Les escadrons de gendarmerie mobile au Liban

  • M.GERMAIN
  • Histoire

Dans le cadre des diverses missions de sécurité et de maintien de l'ordre, la Gendarmerie Mobile a entretenu un Escadron au Liban depuis mars 1984. la mission de cet unité est d'assurer la sécurité des locaux diplomatiques Français à Beyrouth. L'escadron est aussi chargé du support logistique des Observateurs Français « Casques Blancs » pendant toute la période où s'est déroulée leur mission.

Beyrouth, depuis le début des hostilités est séparée en deux partie : à l'est les Chrétiens, à l'ouest les Musulmans. Entre ces deux factions : la ligne verte, « no man's land ». Notre ambassade à Beyrouth a occupé 3 ou 4 emplacements, suivants les périodes : la résidence des Pins – Baabda – Clemenceau – Martakla.

En secteur Est, la « Résidence des Pins », ancien siège de l'Ambassade de France. C'est un hôtel particulier dans un parc, sis à proximité de la ligne verte séparant les factions chrétiennes et musulmanes. Cette résidence a perdu beaucoup de son éclat d'antan. Le parc est truffé de blockhaus et de défenses diverses. Les murs sont constellés d'impacts de tous calibres et certains piliers de la colonnade ont disparu. C'est là, que s'installe le P.C. De l'escadron et un Peloton chargé de la sécurité et des servitudes propres au site. Pendant la mission des Casques Blancs, Les Pins servaient également de P.C. et de base logistique aux Observateurs. La résidence est remise aux Libanais en 1986.

L'ambassade de France est installée dans un immeuble neuf, du type tour, construit sur un lieu dit « Martakla ». Un Peloton en assure la garde.

La résidence de l'Ambassadeur est également en secteur chrétien, à Baabda, sur les contreforts de la Montagne du Chouf, dans la banlieue sud-ouest de Beyrouth. Elle domine la ligne verte, l'aéroport et les camps palestiniens. Il s'agit de deux immeubles, abritant les fonctionnaires français, construits à proximité du Palais du Président Libanais. Un Peloton en assure la garde.

Enfin, dans la partie Ouest, Rue Clemenceau, nous trouvons le dernier bien du patrimoine français. C'est un ancien hôpital allemand, remis à la France à titre de dommage de guerre en 1918. avant les événements, c'était la Chancellerie de l'Ambassade, Les Pins étant la résidence de l'Ambassadeur. C'est maintenant la Consulat de France pour la partie ouest. C'est un groupe de plusieurs bâtiments dans un parc. Certains bâtiments sont inutilisés et de ce fait minés et piégés. Un mur d'enceinte entoure le site, à l'intérieur de ce mur un réseau barbelé et miné assure la protection. Un Peloton est chargé de la sécurité de ce domaine.

Tous ces lieux sont gardés à l'extérieur par la Force de Sécurité » Intérieure (F.S.I.) de la Gendarmerie Libanaise. Nos gendarmes assurent la sécurité à partir de l'intérieur des bâtiments ou de leurs enceintes, de nombreux postes de surveillance sont installés aux abords et à l'intérieur. Les escortes et la protection des fonctionnaires se déplaçant entre les différents bâtiments sont assurées par des CRS., les gendarmes assurant l'ouverture de route. Les convois de ravitaillement de Clemenceau, une fois par semaine est assuré par l'Escadron.


Afin de perpétués le souvenir de leur mission les moblots comme les militaires confectionnent un souvenir matériel : insignes, plaquettes, plaques de rue.......
Certains esprits chagrins mettront en avant le mauvais dessin d'un insigne, les fautes héraldiques, le côté gaulois, la répétition des motifs. Qu'importe, la vue n'est jamais la même assis derrière une table, surtout si elle est en État-Major ou derrière des sacs de sable de protection d'un blockhaus de Beyrouth.

C'est l'Escadron 2/5 de Villeneuve d'Ascq qui est désigné le premier pour assurer cette mission. Il débarque à Beyrouth le 24 mars 1984 à un effectif de 90. il se fractionne en trois éléments, plus un Groupe Hors-Rang, pour occuper Les Pins, Clemenceau et Baabda.

Le capitaine REVERTE ne fera pas confectionner d'insignes pour son Escadron. Par contre il fait réaliser une plaque souvenir montée sur bois qui sera distribuée à chacun des personnels ayant participé à la mission et à quelques amis de l'Escadron. C'est une rondache dont la partie haute est aux couleurs françaises indiquant la nationalité de l'Unité. Le heaume évoque la gendarmerie. Les deux gantelets tenant l'épée sur les couleurs libanaises symbolisent le désir de paix de l'Unité, puisque l'épée est basse. Le Lion est celui de la Légion Nord-Pas de Calais à laquelle appartient le 5ème Groupement de Gendarmerie Mobile. Le Cèdre est l'emblème du Liban. Les inscriptions en français et en arabe précisent les lieux et les dates.
 



Plaquette souvenir EGM 2/5.




Le Major Jules GOMBERT sera tué le 26 avril 1984 devant l'ambassade.

Adjudant-chef, de la Légion de Gendarmerie du Nord-pas de Calais.
« Gradé d’élite, dynamique, courageux, qui, au cours d’une carrière de plus de 2 »ans au service de l’État n’a cessé de montrer un dévouement exemplaire et un sens élevé du devoir.
« Le 26 avril 1984, à Beyrouth (Liban) a été mortellement blessé par balles, au cours d’un lâche attentat, alors qu’il accompagnait une mission de protection de l’ambassade de France, à la sécurité de laquelle son unité était affectée.
A témoigné en la circonstance une abnégation absolue dans l’exécution de la tâche qui lui avait été confiée ».

A obtenu pour ce fait, à titre posthume :
- la médaille de la gendarmerie nationale par décision n° 9 du ministère de la défense, en date du 6 juillet 1984 ;
- la médaille militaire par décret du 24 décembre 1984 (avec effet du 30 avril 1984) ;
- une citation à l’ordre de l’Armée comportant attribution de la croix de la Valeur militaire avec palme, par décision n° 151 du ministre de la défense, en date du 6 juillet 1984 ;
- Par ailleurs, ce sous-officier a été nommé, à titre exceptionnel, au grade de major, à compter du 26 avril 1984.

Plaquette souvenir de l’EGM 2/5

Plaquette souvenir de l’EGM 2/5

GUEYRAUD Thierry 17/01/2017 18:41

article très interessant
moi je faisait parti du 1er escadron de marche au Liban en tant que gendarme auxiliaire et nos avons été relevé par l'escadron 2/5 au retrait de la force mutinationale de sécurité au Liban
cordialement

PASTORET JOEL 11/12/2015 08:13

Super article, j'étais à la résidence des Pins en mars 1984.

PASTORET JOEL 11/12/2015 08:12

Bravo pour cet article, j'étais du premier détachement en mars 1984, et en particulier à la résidence des Pins.
Un ancien de l'EGM 2/5.
Merci

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