La Gendarmerie de Madagascar

  • Michel GERMAIN
  • Histoire

Le 13 juillet 1883, vingt gendarmes venant de l'île de la Réunion débarquent à Tamatave. Ils sont évacués en janvier 1887, à l'exception de trois gendarmes laissés à Diégo-Suarez.

En 1892, le parti colonial français demande l’application du protectorat sur l’île. le gouvernement français, qui hésite encore, ne fait que renforcer les garnisons des comptoirs français comprenant des soldats malgaches et envoie une escadre navale, tentant une dernière démarche diplomatique pour établir un véritable protectorat. Après le refus de la reine le 22 octobre 1894, la France procède à l’évacuation de ses ressortissants le 25 ; la guerre est déclarée.

Le 22 février 1895, un corps expéditionnaire comprenant une prévôté de 3 officiers, 5 gradés et 50 gendarmes est envoyé à Tananarive, quinze gendarmes viendront par la suite renforcer le dispositif.
La campagne de Madagascar engage 21.000 troupes françaises (dont 7.000 convoyeurs indigènes), contre le royaume Hova de Madagascar défendu par une armée potentielle de 35.000 hommes.
Débarqué à Majunga le 23 avril 1895, le corps expéditionnaire au prix des pires difficultés logistiques atteint Tananarive, la capitale, le 1er octobre. Les troupes Hovas n'opposent qu'une résistance sporadique, mais la maladie (Paludisme et typhoïde) décime les troupes françaises, peu acclimattées : 5.756 hommes décèdent, dont uniquement 20 des suites de combats.

Les officiers du corps expéditionnaire anticipaient les difficultés climatiques et sanitaires de la campagne:
"A Madagascar, vous aurez à vous défendre contre trois ennemis bien plus redoutables que les Hovas : le soleil, les fièvres et la dysenterie. Contre ces trois ennemis vous avez le casque, l'eau bouillie et la ceinture de flanelle. Vous ne devez jamais sortir sans casque, car même sous un soleil nuageux, le soleil est mortel. Dans les haltes, ne vous couchez jamais sur la terre, qui est plus chaude que l'air et vous empoisonnerait par ses miasmes. Bornez vous pour vous reposer à vous asseoir sur vos sacs. Vous ne sortirez jamais à jeun et ne boirez que de l'eau bouillie avec du thé ou du café. Pour éviter les conséquences du refroidissement du ventre, et conséquemment la dysenterie, vous ne quitterez point votre ceinture de flanelle. Voilà ce qu'il faut faire. Ce qu'il ne faut pas faire, sous aucun pretexte, c'est boire de l'alcool et manger des fruits qui, même s'ils ressemblent aux notres, renferment de violents poisons. En suivant ces recommandations vous reviendrez en France pour la récompense de vos victoires" (consignes données par le colonel Gillon chef de corps du 200e RI)

L'absence de résistance organisée des Malgaches ainsi que la prise de Tananarive le 30 septembre 1895 permettent la mise en place d’un protectorat le 1er octobre, mais au prix de la naissance d'un fort mouvement anticolonial. Ce protectorat ne convient pas aux Réunionnais et au parti colonial, qui réclamaient l’annexion. Par décision unilatérale, par décret du 11 décembre 1895 et la loi du 6 août 1896, Madagascar est annexé et rattaché au ministère des Colonies. L’île s’embrase alors dès septembre 1896 et Paris envoie le général Gallieni, investi de tous les pouvoirs civils et militaires, afin de rétablir l’ordre. Il devient gouverneur général. Grâce à sa tactique de la tache d’huile, il pacifie la région et, début 1897, l’insurrection est considérée comme vaincue.

A compter du 22 juin 1897, après entente avec les départements de la Marine et des Colonies, et sur proposition de M.le Général commandant le corps d'occupation et résident général de France à Madagascar. L'effectif de la prévôté du corps d'occupation de Madagascar est fixé à:
1 capitaine;
1 lieutenant;
Gendarmerie à cheval:
1 adjudant;
1 maréchal des logis-chef;
2 maréchaux des logis;
33 gendarme;
Gendarmerie à pied:
2 maréchaux des logis dont 1 comptable;
1 brigadier;
11 gendarmes.
47 auxiliaires indigènes;
Soit un effectifs de cent unités.

Le 30 juillet, l'emploi de résident général de France à Madagascar est supprimé et un emploi de gouverneur général de la colonie de Madagascar et dépendances est créé.

En début de cette année 1901, le nombre des postes s'élèvent à trente-trois: six sur le tracé du chemin de fer Tananarive-Côte Est, cinq dans la région aurifère de l'Est et vingt-deux sur divers points des hauts-plateaux, à Fort Dauphin et à Tuléar.

Par décret du 18 juillet 1901, la force publique de gendarmerie employée à Madagascar prend la dénomination de Détachement de gendarmerie de Madagascar, celle-ci est composée de 2 officiers, 45 gradé et gendarmes à cheval et 46 gradés et gendarmes de l'Arme à pied.

Le 29 avril 1902 considérant que, pour répondre à des besoins urgents de service, nécessités tant par la présence de nombreux ouvriers étrangers sur les chantiers du chemin de fer que par l'importance prise par des régions aurifères, l'augmentation de la population dans les centres, et l'activité plus grande de la circulation, des modifications sont apportées à l'effectif du détachement de gendarmerie. Le détachement de gendarmerie de Madagascar est transformé en Compagnie de gendarmerie. Cette conséquence amène la création à Tananarive d'un emploi de chef d'escadron, commandant la compagnie et un emploi de lieutenant-trésorier.
L'effectif passe à quatre officiers, cinquante-quatre sous-officiers à cheval et soixante-dix à pied. La compagnie de gendarmerie est divisée en deux arrondissements, à savoir:
l'arrondissement de Tananarive, placé sous le commandement d'un capitaine;
l'arrondissement de Tamatave, placé sous le commandement d'un lieutenant.
La composition des arrondissements, ainsi que l'emplacement des brigades et postes, sont déterminés par le gouverneur général, suivant les besoins du service.

Quatre mois pus tard un décret fixe les conditions dans l'intérêt du service d'adjoindre au personnel de la compagnie de gendarmerie de Madagascar un certain nombre d'auxiliaires indigènes susceptibles de lui servir d'interprètes, de guides, d'estafettes et de force supplétive.
A la vue de la grande étendue du territoires de la colonie, la surveillance de ces zones est remise à la gendarmerie. Ce décret considère qu'à la multiplicité des postes, ces derniers devraient être constitués en brigades de un gradé et quatre gendarmes. Avec l'obligation d'entretenir un effectif de gendarmes européens hors de proportion avec les ressources de la colonie et les besoins des localités occupées, où l'expérience faite pendant quatre années a démontré qu'à la condition de leur adjoindre des indigènes, deux gendarmes suffisent. Ces auxiliaires doivent être recrutés sur un choix très sévère parmi les indigènes des corps de troupes de la colonie proposé pour cet emploi, ou parmi les anciens militaires.
D'après l'avis du Ministre des Colonies et sur proposition du Ministre de la guerre, Emilie LOUBET Président de le République décrète qu'il est rattaché à la gendarmerie de Madagascar, à titre d'auxiliaires, des indigènes malgaches à pied et à cheval, choisis soit parmi les conducteurs d'artillerie, soit parmi les tirailleurs malgaches, aptes à remplir cette mission et proposés pour cet emploi par le commandant des troupes d'artillerie ou les chefs de corps, dans les conditions déterminées par arrêté du gouverneur général de Madagascar. Ces hommes sont liés au service militaire dans les mêmes conditions que s'ils continuaient à appartenir à leur corps d'origine.

Les auxiliaires indigènes gendarmerie forment un corps spécial placé sous les ordres du commandant de la gendarmerie de Madagascar, qui jouit à leur égard des attributions de chef de corps. Les auxiliaires ne sont pas agents de la force publique et ne sont placés auprès des gendarmes que comme force supplétive.

Le 13 janvier 1904, le Président de la République française considère que les forces de police dont dispose la colonie de Madagascar lui permettent d'assurer efficacement, par ses propres moyens, la tranquillité et la maintien du bon ordre et que le budget ne permet plus de faire face à la dépense par l'entretien de la gendarmerie de cette possession. Emile LOUBET supprime la compagnie de gendarmerie de Madagascar à compter du 1er janvier de la même année.


Le décret du 7 janvier 1927 réorganisant la garde indigène à Madagascar a supprimé par voie d'extinction le personnel européen d'encadrement de cette force de police et a prévu son remplacement par des militaires de l'Armée d'active.
Afin de remédier à la disparition complète du personnel d'encadrement spécial de la garde indigène, André MAGINOT, Ministre de la Guerre souhaite faire appel à la gendarmerie plutôt qu'aux troupes de l'Armée coloniale.
L'encadrement de la garde indigène par des militaires de la gendarmerie, pourvus pour la plupart de brevet de chef de section est le seul personnel apte à remplir les missions qui lui incombent.
A compter du 12 octobre 1931, un Détachement de gendarmerie est créé à Madagascar. L'effectif comprend 1 chef d'escadron, commandant le détachement et inspecteur général de la garde indigène – 1 capitaine suppléant – 1 lieutenant chef de section et 57 gradés et gendarmes.

Pour cette année 1936, l'effectif du détachement est le suivant:
Tananarive: - chef d'escadron – 1 capitaine – 1 lieutenant – 1 secrétaire;
Centre d'instruction de la garde indigène sous la surveillance de gradés ou gendarmes: Majunga – Mayotte – Tuléar – Morondava – Fort-Dauphin – Tamatave – Diégo-Suarez – Tananarive – Fianarantsoa.
Brigades de gendarmerie: Tananarive – Tamatave – Majunga – Morondova – Diégo-Suarez.
Postes de gendarmerie: Nossi-bé – Mananjary.

Un détachement de gendarmerie composé de 57 hommes est créé à Madagascar. Au mois de juin 1939, l'effectif à 3 officiers, 24 gradés et 58 gendarmes.

Le 1er septembre 1957, le Détachement de la Gendarmerie de l’Afrique Orientale Française prend l'appellation de Groupement de Gendarmerie de l’Afrique Orientale Française.

La Gendarmerie d'outre-mer est réorganisée, le Groupe devient Groupement de la Réunion et est rattaché au détachement de l'AOF.
- Commandement de la gendarmerie de la zone d'Outre-Mer n°3, à TANNARIVE.
- Unités de Madagascar et des Comores:
- Groupe de Tananarive prend l'appellation de Groupement de Tananarive.
- Groupe de Tamatave prend l'appellation de Groupement de Tamatave.
- Groupe de Diégo-Suarez prend l'appellation de Groupement de Diégo-Suarez.
- Groupe de Majunga prend l'appellation de Groupement de Majunga.
- Groupe de Tuléar prend l'appellation de Groupement de Tuléar.
- Groupe de Fianarantsoa prend l'appellation de Groupement de Fianarantsoa.
- L'escadron des Comores prend l'appellation de Groupement des Comores.
- Groupe de la Réunion prend l'appellation de Groupement de la Réunion.

La participation des indigènes dans le domaine de la police s’effectua au sein de la garde auxiliaire de Madagascar dont la constitution passa par plusieurs étapes :
1896: Garde Civile Indigène (Corps de milice)
1902: Police Régionale (2.500 Hommes)
1903: Garde Régionale
1906: Garde Indigène de Madagascar et Dépendances (3.000 Hommes)
1950: Garde de Madagascar
1958: Gardes Auxiliaires de Gendarmerie

Le décret n° 60-102 du 14 Mars 1960 créée la Zandarimaria Nasionaly (ZN) est constituée à l’issue de l’indépendance de Madagascar, réunissant sous un même commandement les unités de la Garde de Madagascar et celles qui constituaient auparavant la Gendarmerie Française.

Au cours de l'année 1969, le commandement de la ZN est effectué par un Malagasy.
En 1975, la ZN change d’appellation et devient Zandarimariam-Pirenena ( ZP ).

GARDE DE MADAGASCAR. Écu français moderne en métal doré et émaillé bleu portant dans son centre un aigle d'argent en relief tenant dans ses serres une étoile d'or. En pointe, l'inscription « GARDE DE MADAGASCAR » en lettres d'or. Fabrication ARTHUS BERTAND

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