Un gendarme à l'assaut de la Préfecture de Police de Paris

  • Philippe AUGER
  • Histoire
Un gendarme à l'assaut de la Préfecture de Police de Paris

Rassurez-vous, ce n'est pas le dernier fait divers qui fera la une de vos journaux ! Mais voilà, l'histoire, la petite, celle que nous aimons, nous permet aujourd'hui de lever un voile sur une participation insolite de la gendarmerie nationale. Le 70ème anniversaire de la libération de Paris nous a permis de voir ou revoir le célèbre film de René Clément « Paris brûle t'il?», C'est au cours du tournage sur l’Île de la Citée que prend place notre court récit. Nous sommes en 1965, en plein été. Les tenues « feldgrau » sont de nouveau visibles en nombre dans la capitale. « Ils sont revenus » titrent certaines publications.

Les gendarmes mobiles affectés dans les escadrons mixtes (EGM comportant un peloton porté doté de 5 chars Shaffee, 1 command car et 1 half-track) reçoivent un appel à volontaires pour piloter des engins similaires aux leurs mais dans le cadre d'un film ! Notre camarade, alors pilote au 6ème escadron de la première Légion Ter, stationné à Saint Denis au 28 route de la Courneuve, se porte volontaire et se retrouve dans un Shaffee « maquillé » en Panzer de la Wehrmacht. Lui-même reçoit un uniforme noir de tankiste allemand !

Il nous avouera que lors du tournage, la température était tellement chaude que les pantalons de drap noirs furent abandonnés, pour revêtir des pantalons de treillis plus confortables ! On peut le reconnaître assis sur la tourelle au premier plan.

Son char doit remonter le Quai des Orfèvres et tourner à angle droit rue de la Citée et tourner encore à angle droit pour pointer son canon sur l'entrée principale de la préfecture de Police. Il lance son char sur le quai mais les essais pour tourner vite et court ne sont pas concluants. Il explique alors à l'un des assistants réalisateurs que la manœuvre serait plus facile si l'on faisait arroser la chaussée par les pompiers. L'assistant reste quelque peu incrédule et c'est René Clément qui intervient en lançant « Tu sais conduire un char ? » Devant la réponse négative de son assistant, il ajoute « alors écoute ce que te dit le jeune ! ». Les pompiers de Paris interviennent et arrosent. En deux prises, la scène est tournée avec un char manœuvrant avec précision.

Une autre scène bien connue de ce film est l'abordage d'un Panzer par le char du sergent Bizien de la 2ème DB, rôle tenu dans le film par Yves Montant. Ce sont encore nos gendarmes qui jouent les membres de l'équipage allemand. « Bien que la scène ait été tournée à petite vitesse, nous avons bien ressenti le choc entre les deux chars ! » précise notre ami.

Notre camarade en photo sur « son panzer ». le Shaffee porte les marquages de la Wehrmacht, un camouflage, de faux blindages latéraux et a été affublé d'une mitrailleuse qui ressemble à une MG, C'est la production qui avait fourni le matériel roulant et les uniformes. Les tirs de canon étaient simulés par des cartouches de gaz.

René Clément, à la fin du tournage, demande à notre ami de le suivre sur un autre projet. Mais, papa depuis peu d'une petite fille, il résiste aux appels du cinéma et poursuit sa carrière dans nos rangs. Il nous aura fallu attendre les journées « portes ouvertes de l'ECASGN », pour que notre camarade aujourd'hui retraité nous parle de cette aventure. Lors de notre entretien, il ajoute qu'il a été très surpris de constater que certains touristes étrangers (attendant la fin des prises de vue pour visiter Notre Dame ou la Conciergerie) faisaient d'ostensibles signes de soutien aux figurants, mais uniquement à ceux vêtus d'uniforme de la Wehrmacth ! Nous tenons à remercier notre aîné, Joseph Busz, pour son accueil et les document qu'il nous a confiés. Aujourd'hui, nous partageons avec plaisir ce petit moment d'histoire et espérons qu'il réveillera d'autres souvenirs insolites.

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Un gendarme à l'assaut de la Préfecture de Police de Paris

BUSZ 26/09/2014 08:09

très bon article

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