel recherché depuis longtemps.

Les gendarmes BOCAGE, CAVRO et VIVANT, de même que leur chef de brigade LAGARDE sont cités à l'Ordre de la Compagnie, pour le courage et l'énergie dont ils ont fait preuve, en se rendant maîtres du meurtrier, lequel doué d'une force herculéenne et toujours armé de son couteau, opposait à leurs efforts, une vive résistance.

Le maréchal des logis Chef LAGARDE reçoit la Croix de Chevalier de la Légion d'Honneur par décret du 8 août 1895.

le 20 octobre, le brigadier PEYREMORTE de la brigade de Fort-de-France, est cité à l'Ordre de la Compagnie pour le motif suivant :

« Sur la réquisition d'un chef de maison d'avoir à faire rentrer dans l'ordre deux marins absents illégalement, a opposé, pendant une demi-heure, à leurs voies de faits, le plus grand calme, la plus grande énergie et n'a fait usage de son revolver qu'à la dernière extrémité, au moment précis où force devait rester à la loi ».

Le Chef de Corps cite également le gendarme MOURIE, qui a secondé avec sang-froid et vigueur, son brigadier aux prises avec deux marins, dont les violences et les voies de faits ont rendus nécessaire l'emploi des armes.

Dans le courant du mois de novembre, une épidémie de fièvre jaune se déclare à Saint-Pierre et fait de nombreuses victimes. Trois cas dont deux suivis de décès ont lieu à la caserne du centre. Cette caserne est évacuée et les brigades qui l'occupaient, sont dirigées sur l'Habitation du « Trouvaillant », où elles restent pendant deux mois.

En 1895, l'effectif est de 5 officiers, 85 gendarmes à cheval, 19 gendarmes à pied. Il y a trois arrondissements et 25 brigades.

- 3 à Fort-de-France ;

- 4 à Saint-Pierre ;

- 1 à Lamentin – Saint-Joseph - Saint-Esprit – Diamant – Rivière-Pilote - Morne-Rouge – Case-Pilote – Prêcheur – Basse-Pointe – Grand'Anse (Lorrain) – Trinité - Saint-Marie – Gros-Morne – Robert – François – Vauclin – Marin – Trois-Ilets.

1896 – L'épidémie de fièvre jaune se propage à Fort-de-France et dans l'intérieur de l’île. Le lieutenant trésorier SANTINI, deux brigadiers et six gendarmes succombent dans la courant de 1896. les brigades de Fort-de-France et quelques unes de l'intérieur de l'île, sont évacuées sur les hauteurs jusqu'à la fin de l'année, époque à laquelle l'épidémie a cessé.

Le 2 juin 1896, le maréchal des logis RICAUD, les gendarmes MONNIER et FEREE sont cités à l'Ordre de la Compagnie pour avoir, pendant les élections du 3 mai à Sainte-marie, par leur sang-froid et leur énergie, empêché une foule menaçante d'envahir la mairie et dissipé à plusieurs reprises des rassemblements armés de 500 personnes environ sur le point d'en venir aux mains.

Le 28 décembre de la même année, le maréchal des logis OLIVIER ; les gendarmes DUNAND et CHIRAT son cités à l'Ordre de la Compagnie pour le motif suivant :

« Au cours des inondations survenues à Rivière-Pilote,dans la nuit du 20 au 21 décembre, se sont exposés à un réel danger en opérant le sauvetage de plusieurs personnes surprises par la crue subite des eaux ».

Le 22 décembre 1897, le brigadier LANFRANCHI et le gendarme AMIOT sont cités à l'Ordre de la Compagnie pour avoir fait preuve d'une grande énergie en maintenant en état d'arrestation trois fusiliers de discipline qui ont opposé une résistance acharnée et ses sont livrés sur leur personne, à des voies de fait.

Le 25 avril 1989, le brigadier CARREY et les gendarmes MONNIER et PETIT sont cités à l'ordre de la Compagnie pour avoir sous un soleil ardent, de 11 heures du matin à 1 heure de l'après-midi, donné les preuves d'une grande énergie et de beaucoup d'initiative en se multipliant dans toutes les directions, pour organiser et diriger les secours destinés préserver d'importantes plantations qu'un incendie d'une violence extrême, avait envahies.

Le 27 octobre 1899, le brigadier CARREY et les gendarmes MAJOREL et HEREMBROD sont cités à l'Ordre de la Compagnie pour avoir fait preuve d'énergie et de sang-froid, en mettant en état d'arrestation un malfaiteur dangereux, d'une force herculéenne qui, étant complètement nu, le corps enduit de graisse, s'élança sur eux en faisant irruption d'une case dans laquelle il s'était réfugié et chercha à culbuter le brigadier par un vigoureux coup de tête dans la poitrine. Une lutte au corps à corps s'engage et au cours de celle-ci, le brigadier et les gendarmes reçurent quelques blessures sans gravité.

Le commandement de la Gendarmerie de Martinique (1635-1899)
Le commandement de la Gendarmerie de Martinique (1635-1899)
Le commandement de la Gendarmerie de Martinique (1635-1899)
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